EPISODE / PART 3

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 3: Installation à Harrar 30 Nov.1976

Part 3: Settling down in Harar 30 Nov.1976

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

C’est le moment maintenant de rejoindre la ville où Jean-Luc et moi devons travailler durant deux années scolaires. Les taxis collectifs qui font la navette entre Diré-Daoua et Harrar sont des Peugeot 404 break blanches. La route goudronnée est en bon état et les 55 kilomètres sont habituellement parcourus en une bonne heure. Dans un paysage très aride, l’itinéraire longe d’abord un cours d’eau généralement à sec – mais susceptible d’une crue brutale – puis le traverse à gué et escalade un massif de petites montagnes. Après un col, le paysage change et devient plus verdoyant: des eucalyptus apparaissent, comme à Addis. La route longe ensuite des champs cultivés. Café et khat prospèrent ici, ainsi que fruits et légumes. Pour ce premier trajet, le 30 novembre, notre taxi subit une crevaison au village d’Alemaya (v.Episode 9) et nous avons le temps d’apprécier le joli site de la localité au bord d’un petit lac. Parvenus à Harrar, nous sommes reçus d’une façon accueillante au Camp Français, commandé par le capitaine Rigot. L’établissement est un centre de repos de l’armée française destiné aux militaires de Djibouti en permission. Djibouti est français encore, mais plus pour longtemps. Le Camp Français nous héberge pendant les tout premiers jours.

It’s time now for Jean-Luc and me to go to the town we are to work in for two school years. The collective taxis which operate a shuttle service between Dire Dawa and Harar are white Peugeot 404 estate cars. The asphalted road is in a good state and the 55 kilometres are usually covered in a little more than an hour. In a very arid landscape, the route first follows a river – usually dry but capable of a sudden swelling – then fords it and climbs a small massif of mountains. After a pass, the landscape changes and becomes more verdant: eucalyptus appear, like in Addis. Then the road goes along cultivated fields. Coffee and khat thrive here, as well as fruit and vegetables. For this first journey, on the 30th of November, our taxi has to stop to replace a flat tyre in Alemaya village (see Part 9) and we have enough time to appreciate the locality pleasant situation beside a small lake. When we get to Harar, we are friendly welcomed to the French Camp, Captain Rigot being in command. The establishment is a French military center intended to enable the soldiers from Djibouti to have a rest in a good climate. Djibouti is still French, but not for long any more. The French Camp kindly accomodates us for our first days in Harar.

ay-Ethiopie Harrar Camp Français 01.12.76-

Après une bonne nuit, nous visitons notre nouveau cadre de vie. Cela ressemble pour nous à un petit paradis: ciel magnifique, température agréable, fleurs à profusion. Ce n’est pas l’hiver ici. Je sors appareil photo et caméra. Voici un aperçu du jardin du Camp Français, où prospèrent bananiers et hibiscus.

After a good night’s rest, we visit our new surroundings. For us, it looks like a real small paradise: gorgeous blue sky, pleasant temperature, lots of flowers. It’s not winter here. It’s time to take our cameras out. Here is a view of the French Camp garden, where banana trees and hibiscus flowers are thriving.

az-Ethiopie Harrar 01.12.76a

Une fête ou cérémonie se déroule à l’emplacement d’une importante mosquée en construction à l’est de la ville, en ce 1er décembre.

A festival or ceremony takes place on the grounds of a large mosque being built at the town east end, on this 1st of December.

ba-Ethiopie Harrar 01.12.76-

Une autre vue de la même manifestation.

Another view of the same event.

bb-Ethiopie Harrar Porte Ouest 01.12.76-

Vous voyez ici la porte Ouest de Harrar (porte Mesfin) vue de l’intérieur de la ville, et de l’autre côté, la Municipalité. J’aime bien cette photo, caractéristique de l’époque : très peu de voitures, un gari (carriole), des vêtements typiques, une atmosphère calme et traditionnelle.

You can see here the Mesfin gate, looking westwards, from inside the town of Harar, with the Municipality through it. I like this photo, representative of those times: few cars, a gary (horse-drawn cart), typical clothing, a traditional and peaceful atmosphere.

bcS8-Ethiopie Harrar Mosquée 01.12.76

Harrar compte de nombreuses mosquées, souvent peintes en blanc.

Harar owns a lot of mosques, often whitewashed.

bdS8-Ethiopie Harrar Mosquée 01.12.76

Une autre mosquée, plus petite.

Another smaller mosque.

be-Ethiopie Harrar Vue 01.12.76-

L’après-midi, nous faisons une promenade aux environs et nous apprécions cette vue de Harrar qui s’étend au soleil comme une belle galette dorée, à l’altitude de 1850 m. Dans quelques semaines, on nous déconseillera de quitter les alentours de la ville ou la route de Diré-Daoua, pour des raisons de sécurité.

