EPISODE / PART 11

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 11 : Wolisso 10 Août 1977

Part 11 : Wolisso 10 Aug.1977

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

Après un agréable mois de permission en France, je me présente à l’enregistrement à l’aéroport d’Orly en cet après-midi du dimanche 31 juillet 1977. Je vous fais grâce des péripéties à l’embarquement et finalement je m’envole de Roissy vers 2 h du matin. Je retrouve Addis où la douane me confisque trois cassettes de musique pour contrôle. Je devrai retourner plus tard à l’aéroport pour les récupérer. Je prends à nouveau une chambre au Ras Hotel, puis je me rends à l’Ambassade de France où on me dit en substance: « Déjà vous? Mais vous auriez pu rester plus longtemps en France, on n’a pas besoin de vous, revenez après-demain et vous verrez votre supérieur hiérarchique…». Depuis l’hôtel, je téléphone à la compagnie Ethiopian Airlines et réserve une place pour mon retour à Diré-Daoua. Je veux en effet me présenter à mon poste à l’Académie Militaire de Harrar le 5 août au matin comme prévu. Mais après les attaques dans le Hararghe en juin dont j’ai pu observer certaines conséquences, la guerre de l’Ogaden a éclaté de façon ouverte au mois de juillet, et l’armée somalienne de Siad Barre rencontre des succès au début. J’écris le 2 août qu’« Addis est très calme, plus calme même qu’avant, car il y a moins de circulation avec les restrictions d’essence ». C’est la saison des pluies et je n’ai pas chaud dans mon hôtel. Située à environ 2500 m d’altitude, la capitale de l’Ethiopie n’a pas un climat vraiment tropical mais tempéré et les nuits sont froides. Je retourne à l’Ambassade, où on m’interdit de rentrer au Harrar à cause de la situation militaire, tout du moins jusqu’en octobre. J’annule à contrecoeur ma réservation sur le vol pour Diré-Daoua. Ma situation n’est pas idéale : je me retrouve en attente à l’hôtel, seul, sans rien à faire, dans le mauvais temps, dans cette ville assez désertée par les Français, souvent partis en vacances, et où en fait j’ai peu d’amis. De plus, mes affaires sont restées à Harrar. Par chance, je rencontre un couple de coopérants, Rémi B. et Yveline F. Ils vont en France et me proposent d’occuper leur appartement durant leur absence, jusqu’à la fin de septembre. Je vais même bénéficier des services de leur mamité. Je peux donc quitter le Ras le 5 août et je m’installe en haut de l’Avenue Churchill, dans l’immeuble cubique visible au centre du 3e cliché de l’EPISODE 1.

After a pleasant five-week leave in France, I’m checking in at Orly airport on Sunday afternoon, the 31st of July 1977. I’ll spare you the ups and downs before going on board, and eventually I take off from Roissy airport at about 2 AM. Back in Addis, the customs officers confiscate three cassettes of music from me for checking. I’ll have to go to the airport again later to recover them. I put up at the Ras Hotel again and then I go to the French Embassy where they tell me something like this: ‘You’re already back here, aren’t you? You could have stayed longer in France, we don’t need you, come the day after to-morrow again and you’ll see your immediate superior…’ From the hotel, I phone Ethiopian Airlines company and book a seat for my return to Dire Dawa. I really want to appear at the Harar Military Academy again on the 5th of August in the morning, as planned. But after the attacks in Hararghe in June, some effects of which I witnessed, the Ogaden war has broken out openly in July, and Siad Barre’s Somalian army gets some successes at the beginning. I write on the 2nd of August that ‘Addis is very quiet, even quieter than it used to be, for the traffic has decreased because of the petrol restrictions.’ It’s the rainy season and I don’t feel warm in my hotel. Situated about 2500 m above sea level, the capital of Ethiopia doesn’t really have a tropical climate, but temperate, and the nights are cold. Back to the French Embassy, I’m told not to return to Hararghe because of the military situation, at least until October. I cancel my reservation for the flight to Dire Dawa grudgingly. My situation is not ideal: I find myself in a hotel, alone, without anything to do but wait, in the bad weather, in this town rather deserted by French people – a lot of them have left for the holidays – and where I’ve got few friends actually. Furthermore, my belongings still remain in Harar. But I’m lucky enough to meet Rémi B. et Yveline F., a couple serving on Voluntary Service Overseas. They are going to France and offer me to occupy their flat during their absence, until the end of September. I’ll even have their mamite as well. So I can leave the Ras Hotel on the 5th of August and I settle down in upper Churchill Avenue, in the cubic building visible in the centre of PART 1 third photo.

