EPISODE / PART 9

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 9 : La vie au Harrar au 1er semestre de 1977

Part 9: Life in Hararghe in the first half of 1977

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

Alors que la situation politique intérieure et extérieure se tend sensiblement en Ethiopie en ce début de 1977, Jean-Luc et moi poursuivons notre existence paisible, à Harrar en semaine et chez nos amis de Diré-Daoua aux week-ends. J’écris à ma famille le 9 mars que « les taxis et les bus ne veulent plus faire le trajet entre D.D. et Harrar à partir de 18 h. Il ne faut plus sortir de nuit à pied (…). Nous ne pouvons plus aller en brousse pour le moment ».

While the domestic and foreign situation is appreciably tightening in Ethiopia at the beginning of 1977, Jean-Luc and I continue our peaceful existence, in Harar on week days and in Dire Dawa at weekends. I write to my family on the 9th of March that ‘the taxis and buses won’t drive between D.D. and Harar after 6 PM any longer. We musn’t go on foot at night (…). We can’t go to the bush at the moment’.

en-Ethiopie Harrar Match Acad.Militaire 09.03.77-

Les élèves de l’Académie Militaire sont répartis en plusieurs groupes (3 je crois) appelés “chambeul”, portant le nom de villes historiques, qui s’affrontent lors d’épreuves et de matchs, dans un but d’émulation. Le 9 mars, en fin d’après-midi, nous assistons à une rencontre de football entre deux de ces équipes, Adoua et Keren. Le 3ème groupe porte le nom de Gondar. Nous sommes tenus d’assister de temps à autre à certains de ces matchs, et nous devons porter costume et cravate, comme en cours. Il en est de même lors des séances de bingo – une sorte de loto où on joue de petites sommes d’argent sur la sortie de numéros tirés au hasard – qui se tiennent aussi de temps en temps au mess des officiers.

Le 10 mars, nous recevons à dîner chez nous l’adjudant-chef du Camp Français, avec sa famille. Nous sommes heureux de retourner quelques faveurs quand nous le pouvons. Du 13 au 17 mars, deux personnes mandatées par les services culturels de l’Ambassade de France viennent en inspection au Harrar. J’écris à ma famille : « Ils sont sympas et on les invitera à manger ». Tout se passera bien pour nous et ils ne pénétreront même pas dans les classes. A partir du 14 mars et en coordination avec l’Académie Militaire, Jean-Luc et moi sommes chargés de 4 heures et demie de cours du soir par semaine en plus de notre travail habituel. Ces cours de français pour adultes volontaires se déroulent intra muros, à l’Anbessa Bet (“maison du Lion”) et sont un succès puisque nous avons plus de 50 élèves chacun lors des premières séances. Mais le nombre d’élèves diminuera peu à peu. Nous utilisons la méthode Voix et Images de France, avec films fixes et bandes magnétiques, comme à l’Académie. Nous sommes conduits et reconduits en voiture à chaque fois car la circulation à pied de nuit n’est plus considérée comme sûre.

The Academy’s cadets are split into several groups (3, I think) called “shambel”, named after histotic towns, which are brought together at the time of events and matches, in a competitive spirit. On the 9th of March, at the end of the afternoon, we attend a football match between two of those teams, Adowa and Keren. The third group is named Gondar. We must be present at some of those meetings from time to time, and we have to wear a suit and a tie, as in the classroom. We must do the same when a bingo game takes place at the officers’ mess sometimes. We are then expected to bet a little money on numbers drawn at random. I do it perfunctorily: I’m not a gambler.

On the 10th of March, we invite the French Camp chief warrant officer with his family to dinner at our home. We are glad to do some favours as well, when we can. From the 13th to the 17th of March, two people sent by the French Embassy cultural services come to Hararghe for an inspection. I write to my family: ‘They are nice and we will invite them for a meal’. Everything will go right for us and they won’t even go into the classrooms. From the 14th of March on, with the Academy’s agreement, Jean-Luc and I are put in charge of four and a half hours evening classes a week beside our usual work. Those French lectures for voluntary adults take place inside the city wall at the Anbessa Bet (“Lion House”) and are a success since we have more than 50 students each at the first classes. However, the number of pupils will decrease little by little afterwards. We use the same audio-visual method as at the Academy. We are brought there by car every time for walking at night is no longer considered safe.

eo-Ethiopie Ourso 13.03.77-

Le dimanche 13 mars, nous faisons une courte excursion en voiture à Ourso, depuis Diré-Daoua. Le petit village est la première station du CFE (v.Episode 2), quand on se dirige vers Addis, à 25 km environ. Le nom de la localité et l’habituelle belle bougainvillée devant la gare sont identifiables sur ce cliché.