In the afternoon, we do a small outing in the country and we can appreciate this view of Harar which is lying in the sun like a beautiful round flat golden cake, 1850 m above sea level. In a few weeks, we will be told not to go for a stroll or a drive in the country, but to stay in town or in our vehicle on the way to Dire Dawa, for security reasons.

bf-Ethiopie Harrar Marché 05.12.76-

Mon camarade et moi prenons contact avec l’Académie Militaire, où l’on forme de futurs officiers de l’armée éthiopienne. Nous partagerons un logement de fonction et commencerons à travailler le 6 déc. Notre appartement est meublé et très convenable bien que les peintures soient à refaire. Nous résiderons au quartier des officiers, au premier étage, dans un enclos réservé à l’Académie Militaire, distante de quelques centaines de mètres. Nous irons travailler à pied, bien sûr. Sous ce climat, c’est agréable. Nous donnerons des cours également à l’Ecole Secondaire Préparatoire Militaire (MPSS). Nous engageons une mamité, gouvernante éthiopienne. C’est considéré ici comme “naturel” et quasiment obligatoire d’en avoir une, car cela crée un emploi. Nous louons une boîte postale (n° 189). Il n’y a en effet pas de facteur à Harrar, pas plus qu’à Addis, et il faut aller chercher son courrier à la poste. Vous voyez ici le marché musulman, à l’intérieur des remparts de Harrar (5 déc.).

My companion and I contact the Military Academy, where Ethiopian army future officers are being taught. We will share a flat which goes with the post and will start work on the 6th of Dec. Our apartment is furnished and very acceptable although the walls need new painting. We will dwell in the officers’ quarters, on the first floor, in an enclosure belonging to the Military Academy, a few hundred meters from the school. We will go to work on foot, of course. It’s pleasant in this climate. We‘ll teach at the Military Preparatory Secondary School (MPSS) as well. We engage a mamite (Ethiopian housekeeper). It’s considered “natural” and almost compulsory to have one, for it creates a job. We rent a post office box (number 189). As in Addis, there is no postman to bring you the mail in Harar, and you have to get it at the post office. You can see here the Muslim market, inside Harar walled city (5 Dec.).

bgS8-Ethiopie Harrar Porte Sud-Ouest 05.12.76

La plus belle des portes de la ville (porte du Choa), ouvrant au sud-ouest, le même jour.

The finest gate of the town, opening south-westwards, is called Shoa Gate.

bh-Ethiopie Harrar Homme aux Hyènes 07.12.76-

Nous sommes donc « chez nous » le 6 déc. Notre mamité, Mme Demeketch, fait les courses d’installation avec nous, ce qui nous évite de payer tout trop cher. Nous achetons le matériel de cuisine indispensable, une bouteille de butane, une caisse d’eau minérale de Babile. A partir du même jour, nous nous entraînons à utiliser le matériel pédagogique audio-visuel, dont un beau laboratoire de langue de 24 cabines, dont dispose l’Académie. Le soir du 7 décembre, le Camp Français organise le spectacle impressionnant de « l’homme aux hyènes ». Cet homme, contre une petite rétribution, nourrit les carnivores, qui, pour être probablement habitués, n’en sont pas moins des animaux sauvages dangereux. La scène est éclairée par les phares des voitures qui nous ont conduits à l’une des portes de la ville.

So we are now at our new home on the 6th of December. Our mamite, Mrs Demeketch, goes shopping with us. Her help enables us to pay the reasonable price for the items we need: kitchen utensils, a calor gas cylinder, bottled Babile mineral water. From the same day on, we train to use the audio-visual educational equipment, uncluding a fine 24-cubicle language laboratory the Academy owns. On the 7th of December, at night, the French Camp organizes the impressive ‘hyena man’ show. This man, for a small reward, feeds the carnivores, which although probably accustomed, are nevertheless dangerous wild animals. The headlights of the cars which brought us here provide lighting.

biS8-Ethiopie Harrar Pl.Makonnen Acad.Militaire 09.12.76

L’Académie Militaire de Harrar, place Makonnen, le 9 décembre.

Harar Military Academy, Makonnen Square, on the 9th of December.

bj-Ethiopie Harrar Porte Sud 17.12.76-

Le 10 déc., nous allons à Diré-Daoua pour compléter notre approvisionnement. Le lundi 13, nous commençons notre travail d’enseignement du français. Nous utilisons le « labo », ainsi que des films fixes et des bandes magnétiques. Nous aurons plusieurs groupes d’élèves, âgés de 18 ans environ. Le 17 déc, je prends quelques photos de Harrar. Voici la porte Sud de la ville (porte Hakim).