fj-Ethiopie Addis-Abéba Av.Churchill 06.08.77-

Le logement est confortable; il y a des livres, la radio et de la musique. De mes fenêtres, j’ai une très bonne vue sur les “Champs-Elysées” d’Addis, en direction de la gare (photo ci-dessus, le 6 août). J’ai donc pu trouver une solution d’attente mais j’écris à ma famille le 7 août que « les Français forment des petits clans fermés (…), je vais être beaucoup plus seul que l’année dernière… ». Je m’inscris au Housing Department dans l’espoir de trouver un futur logement, mais sans savoir ce que l’avenir me réserve.

The flat is comfortable; there are some books, a radio set and some music. From my windows, I have a good view of Addis’s “Champs-Elysées”, looking southwards to the railway station (photo above, Aug. 6). So I managed to find a temporary solution but I write to my family on the 7th of August that ‘French people form small closed clans (…), I’m going to be much more on my own than last year…’. I register at the Housing Department, in the hope of finding permanent lodgings, but without knowing what the future has got in store for me.

fk-Ethiopie Wolisso 10.08.77-

Puisque mes vacances continuent, de façon forcée, je décide d’aller découvrir Wolisso, un village situé à environ 110 km à l’ouest d’Addis, dont la spécialité est la fabrication artisanale d’armes blanches. Renseignements pris, je peux m’y rendre en autocar depuis la gare routière, située près du Mercato. Je pars le matin du 10 août. Il pleut. Je découvre à Wolisso un nouveau visage de l’Ethiopie, plus conforme à certains aspects de l’Afrique équatoriale. Il fait très humide et plus chaud qu’à Addis, ce qui permet à beaucoup de plantes tropicales de prospérer. La place principale du village, en cette saison des pluies, est un épais bourbier, si collant et glissant à la fois que je ne peux semble t-il manquer de m’étaler dans la glaise dix fois avant la fin de la journée.

Since my forced holidays are going on, I decide to go and have a view of Wolisso, a village situated about 110 km west from Addis, whose speciality is making blades. Upon inquiry, I can go there by bus from the coach station, located near the Mercato. I leave on the 10th of August in the morning. It’s raining. I have a view of a new face of Ethiopia in Wolisso, more in accordance with some equatorial Africa appearances. The climate is rather wet, and warmer than in Addis, and makes it possible to grow many tropical plants. The village main square, in this rainy season, is a thick quagmire, so sticky and slippery at the same time that I’m sure I’ll fall in the mud ten times before the end of the day.  

fl-Objets de Wolisso s.Voile Harrar-

J’achète de beaux poignards à manche de pierre, métal, corne et ivoire, une pointe de lance, des « bâtons de zabagna » à lame interne sortable, et quelques autres objets. Voici une photo de 2011 des souvenirs que j’ai pu rapporter, présentés sur un voile de Harrar.

I buy fine daggers with handles of stone, metal, horn and ivory, a spear head, ‘zabagna sticks’ with an internal blade one can take out, and a few other items. Here is a recent photo of the curios I brought back, shown on a veil from Harar.

fm-Ethiopie Wolisso 10.08.77-

Scène de vie dans le village.

Life scene in the village.

fn-Ethiopie Wolisso 10.08.77-

J’aime bien cette image, même si la qualité de conservation de ces négatifs est mauvaise. Le but de cet ouvrage, vous l’avez compris, n’est pas de montrer les plus “belles” photos possibles.