Le 16 mars, je retourne au Camp Français pour écouter à la radio le match retour de Coupe européenne des Clubs Champions (v.épisode précédent) disputé à Anfield. Les Verts sont battus 3 buts à 1 et c’est Liverpool qui se qualifie pour les demi-finales. Je passe la nuit au Camp comme il y a deux semaines.

Le 18 mars, j’ai pu rassembler assez d’argent éthiopien pour faire l’acquisition à Diré-Daoua d’un poste radio-cassette à ondes courtes. Je reprends avec plaisir l’écoute de mes stations préférées, comme « Moscou, l’Afrique du Sud, la Suisse, la RDA…, qui donnent des sons de cloche bien différents ». La situation intérieure se tend. A Addis, le couvre-feu est étendu et les fouilles se multiplient partout. Rien de tel ici, mais j’écris à ma famille le 28 mars qu’« à part les blindés et les chasseurs qui font du bruit, et les coups de feu la nuit, ça va très bien! ». Nous entendons parfois la nuit, aussi bien à Harrar qu’à Diré-Daoua, également des détonations que nous interprétons comme « des tirs de mortier ».

On Sunday, the 13th of March, we do a small outing by car from Dire Dawa to Ourso. This small village is the first CFE railway halt (see Part 2) about 25 kilometers on the way to Addis. On this photo (above), you can sight the locality name and the usual fine bougainvillea in front of the station.

On the 16th of March, I go to the French Camp again, to listen to the radio-broadcast second Champions League football match (see previous part) played at Anfield stadium. The Greens (the team from Saint-Etienne) are defeated 3 to 1 and the team from Liverpool qualifies for the semifinal. I spend the night at the Camp, as I did a fortnight ago.

On the 18th of March, I have managed to gather enough Ethiopian money to purchase a short-vawe radio set with a cassette recorder. With pleasure, I resume listening to my favourite stations, like ‘Moscow, South Africa, Swiss, GDR…, which sound very differently from one another’. The domestic situation is tightening. In Addis, the curfew is extended and searching is carried out everywhere. Nothing like that here but I write to my family on the 28th of March that ‘apart from the tanks and the fighters that are noisy, and the shots at night, everything is going right!’. We sometimes hear other detonations at night, in Harar and also in Dire Dawa, which we interpret as ‘mortar shots’.

ep-Ethiopie Diré-Daoua Brousse 03.04.77-

Le dimanche 3 avril, nous faisons à nouveau une petite sortie aux alentours de Diré-Daoua. Un gros orage se forme bientôt et nous rentrons sous des trombes d’eau. Nous avons une semaine de vacances du 2 au 10 avril. Je souhaite me rendre à Djibouti mais l’Ambassade de France ne m’en donne pas l’autorisation. Je peux par contre aller à Addis pour faire des achats et des démarches. J’écris le 5 avril que la situation dans le pays s’est nettement détendue. Je prends un train le 6 avril au matin, je mange le midi au Buffet de la Gare à Aouache, puis le soir au Buffet de la Gare à Addis, où tout semble calme et où je passe la nuit chez un ami. Je rentre de ce voyage éclair par le train qui part de la capitale le 7 avril au soir.

On the 3rd of April, we go for a short drive around Dire Dawa. A big thunderstorm forms soon and we come back in the pouring rain. We have got a week holiday from the 2nd to the 10th of April. I want to visit Djibouti but the French Embassy won’t let me go there. However, I can take a train to Addis and do some steps and shopping. I write on the 5th of April that the situation in the country has decidedly relaxed. I take a train on the 6th of April in the morning, I have lunch at the Buffet de la Gare in Awash, and dinner at the Buffet de la Gare in Addis where a friend of mine can put me up and where everything seems to be quiet. After this very short trip, I come back home with the 7th of April night train.

er-Ethiopie Harrar Quart.des Officiers 10.04.77-

Le 10 avril, dimanche de Pâques, j’assiste au découpage de bœufs depuis mes fenêtres. Le temps est assez frais et humide ces jours-ci.