On the 10th of Dec, we go down to Dire Dawa to complete our supplying. On the next Monday (13 Dec.), we start teaching French. We use the ‘lab’ as well as slides films and magnetic tapes. We’ll have several groups of students, aged about 18. On the 17th of Dec, I take a few photos of Harar. Here is Hakim gate, opening southwards.

bk-Ethiopie Harrar Mais.de Rimbaud 17.12.76-

La maison dite de Rimbaud.

The so-called Rimbaud’s house. He was a XIXth century French poet.

blS8-Ethiopie Harrar Municipalité 17.12.76

La Municipalité vue du marché chrétien, à l’extérieur des remparts.

The Municipality seen from the Christian market outside the city wall.

bm-Ethiopie Harrar Egl.Ste.Trinité 17.12.76a

L’église de la Ste.Trinité, à l’ouest de la ville. Dans notre nouvel environnement, nous sommes maintenant bien installés et à pied d’oeuvre. Nous ne disposons pas de voiture, ni de télévision, radio, musique, téléphone, ni même d’un réfrigérateur mais cela ne me manque pas. Je suis ravi d’avoir demandé Harrar.                         EPISODE 4

Trinity church, at the town west end. In our new environment, we have settled down and started work without a hitch. We have neither a car, nor television, radio, music, telephone, nor even a refrigerator, but I don’t miss them. I’m delighted to have applied for a job in Harar.                              PART 4

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13 Responses to EPISODE / PART 3

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  4. Tatiana says:

    Harar…
    Lots of impressions, climate fine,
    For you it’s like a drop of wine,
    It’s now your home and place to work,
    Here you’ll teach and meet new folk.