On the 10th of April, Easter Sunday, I can see beef carving from my window. The weather is rather cool and wet these days.

es-Ethiopie Diré-Daoua Flamboyant 17.04.77-

Me voici de nouveau à Diré-Daoua le 17 avril. Certaines avenues de la ville sont plantées de magnifiques flamboyants et d’autres arbres qui restent fleuris une bonne partie de l’année. La saison des « petites pluies » est maintenant terminée et la température s’élève. Le climat de Diré-Daoua est chaud mais la ville profite d’une atmosphère généralement supportable grâce à son altitude de 1220m environ. A Harrar, situé plus haut, la température est d’au moins cinq degrés plus basse, ce qui rend son climat globalement très agréable à mon goût.

I’m in Dire Dawa on the 17th of April again. Some avenues in the town are lined with flamboyants and other beautiful trees that are blossoming for a great part of the year. The ‘small rainy season’ is over and the temperature is getting higher. Dire Dawa climate is warm but the town enjoys a very bearable atmosphere thanks to its altitude of 1220 m. In Harar, situated higher, the temperature is at least five degrees C lower, and I find the climate of the latter very pleasant.

et-Ethiopie Alemaya 17.04.77-

Si nos semaines sont généralement bien régulières, nous avons parfois des périodes très occupées. J’écris à ma famille le 18 avril: « Les jours derniers ont été chargés: vendredi soir [15 avril] à D.D. : soirée brochettes chez des gens de l’ONU. Samedi matin: travail à l’Académie. Sam. A.M. : Chez des coopérants à D.D. Dim. matin: lever à 6 h. Après-midi: retour à Harrar pour se changer, puis trajet à Alemaya avec promenade et vue d’une manif, puis cérémonie de mariage. Dim. soir: suite de la cérémonie au mess des officiers de l’Académie. Lundi matin: cours. Lundi midi: cocktail offert par l’Ambassadeur [de France], le Consul et un responsable des services culturels de l’Ambassade, puis repas au Camp Français avec, ô miracle, fromage et vin de France excellent (champagne aussi). Lundi A.M. : cours. Lundi soir: cérémonie à D.D. (décoration du Consul par l’Ambassadeur au nom de [M. V.] Giscard [d’Estaing]) avec cocktail et à nouveau bon repas et bonnes boissons. Ensuite retour à Harrar avec le Camp. » La photo ci-dessus représente le lac d’Alemaya.

While our week days are usually regular, some very busy spells can occur. I write to my family on the 18th of April: ‘The last days were very full: Friday evening [Apr.15] in D.D. : brochette dinner with United Nations people. Saturday morning: work at the Academy. Sat. afternoon: with other people serving on Voluntary Service Overseas in D.D. Sunday morning: getting up at 6. Afternoon: going back to Harar to change clothes, then driving to Alemaya with a stroll (we saw a street demonstration) and a wedding ceremony there. Sunday night: continuation of the ceremony at the Academy officers’ mess. Monday morning: classes. Monday at noon: cocktail party offered by the Ambassador [of France], the Consul and a person from the Embassy cultural services, followed by lunch at the French Camp with, O miracle, cheese and excellent wine from France, and champagne as well. Monday afternoon: classes. Evening: Ceremony in D.D. (decoration of the Consul of France by the Ambassador on behalf of [President] Giscard [d’Estaing]) with cocktail party and then good meal and drinks again. Return to Harar with the French Camp men afterwards.’ The photo (above) represents Alemaya lake.

eu-Ethiopie Alemaya 17.04.77-

Alemaya, situé à une dizaine de kilomètres de Harrar sur la route de Diré-Daoua, est une bourgade très animée en ce dimanche 17 avril. Visiblement, l’homme au premier plan est un consommateur de khat, plante euphorisante prisée par certains dans cette partie du monde et qui pousse bien dans la région.

Alemaya, located about ten kilometers from Harar on Dire Dawa road, is a very busy small town on this Sunday, the 17th of April. Obviously, the man in the foreground is a consumer of khat, a plant which makes euphoric and which is held in high esteem by some people in this part of the world. Khat grows well in the region.

ev-Ethiopie Entre D.Daoua et Harrar Panne de taxi 22.04.77-

Le vendredi 22 avril, nous descendons à Diré-Daoua pour un long week-end. Notre taxi collectif tombe en panne. Dans ce cas, les confrères du chauffeur s’arrêtent et essaient de dépanner. Aujourd’hui, la réparation sur place s’avère impossible et nous finissons le trajet dans un autre taxi.

On the 22nd of April, we go down to Dire Dawa for a long weekend. Our collective taxi breaks down. When it happens, the driver’s colleagues stop and try to help. To-day, repairing on the spot turns out to be impossible: we finish the journey in another taxi.

ew-Ethiopie Diré-Daoua Chez S.et A.C.01.05.77-

Notre vie n’avait rien d’infernal, comme en témoigne ce beau cliché pris chez Serge et Annie à Diré-Daoua le 1er mai.