  5. BRUNELIN Rémi says:

    J’ai beaucoup apprécié notre passage à Harar avec Francis et Colette O. et Jean Noël fin 76 début 77.Cette ancienne capitale du royaume au 16 ème siècle a vraiment gardé un charme envoûtant.Les photos d’Hubert le montrent bien.C’était une époque où l’on pouvait encore se déplacer dans le pays (cela ne durera pas !).Nous avions même entrepris de poursuivre en Ogaden vers Jijiga, sur la route de la Somalie.Nous y avons renoncé après quelques dizaines de kilomètres, jaunes de poussière, et doutant que notre Fiat 128 puisse passer pour une Land Rover…Une telle folie eut été inconcevable quelques mois plus tard ; en septembre 77, Jijiga tomba pour un temps aux mains des Somaliens et Harar fut même menacé et ne dut son « salut » qu’à une contre-offensive éthio-cubaine début 78!
    Hubert évoque, à la fin de l’épisode, le labo de langue dont il disposait à l’Académie militaire.Il me faut parler un peu longuement de ma propre expérience.
    A mon arrivée à Addis, je fus affecté dans un établissement secondaire éthiopien, loin du centre ville, Medhane Alem School.Le responsable de la Mission de Coopération qui m’annonça la nouvelle ne manqua pas de me dire que la tâche serait ardue…Elle le fut en effet, pour plein de raisons! D’abord, c’était loin du centre ville où j’habitais (hébergé les premières semaines chez mes amis Francis et Colette O., puis en haut de la Churchill, à Banco Di Roma building où j’avais récupéré l’ancien appart de mon ami Norbert, appart évoqué par Hubert dans son récit quand il l’a occupé durant nos vacances en France pendant l’été 77).Il était logique en effet d’envoyer si loin du centre le seul VSNA qui n’avait ni voiture ni même son permis !! Bien fait pour moi ! Il me fallait donc prendre un taxi collectif sur la piazza ; le trajet devait bien durer 20 ou 25 bonnes minutes.Mais c’était pittoresque et je m’y suis très bien fait à la longue. (j’ai essayé 1 ou 2 fois le bus, à la stupéfaction des passagers et de mes élèves mais, franchement, le jeu n’en valait pas la chandelle.) Ensuite, je fus accueilli avec méfiance.Il faut dire que je succédais à un couple de VSNA (arrivés l’année précédente) qui ne brillaient pas par leur assiduité dans l’établissement…Le proviseur était, comme de bien entendu, et
    comme la plupart des profs de l’établissement, un Indien ; le responsable de la Mission, Christian M., qui m’accompagnait lui jura qu’avec moi, ce serait bien différent ! J’ai mis peu de jours à comprendre qu’il n’en serait rien.L’adjoint du proviseur était éthiopien, un brave type avec lequel je sympathisais rapidement.Le système fonctionnait en shifts de 3 ou 4 heures.A savoir qu’il y avait une rotation des élèves.Les premiers commençaient à 8h et finissaient à 11 ou 12h ; une deuxième cohorte leur succédait à ce moment-là et enfin une troisième vers 16 ou 17h.C’est dire si les programmes étaient synthétiques !
    Je garde le meilleur pour la fin : passe encore que le français soit obligatoirement enseigné dans les établissements secondaires éthiopiens (un souvenir, qui allait faire long feu, des accords De Gaulle-Haïlé Sélassié passés en 1964) mais la méthode posait quelques problèmes.Mon ami Michel S. qui a sévi 2 ans dans un établissement près du Mercato (autant dire ce qu’était le front russe pour les Allemands pendant la guerre ! Je vous recommande son témoignage dans le fascicule « La Révolution éthiopienne comme phénomène de société » publié en 1990 par la Bibliothèque PEIRESC, à l’Harmattan avec le concours du CNRS) se voyait comme marionnettiste.Hubert est plus indulgent (on voit qu’il n’a pas pratiqué la dite méthode…) ; il pense que cela partait d’un bon sentiment que de nous faire utiliser un tableau de feutre et des figurines représentant personnages ou objets qui s’y collaient car, pour porter la culture française dans la moindre contrée éloignée de la capitale, démunie d’électricité notamment (ce qui, quand on veut utiliser un labo de langue, est fâcheux…), il était nécessaire d’avoir une méthode économe en énergie et facile à transporter.Soit.Le problème est que la méthode ne franchit jamais les limites d’Addis ou de quelques villes comme Debre-Zeit ou Nazareth (et encore, je n’en suis pas sûr car, comme à Harar, il s’agissait d’académies militaires.A Dire, c’était l’Alliance française qui utilisait, comme celle d’Addis une méthode de films fixes). Bref.Cette méthode (notre ami Jean-Yves C. en parle à la fin d’un des chapitres, révélant qu’il n’y croyait pas…alors qu’il était quand même chargé de veiller à sa bonne application et qu’à ce titre, il me rendit une fois visite dans ma classe) n’était guère adaptée à un public de lycéens.Il faut bien dire que la plupart étaient à peine plus jeunes que moi et que la méthode était quelque peu bêtifiante.Je pense qu’elle avait été testée ( ?) avec un public d’écoliers d’une douzaine d’années au plus.
    Je me souviens que, pour mon 1er cours, devant une classe d’une soixantaine d’élèves, le temps d’accrocher le tableau au mur et de me retourner, un tiers de la classe avait déjà levé l’ancre.Pour la suite de la leçon, je fis consciencieusement l’essuie-glace d’un côté à l’autre de mon tableau de feutre, mimant les personnages et les objets, faisant reprendre par les volontaires qui acceptaient de se couvrir de ridicule devant leurs petits copains, la majorité demeurant sur son quant-à-soi…On ne manqua pas de me demander quand on passerait enfin à l’écrit (mais ce n’était pas l’objet de la méthode d’autant que tout était à reprendre pour eux à zéro_ on verra pourquoi.).J’ai compris ensuite devant des classes françaises qu’un élève, comme partout dans le monde sans doute, ne considère pas comme du travail sérieux une activité où l’on n’a rien à gratter !! L’écrit, il n’y a que ça de vrai ! Je me souviens que,l’année suivante, des élèves de la Mission de Coopération (d’un tout autre niveau en français, il faut le préciser) auxquels je demandais de commenter des affiches publicitaires et de me dire, dans leur meilleur français, si possible, ce que cela évoquait pour eux, étaient complètement déstabilisés et me regardaient effarés ! Les adultes que j’ai eu l’occasion d’avoir à l’Alliance française à Addis, plus tard, griffonnaient continuellement, sur de petits carnets, les phrases toutes faites de la méthode (films fixes) que j’écrivais au tableau sous leurs demandes suppliantes et réitérées.Je vous dirai plus loin ce qu’est devenu ce fichu tableau de feutre.En attendant, il faut parler de la situation politique car c’est elle qui explique tout.
    Nos prédecesseurs VSNA, ceux arrivés à la rentrée 76 comme Michel S.,Francis et Colette O. ou Jean Pierre et Nahalie P. pour n’en citer que quelques-uns, étaient arrivés à un moment bien particulier qui était le retour des « Zamatchs » dans leurs lycées après que le nouveau régime, né du renversement du négus Hailé Sélassié en 74, les ait envoyés dans les campagnes (d’où le nom de « Zamatchas ») porter la voix de l’évangile révolutionnaire en vigueur.Cela avait aussi pour but d’éloigner un peu de la capitale ces agitateurs qui voyaient certes d’un très bon œil la mise à bas du féodalisme mais qui ne souhaitaient pas que l’armée ( au pouvoir depuis le coup d’Etat) prenne trop ses aises et ne confisque la Révolution. Difficile pour les étudiants de critiquer ce beau principe né en Chine pendant la Révolution culturelle ! En fait de révolution culturelle, ils ne furent pas déçus ! Envoyés dans les campagnes les plus reculées et arriérées du pays, sans préparation aucune, sans mission précise, sans encadrement, souvent mal accueillis car vus comme des petits bourgeois venant de la capitale, l’aterrissage fut rude.Cette campagne fut un échec sérieux pour le régime qui perdit là une grande partie du soutien dont il bénéficiait auprès de la jeunesse du pays.Les désertions furent nombreuses ( on pense, toute proportion gardée, aux maquis alimentés par les désertions au STO pendant la guerre); sur les 50 000 lycéens et étudiants qui, de décembre 74 à août 76, furent priés, sous peine de ne plus pouvoir étudier ou travailler dans leur pays, d’aller « éduquer le peuple », des milliers désertèrent.Ceux qu’on avait voulu présenter comme les « fers de lance » de la révolution en revinrent profondément marqués. Certains qui avaient pris leur rôle trop au sérieux en voulant mettre à bas la terrible féodalité qui régnait dans le pays furent rappelés à l’ordre.Certains même furent arrêtés et exécutés, mais les plus nombreux donc furent déserteurs et clandestins à leur retour à Addis.Ils n’allaient pas tarder à faire parler d’eux en alimentant les rangs de l’EPRP (Parti Révolutionnaire du Peuple Ethiopien), opposition de gauche au régime et en participant à des actions violentes ( grèves, attentats).Le Derg (gouvernement militaire) dut proclamer une amnistie générale en décembre 75.C’est dire si la situation dans les établissements secondaires fut marquée dans les années 76/78 par ce cuisant souvenir de la Zamatcha. L’année scolaire 76/77 fut grandement perturbée par des grèves et la répression qui s’ensuivit..La suivante ne fut pas en reste comme on va le voir…Tout cela pour témoigner d’une expérience bien différente de celle qu’Hubert a vécue lors de son année au Harar.

    • Pierre Duchesne says:

      A propos des étudiants envoyés dans les campagnes pour enseigner aux paysans, beaucoup sont revenus en cachette mais il faut dire aussi que certains ont été tués par les villageois qui voyaient d’un mauvais oeil les petits jeunes de la ville leur donner la leçon.

      • Rémi Brunelin says:

        Oui, tout à fait. Je le précise d’ailleurs (“les plus nombreux furent déserteurs et clandestins à leur retour à Addis.Ils n’allaient pas tarder à faire parler d’eux en alimentant les rangs de l’EPRP.”). Certains (mais je ne crois pas qu’ils étaient les plus nombreux) y laissèrent leur vie, tués dans les provinces éloignées de l’ex-empire. Tout cela fait penser à la période de la fin de la révolution culturelle chinoise dont le Derg avait dû s’inspirer. Cette génération perdue était pleine d’amertume d’avoir été envoyés à la “campagne” dans des conditions généralement pénibles, loin de leur famille.Ceux qui revinrent en ville illégalement en gardèrent une “dent” contre le régime…

  6. Merci Rémi pour ces contributions, du plus haut intérêt, tout comme celles de Jean-Yves C. Continue, mais prends ton temps. A propos de Jean-Yves et de Jijiga, il m’a raconté une anecdote par téléphone, qui vaut la publication. J’espère qu’il me la mettra par écrit. Au sujet de nos élèves là-bas, c’est vrai qu’ils réclamaient souvent d’avoir des traces écrites – quoique moins à l’Alliance à Addis, en ce qui me concerne. Je me souviens qu”à Harrar, un de mes élèves de l’Académie Militaire, plus fort en anglais qu’en français, me demandait, à chaque fois que je traçais un mot au tableau: “Shall we write?”.