Our life had nothing infernal, as witnesses this fine snapshot taken at Serge and Annie’s place in Dire Dawa on the 1st of May.

ex-Ethiopie Harrar Quart.des Officiers 14.05.77-

L’Académie militaire s’est décidée à rénover notre appartement. Nous avons été relogés à proximité durant une quinzaine de jours. Toutes les peintures ont été refaites mais nos souhaits n’ont pas été suivis et les couleurs choisies sont très vives, mariant entre autres le vert pomme au rose bonbon.

Le 2 mai, je me sens malade et me demande si je n’ai pas contracté une hépatite virale car j’ai les yeux jaunes. Mais non, j’avale des comprimés de charbon et tout rentre vite dans l’ordre. J’échapperai toujours aux diverses maladies tropicales toujours possibles bien que peu fréquentes chez les étrangers.

J’écris le 5 mai que « la plus vieille promotion de l’Académie est partie dimanche dernier [1er mai] sans attendre la fin de l’année et sans cérémonie. L’armée a un besoin urgent d’officiers car ça chauffe avec le Soudan et il y aura le problème de Djibouti, qui vote dans trois jours [pour ou contre l’indépendance]». J’écris un peu plus tard que « Harrar est toujours calme – ce n’est ni la grande ville ni la brousse incontrôlable – et de toutes façons bien protégé par l’Académie, et la 3ème Division qui reste en partie ici. »

Le 14 mai, j’observe et photographie ces fleurs (ci-dessus), sous mes fenêtres, au quartier des officiers. Ce sont des belles-de-nuit. Je n’en avais jamais vu et leurs couleurs panachées m’intriguent. Quelques jours plus tard, je suis réprimandé à l’Académie pour avoir photographié dans cette enceinte militaire, ce qui est interdit. L’officier m’apprend aussi qu’ils savent bien que je photographie dans Harrar, que ce n’est pas autorisé mais qu’ils m’ont laissé faire jusqu’à maintenant. Je fais profil bas et je peux conserver ma pellicule.

The military Academy made up its mind to renovate our flat. We were rehoused close at hand for about a fortnight. New paintwork was done everywhere in the flat but our wishes haven’t been fulfilled: colours are very showy, harmonizing apple-green and candy-pink, for example.

On the 2nd of May, I feel ill and I wonder whether I’ve caught a viral hepatitis for my eyes are yellow. Fortunately I’ve not: I swallow coal tablets and I’m soon better. I’ll always escape the various tropical diseases, which can always occur, albeit rather rarely for foreigners.

I write on the 5th of May that ‘the oldest Academy year left last Sunday [the 1st of May] without waiting for the end of the school year and without ceremony. The army needs officers urgently for the situation with Sudan is getting hot and there will be the problem of Djibouti, which is voting in three days [about independence]’. A little later, I write that ‘Harar is still quiet – it’s neither a big city nor uncontrollable bushland – and in any case the town is well protected by the Academy, and the 3rd Division which partly remains here.’

On the 14th of May, I observe and photograph these flowers (above), under my windows, at the officers’ quarter. They are four o’clock flowers. I had never seen this kind of flowers before and I’m a bit puzzled by their motley colours. A few days later, I’m told off at the Academy for photographing within this military enclosure, which is forbidden. The officer lets me know as well that they don’t ignore I take photos in Harar, that doing so is not allowed but they have let me do it so far. I put up a submissive show and I can keep my film.

ey-Ethiopie Diré-Daoua Ras Hotel 05.06.77-

Nous apprenons que Diré-Daoua a subi une attaque de la part de rebelles et de “réactionnaires” les 1er et 2 juin. Les trains ne circulent plus et une pénurie d’essence et d’objets fabriqués va s’installer. Mais je veux rassurer les miens et leur explique que la route Harrar-Diré est sûre de jour, que les avions circulent sans difficulté et que « pour la nourriture, pas de problème, tout pousse et s’élève dans la région ». Ma demande de permission cet été pour me rendre à Djibouti, au Yémen et au Liban a été refusée en bloc par l’Ambassade de France, mais celle-ci m’incite à rentrer en métropole et à y séjourner un bon mois. Je fais également une demande de congé auprès de l’Académie Militaire. Mes vacances commenceront le 20 juin au soir et je devrai me présenter de nouveau à l’Académie le 5 août au matin. Je peux donc réserver mon billet d’avion, et je quitterai Harrar le 21 juin.