  7. BRUNELIN Rémi says:

    Dès la troisième lettre adressée à ma famille (en date du 3 novembre 76), je mettais l’accent sur la terreur que faisait régner le régime.J’y évoquais 23 exécutions de « réactionnaires et anarchistes », selon la terminologie du Derg.Je joignais un éditorial du « Progrès socialiste », hebdo francophone et voix du régime. Je ne résiste pas au plaisir d’en donner ici quelques morceaux choisis qui illustrent mieux que je ne saurais le dire la situation dans le pays à une époque où ce qu’on a appelé la « terreur rouge » ne régnait pas encore et où Teferi Bante était encore pour 3 mois le Président du Derg avant son assassinat par Mengistu.Il s’intitulait « Gare aux fauteurs de troubles ! » Accusés d’avoir « intensifié leur campagne de crime et de désordre » et de « dénigrer les idéaux de la Révolution », de vouloir empêcher « l’épanouissement d’une nouvelle société, fondée sur des principes nobles, labeur, discipline,égalité, répudiation de l’individualisme au profit du bien-être collectif », ces « patriotards à la manque devaient être rééduqués, matés ou ESCAMOTES [comme ces choses-là sont dites…], selon l’impératif du moment ». Voici la conclusion de long édito : « Le glaive de la justice s’est abattu sur des terroristes mal inspirés, aveuglés par la haine, fermés à la raison…Puisse cette mesure sévère [ Ah ?] servir de leçon aux récidivistes éventuels ! »Fermez le ban ! Tout est dit. Cela ne nous a pas empêché (3 lettres des 10 novembre au 1er décembre) de passer un week end à Sodere (à 120 km d’Addis) où il y avait une piscine alimentée par une source chaude et dans laquelle « on s’est baigné (l’eau fait au moins 32°, un vrai bouillon) ; on a aussi vu des singes mais pas d’hippopotames ni de crocodiles !» ,d’aller un soir « manger du crabe chez Castelli » où il avait eu un « arrivage récent » ou un autre soir au Cottage (le meilleur resto d’Addis) « au menu, une fondue ! »ou encore de passer un dimanche après midi sur les hauteurs d’Entoto où « c’est très beau et vivifiant ! »… Quant à la météo, je m’aperçois que, contrairement à ce qu’on pourrait croire, elle n’est pas toujours fameuse : « Addis est particulièrement sinistre sous la flotte ! » Pour revenir à des considérations plus pédagogiques, j’évoque (lettre du 1er décembre 76) mes débuts à Medhane Alem School (un mois après mon arrivée car ma 1ère affectation avait été annulée). J’avais oublié beaucoup de ces détails ! « J’ai commencé à « travailler » lundi 22 [novembre]. J’ai 15 périodes par semaine, ce qui fait entre 8 et 9 heures de cours, ce qui n’est pas tuant.Quand je dis que j’ai commencé à travailler, j’ouvre des guillemets. Il y a une classe que j’ai vue le 1er jour et que je n’ai pas revue depuis ! Il y a une autre classe dont les effectifs étaient d’une vingtaine d’élèves au 1er cours, de 3 au deuxième, de 4 ou 5 au 3ème. Plusieurs viennent même d’une autre classe mais ceux là [celles là en fait]doivent aimer le français car elles suivent des cours à l’Alliance et à l’Ecole Normale et viennent à tous mes cours et, au lieu de faire du tableau de feutre dont elles connaissent les dialogues mieux que moi, on fait de la grammaire ![…]Nous sommes quelques uns ici à être sans illusions quant à la situation scolaire éthiopienne.[…] Mes rapports oraux laissent laissent ces messieurs de la Mission pédagogique sans illusion quant à notre UTILITE dans les écoles éthiopiennes. » J’évoque en outre une « situation étrangement calme (je veux dire qu’il n’y a pas eu d’exécutions depuis une quinzaine de jours !) » malgré « les 2 ou 3 militaires en faction devant l’établissement »… Il m’était revenu à la mémoire, après ma 1ère contribution, un fait qui montre les bonnes relations entretenues avec quelques élèves du lycée éthiopien.Cela se situe sans doute fin janvier ou début février 77 (avant l’élimination du Président du Derg, Teferi Bante).Il y avait, comme d’habitude, un mouvement de grève larvée à Medhane Alem. Je croisais, un jour, sur la Churchill, une de mes élèves.On échangea quelques considérations sur la situation.C’est alors qu’elle me proposa de venir assister le soir même à une réunion sur ce sujet…Bien sûr, j’ai décliné l’invitation, argant de mon devoir de réserve.Je craignais sans doute aussi de tomber dans un piège ou une provocation.Je doute, de toute façon, que ses camarades aient accepté de voir un Farendj se mêler à ce qui ressemblait fort à une réunion clandestine de l’EPRP (le Parti Révolutionnaire du Peuple Ethiopien, opposition « de gauche » au régime et puissante dans les milieux étudiants), réunion à laquelle je n’aurais rien compris d’ailleurs.Sans doute voulait-elle par là me faire comprendre qu’elle était sensible à mon intérêt pour la situation politique de leur pays et qu’elle avait confiance dans ma discrétion.Mais voilà qui montre l’ambiguité de notre présence là bas.Comment pouvait-on faire abstraction de ce qu’il se passait autour de nous et de ce que vivaient les élèves que nous côtoyions chaque jour ?

  8. BRUNELIN Rémi says:

    Puisque c’est l’épisode où Hubert raconte son arrivée au Harar, je reviens sur l’évocation très succinte que j’avais faite de notre voyage en ces lieux où nous n’avions pas eu l’occasion de voir Hubert et J-Luc B. alors que nous avions « rencontré à Dire les 3 coopérants en poste à l’Alliance ». Dans un courrier adressé à ma famille daté du 19 janvier 77, je retrouve mon « compte rendu » de notre équipée à Dire et Harar via l’Aouache.Rien de très passionnant dans ce récit. Au jour où j’écrivais cette lettre, je précisais que c’était « l’Epiphanie, Timket,la plus grande fête éthiopienne qui donne lieu en principe à de grandes processions. J’aurai vu, en tous cas, la Churchill illuminée comme nos rues à Noël.»Je craignais que la fête ne soit compromise « car il fait un temps épouvantable ; il pleut tous les jours ! Comme la petite saison des pluies doit commencer à la mi-février, ça nous promet de beaux jours ! » J’ai dû renoncer à aller voir la fête à Maskal Square ; dommage ! Arrêtons là ces considérations météorologiques et revenons à notre voyage.Je n’insiste pas sur les jours passés à l’Aouache déjà évoqués ici et là.Notre voyage (4 adultes et 2 chiens_tu as raison, J-Noël, il y avait bien Tala !) s’est poursuivi par la « route des crêtes ; on passe par les montagnes, les monts Ahmar, et par une route d’où l’on peut voir parfois les 2 versants de la montagne. »Suivent mes impressions sur Dire-Daoua et Harar : « A Dire,il fait plus chaud qu’à Addis (l’altitude est de 1200 m) mais le temps n’était pas fameux (sans comparaison tout de même avec Addis en ce moment !) C’est une petite ville de province avec de petites avenues bordées d’arbres, des fleurs, pratiquement pas d’immeubles, 2 ou 3 hôtels, un marché.[…] Bien plus intéressant : Harar ! C’est une très ancienne ville musulmane, [attention à la citation tirée de je ne sais plus où !] « grand centre musulman implanté comme un poignard au flanc de l’Ethiopie chrétienne ».Des maisons basses, blanches ou ocres, de petites ruelles, un marché haut en couleur, des femmes aux voiles superbes qu’on a du mal à photographier. Avons vu la maison dite de Rimbaud. »Je concluais en disant qu’ « il y a encore beaucoup à faire pour connaîtretoute l’Ethiopie ! ».J’ignorais, à ce moment, que je n’aurai plus beaucoup d’occasions de parfaire ma connaissance du pays, si l’on excepte les environs d’Addis et la région des lacs.Enfin, j’ajoutais, pour rassurer ma famille probablement : « L’Ethiopie n’est pas à feu et à sang même s’il est vrai qu’il y a des régions où l’on ne peut pas aller en voiture, mais c’est de tout temps. » Notations pour une fois plus légères et optimistes que mon ressenti habituel…

  9. Jean-Yves C. a écrit le 02.12.2012: “Dès que j’ai trouvé un appartement, avenue Haïlé Sélassié Premier, dans l’immeuble mitoyen de l’église grecque… la propriétaire, une Italienne moustachue très volubile, spécialiste en ricotta et prosciuto, me prit sous son impressionnante aisselle. J’étais en plein au milieu des anciens petits colons industrieux envoyés par le Duce… Le verbe, les chants et les cris rythmaient les heures. La “SIGNORA” me force à embaucher une mamité (femme de ménage). Je n’ai jamais été servi par quiconque à part ma mère! Mais il faut faire vivre les gens du pays, je serai mal perçu si je n’ai pas de mamité à la maison. Je cède. Il faut passer par le parrain du quartier, un colosse amhara du nom d’ATO Fassika (ce qui se traduit par Monsieur Pâques). Le lendemain, il arrive pour me présenter la Woyzero Téguégné. Je vois arriver UNE reine habillée de mousseline immaculée, brodée de galons rouge et or, un fin voile couvrant de multiples mini-nattes tirées en arrière. talons vernis, jambes fuselées, jupe en tutu romantique, buste à damner Saint Antoine, visage amhara: les traits épais et la peau crème. MAKEDA en personne. Elle sourit, très à l’aise, presque conquérante. Mais il y a quelque chose d’étrange dans ce sourire; les dents blanches sont plantées dans des gencives bleues et puis je détaille quelques tatouages mystérieux aux poignets et à la gorge. La dame vient de Gondar. Elle prend les rênes de la maison. Jamais je n’oserai lui donner un ordre. Impose t-on quelque chose à une reine? Le logis a toujours été propre, j’ai cependant préféré la cuisine de la signora à celle de la woyzéro, si pimentée par le wot qu’elle me mettait l’arrière-train en volcan. Ce qui l’étonnait le plus, c’était le piano que je faisais sonner pendant les premiers émois de la révolution. Quand j’ai déménagé vers le bas de la ville dans le compound du Ghion, mitoyen du Palais (j’entendais rugir le fameux lion de Sa Majesté), j’ai dû engager une autre mamité par le parrain du lieu. Etais-je espionné par l’intermédiaire de ces femmes? On me présente la Woyzéro Workoua de Dessié: jeune fille amhara bien charpentée, tête enserrée dans un turban bleu nuit, habillée de l’extraordinaire habit de fine cotonnade blanche bordée de broderies. La fille de la reine? Non! Elle a 16 ans, elle est très fragile, elle a été forcée à 13 ans et envoie son écot au village pour son petit bambin. Elle était d’une attention infinie. Voici comment elle préparait le BOUNA(café): prenant une poignée de grains de café vert, elle les grillait sur un petit braséro dans un couvercle de boîte à cirage. Ensuite, elle pilait les grains croustillants, 2 clous de girofle; elle versait ensuite la poudre dans une cafetière de terre cuite, par le col. Elle pose la cafetière sur le canoun [support permettant de tenir un récipient sur le feu], verse l’eau, surveille que le mélange ne déborde jamais, soulève plusieurs fois le récipient, met une touffe de crin dans le bec verseur et remplit les petites tasses du noir nectar odorant et sublime. Elle jette alors sur la braise quelques grains d’encens et de feuilles embaumantes. Les lourdes vapeurs imprègnent la pièce, le bouna devient en nous précieux sang. En prime un doux et éclatant sourire. EGHZABERISTELIGNE, Woyzero Workoua… Jean-Yves”.