Je photographie Annie, Jean-Luc et Christian à la piscine du Ras Hotel à Diré-Daoua le 5 juin. L’eau est bien chaude et d’une belle teinte émeraude.

We hear that Dire Dawa underwent an attack from rebels and “reactionaries” on the 1st and the 2nd of June. There are no more trains and a lack of petrol and manufactured goods is going to happen. However, I want to reassure my family and I explain to them that the Harar-Dire road is safe by daylight, that the planes fly without a hitch and that ‘about food, there is no problem, everything grows and is reared in the region’. My request for a summer leave to go to Djibouti, to Yemen and to Lebanon has been rejected out of hand by the French Embassy, but the latter prompts me to go to France and stay there a good month. I ask the Military Academy permission to leave as well. My holidays will start on the 20th of June after work and I’ll have to appear at the Academy again on the 5th of August in the morning. So I can buy my air ticket, and I’ll leave Harar on the 21st of June.

I take a picture of Annie, Jean-Luc and Christian at the Ras Hotel swimming pool in Dire Dawa on the 5th of June. The water is warm and is a nice emerald colour.

ez-Ethiopie Diré-Daoua Tennis du CFE 05.06.77-

Serge C. et Malcolm S. disputent un double sur un court de tennis du Chemin de fer Franco-Ethiopien, le même jour. Pour disposer d’un créneau horaire sur l’un de ces courts, nous choisissons les heures chaudes et nous nous munissons de bouteilles d’eau.

Serge C. et Malcolm S. are playing a doubles match on a Franco-Ethiopian railway tennis court, on the same day. To manage to have the use of one of those courts, we don’t hesitate to play during hot hours, with a good supply of water.

fa-Ethiopie JLB à Harrar 08.06.77-

Le 8 juin, j’immortalise Jean-Luc le matin au petit déjeuner chez nous. Il passe ses dernières semaines à Harrar. Il se marie avec Dominique en France en juillet et travaillera avec elle à Addis pendant la prochaine année scolaire. Admirez la couleur du mur fraîchement repeint. Pour le souvenir, j’ai placé mon poste radio-cassette dans le champ de la photo, ainsi qu’une calebasse découpée pour en faire un pot garni de cactus en guise de plante d’appartement. Notre mamité devait penser : « Ils sont fous ces farendjis (étrangers), n’y a t-il pas assez de plantes qui piquent dehors? ». J’écris le 10 juin que « les militaires ont repris le contrôle de la situation. Ils ont reçu à Harrar des armes neuves, qui viennent sans aucun doute d’URSS », pays qui aide aussi la Somalie, ennemie de l’Ethiopie. L’Erythrée en rébellion se dit d’ailleurs elle aussi marxiste, ce qui ajoute à la confusion.

On the 8th of June, I ‘immortalize’ Jean-Luc at our home at breakfast. He is spending his last weeks in Harar. He is going to marry Dominique in France in July and he will work with her in Addis for the next school year. I let you admire the colour of the freshly repainted wall. For the memory, I put my radio recorder in the photo field, as well as a calabash, cut to make a pot from it, filled and decorated with cacti, as a house plant. Our mamite certainly thought: ‘They are crazy, those farenjis (foreigners), aren’t there enough thorny plants outside?’. I write on the 10th of June that ‘the servicemen have the situation under control again. They have received new weapons in Harar, which unquestionably come from USSR’, a country that also helps Somalia, Ethiopia’s enemy. Rebelled Erythrea claims to be Marxist as well, which increases confusion.

fb-Timbres Towns of Ethiopia 20.06.1977-

La situation se tend à nouveau dans le cadre de la crise de l’Ogaden (voir ICI). Le dimanche 19 juin tôt le matin, on nous fait savoir que le couvre-feu est en vigueur toute la journée à Harrar. On nous autorisera toutefois à sortir à midi pour aller déjeuner au Ras Hotel de la ville. Le lendemain, on peut à nouveau aller dehors et j’achète cette enveloppe philatélique “1er jour” à la poste de Harrar. Le 21 juin de bonne heure, nous apprenons que l’un des ponts sur la route de Diré-Daoua a sauté dans la nuit. Cela n’interrompt pas la circulation des voyageurs: les taxis collectifs rattachés à chacune des deux villes continuent à effectuer des rotations vers le pont détruit. Arrivés à cet endroit, les passagers descendent, traversent l’oued à pied et attendent un autre taxi sur la rive opposée. Je dis donc au revoir à Mme Demeketch et me rends ainsi à Diré-Daoua comme prévu le 21 juin. Ce même jour, je prends l’avion depuis la ville, qui dispose d’un aéroport asphalté et bien équipé, à destination d’Addis, avant de rentrer en France pour les vacances.                               EPISODE 10