  10. Jean-Yves C. a écrit le 03.12.2012: “Mais qui est donc le capitaine T.? Mon unique voisin d’immeuble et de palier est un officier de la Garde Impériale. L’homme inspire respect et crainte aux alentours. C’est un militaire à fine moustache et au regard noir sans iris, aux lèvres fines et à la peau pain d’épice. L’homme vit seul, ce qui est rare en Afrique. Il est bourru, secret et cependant aimable avec le jeune professeur farendje [étranger]. Quand je reçois des amis, ils sont très impressionnés. Un soir cependant, plus solitaire que d’habitude, il m’invite chez Moulounesh, un petit bouna beit [“maison de café”], au fond d’une cour soigneusement balayée, dans les eucalyptus, à Entoto. Nous prenons une ruelle de terre, traversons les profonds caniveaux qui évacuent les violentes pluies de mousson. Nous poussons un portail de tôle surveillé par un zabagna [gardien] barbu tenant un long bâton en forme de casse-tête. Le troquet est une cabane de tôle ondulée éclairée d’une unique ampoule nue. L’hôtesse est vêtue de blanc comme une vestale, mais est enturbannée d’un chèche vermillon. Elle jette sur le sol une brassée de foin fraîchement coupé, sous nos pieds et autour d’un grand panier-table. Assis sur les fameux JIMMA stools, la beauté nous apporte des bérillés de tedj (le bérillé est une petite carafe individuelle pour cet hydromel orangé). Deux hommes consomment le tella, une bière aigrelette qui monte à la tête. Derrière un rideau de théâtre, s’agite une matrone. A chaque fois qu’on écarte la cotonnade, j’entrevois un chassis de lit tressé de lanières de chèvre, les ficelles chargées de linge servant de porte-manteaux, le brasero sur le sol. Arrive un grand plat chapeauté d’un couvercle, chef d’œuvre de vannerie. Abracadabra! Le festin se compose de rouleaux d’injera entourant une sauce pourpre aux relents méphitiques et une pièce de bœuf cru. Notre capitaine mange avec les doigts avec distinction, au contraire de moi qui nage dans la sauce. Heureusement un barde affamé a été appelé pour entonner une mélopée et des litanies à la louange du capitaine, bienfaiteur d’un soir. Les notes du Krar (lyre locale) ponctuent la récitation à la façon du poète KASSA TESSEMA. Il faut avaler les trois tasses réglementaires du délicieux moka giroflé. Nous ne tâtons pas de la couche. Il faut repartir à travers le bidonville, les zabagnas s’interpellent de loin en loin, essayant de chasser les chiens errants qui nous suivent en cortège. OUF, voici l’avenue Hailé Sélassié Premier. La maison de la Signora L. nous attend. La ville est endormie. Les hyènes ne descendent en ville pour se nourrir dans les poubelles qu’au creux de la nuit. Mais qui donc était le capitaine T. qui jamais ne me parla de l’empereur, des évènements révolutionnaires, des manifestants courant en horde sous nos fenêtres? AFFAIRES D’ETHIOPIENS… Jean Yves”.

    • BRUNELIN Rémi says:

      J-Yves poursuit sa description haute en couleurs de l’Addis qu’il a connue avant la révolution.Je me souviens qu’il m’avait montré la maison où il avait habité dans cette rue bruyante et commerçante d’Addis avant de préférer le “luxe” et le calme des jardins du Ghion…La cérémonie du café est tout un art, il le fait bien comprendre! Sa description des mamités et de leur habillement est authentique.Il avait évoqué la personnalité de la sienne.Notre mamité à nous était toute gentillesse, douceur, honnêteté.Peu douée en cuisine, mais parfaite pour tout le reste.
      Je ne peux m’empêcher de rire en lisant les ravages causés par le wot (voir à la fin de l’épisode 1 où je décris de semblables symptômes…).Notre ami Norbert avait une expression, si imagée que je ne l’oublierai jamais, décrivant les affres dans lesquelles le laissait l’absorption intempestive de l’injera et de son accompagnement pimenté de wot: “Mon vieux, j’ai passé la nuit sur le “jackpot”!!

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