The situation is tightening again about the Ogaden crisis (see HERE). On Sunday, the 19th of June, early in the morning, we are told the curfew is in force all the day in Harar. However, we will be given permission to have lunch at the Ras Hotel of the town. The next day, we can go out again and I buy this “first day of issue” philatelic envelope at the Harar post office. Early on the 21st of June, we hear that one of the bridges on the road to Dire Dawa has just blown up. It doesn’t interrupt the travellers’ movement: the collective taxis coming from either town carry on with the shuttle traffic to the destroyed bridge. When they arrive at this point, the passengers get out, cross the wadi on foot and wait for another taxi on the opposite bank. So I say good bye to Mrs Demeketch and I go in this way to Dire Dawa as planned on the 21st of June. On the same day, I take a plane from the town, which has an asphalted well fitted out airport, to Addis, before coming back to France for the holidays.                            PART 10

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8 Responses to EPISODE / PART 9

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  6. Dans cette région du monde, aujourd’hui régne la plus grande confusion, sans parler des famines à répétition. A travers tes évocations, on perçoit en filigrane l’empreinte des grandes puissances.

  7. Bonjour Charles-Henri, et merci pour tes coms
    Tu vas voir cette empreinte encore mieux dans les épisodes suivants. La guerre froide a cessé, mais la confusion a t-elle diminué pour autant?

  8. BRUNELIN Rémi says:

    Hubert relate qu’il a fait l’acquisition d’une radio. Moi, ce fut pratiquement mon 1er achat quand je me suis installé à Banco di Roma (Hubert en profitera d’ailleurs, avec aussi le petit magnétophone à cassettes muni tout de même d’un haut parleur complémentaire qui permettait d’écouter, dans des conditions somme toute médiocres, de la musique) quand il occupera cet appart durant notre absence en août et septembre 77).Un besoin vital d’être relié à la vie de la France et du monde, ce qui me permettait aussi d’être informé sur ce qui se passait en Ethiopie ! J’y ai aussi appris la mort de Gabin, celle de Chaplin etc Je n’aurais pas pu m’en passer. J’ai aussi le souvenir d’y avoir écouté les débats de la campagne électorale législative de 78 et leurs résultats, pestant contre cette fichue radio qui m’obligeait à changer de longueur d’ondes courtes si je voulais suivre sans rien en perdre les émissions de France Inter ! Pour compléter mon information, j’étais abonné au Nouvel Observateur (René Lefort dont j’ai parlé tout à l’heure y écrivait régulièrement sur l’Ethiopie) et à une sélection hebdo d’articles du Monde.Je fréquentais aussi assidûment l’Alliance française qui avait d’autres journaux comme l’Express et l’Equipe (mais oui !) et bien sûr des livres…
    La mention du magnéto à cassettes m’amène à développer un peu sur le sujet.Je m’étais muni, pour mon séjour de 2 ans à Addis, d’un grand nombre de cassettes (le CD n’existait pas et le vinyle n’était pas adapté…) que j’avais laissées en vrac dans ma valise parmi les vêtements (la malle arrivant de son côté, chargée, entre autres de livres, ce qui me rendit bien suspect là aussi,quand il fallut la réceptionner!).Mes chères cassettes me furent confisquées illico presto à l’ouverture de la dite valise comme si je transportais de dangereux explosifs ! Bienvenue en Ethiopie ! J’ai retenu la leçon et, au retour de nos vacances en France en septembre 77, nous avions dissimulé terrines de pâtés, saucissons et quelques nouvelles compils (nourritures pour le corps et pour l’esprit, les premières fort appréciées par nos invités !) dans une cocotte minute bien fermée qu’aucun douanier ne fut capable d’ouvrir, cocotte qui ne fut même pas saisie car nous avions expliqué avec force détails son usage ! Pour revenir à mes cassettes, elles durent subir le même passage par la censure pour notre retour définitif. Je ne peux m’empêcher de penser avec émotion que, grâce à moi, les voix de Brassens, Barbara, LeForestier, Lavilliers ou Yves Simon, dans des intégrales compilées, purent s’évader dans un bureau obscur du Ministère de la Censure,ce qui est tout de même assez savoureux.

    à suivre après épisode 11

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