I like this picture, even though the preservation quality of the negatives is bad. The aim of this work, you’ve understood it, is not to show the most “beautiful” possible photos.

fo-Ethiopie Wolisso 10.08.77a

Voici un autre aperçu de la localité. Je passe une nuit au Wolisso Hotel, puis j’attends un autocar pour rentrer à Addis. Je constate alors que tous les bus qui passent sont bondés et qu’ils ne peuvent prendre de passagers supplémentaires. Je finis tout de même par trouver enfin une place dans un autocar et je m’installe au fond avec soulagement. Mais le véhicule ne part pas. Au bout d’un moment, un militaire monte, se fraye un passage jusqu’à moi et me dit : « Il paraît que vous transportez des armes ». Je lui montre mes articles de Wolisso. Il me demande pourquoi j’ai acheté cela, ce que je veux en faire, etc. Au bout d’un moment de palabres, c’est bon, je peux partir avec mes objets et le bus démarre. Ouf, je craignais qu’on me fasse descendre et que l’autocar parte sans moi. Je rejoins la capitale sans autre encombre. Ce regard sur l’Afrique profonde aura été une expérience intéressante et ne m’aura laissé que de bons souvenirs.

Here is another view of the locality. I spend a night at the Wolisso Hotel, and on the following day I look for a coach to come back to Addis. I realize then that all the buses which go through Wolisso are crowded and can’t take other passengers. Eventually I find a seat in a coach and I sit down at the back with relief. But the vehicle doesn’t go. After a while, a serviceman gets in, elbows his way to me and says: ‘I’ve been told you’re carrying weapons’. I take out my Wolisso objects. He asks me why I bought these things, what for, etc. After a moment’s discussion, it’s allright, I can go with my curios and the coach starts. Phew! I feared they made me get off and the bus went without me. I get back to Addis without any other hitch. This dip into deep Africa will eventually have been an interesting experience and will only have left me good memories.

fpS8-Ethiopie Addis-Abeba Municipalité 14.08.77-

De chez Rémi et Yveline, on a aussi, à l’autre bout de l’avenue Churchill, une belle vue sur la Municipalité toute proche (14 août).

From Rémi and Yveline’s flat, looking toward the other end of Churchill Avenue, one has a good view of the very close Municipality as well (14 Aug.).

fr-Ethiopie Addis-Abeba Manif.Av.Churchill 24.08.77a

Les services culturels de l’Ambassade de France me nomment comme professeur à l’Alliance française du 15 août au 9 septembre. Je travaillerai les lundis, mercredis et vendredis de 10h à 12h, de 15 h à 17 h et de 18h 30 à 20h 30, avec trois groupes d’élèves. Cela ne me déplaît pas car je vais être occupé tout en gardant beaucoup de temps libre, et je pourrai peut-être repartir ensuite pour un court voyage de vacances. Je sollicite donc une autorisation pour me rendre au Kenya et aux Seychelles après le 9 septembre. J’écris à ma famille le 22 août: « Il est probable maintenant que je ne remettrai plus les pieds à Harrar: l’aéroport de Diré a été endommagé par les bombardements et est inutilisable. Il n’y a plus non plus de trains ni de routes. A Harrar et Diré, plus de téléphone, plus d’eau, plus d’électricité, plus de poste, et les chars somalis à la porte. Le Camp Français est rapatrié, mais le capitaine Rigot, le major Giquel et leurs familles sont coincés et réfugiés au Consulat de Diré. C’est tout dire. (…) Malgré la mobilisation décrétée par Mengistu, le calme règne dans les rues d’Addis Abéba ». Les cours à l’Alliance me plaisent bien, j’ai des élèves adultes, Ethiopiens et étrangers de diverses nationalités, et j’utilise des méthodes audio-visuelles, auxquelles je suis accoutumé maintenant. Les locaux de L’Alliance française sont situés rue Wavel, à l’ouest du haut de l’avenue Churchill. Je m’y rends à pied. Presque tous les après-midi en cette saison, il pleut. Parfois, le vacarme de la pluie ou de la grêle sur la toiture de tôle ondulée de l’établissement empêche de s’entendre et je dois donner des exercices écrits aux élèves. Un jour, peu après un cours du soir, alors que je sors du bâtiment, une élève qui se dirige vers sa voiture me demande où je suis garé. Je lui réponds en un amharique approximatif : «Ene makina, umbrella no» (ma voiture, c’est mon parapluie). Elle me dira plus tard qu’elle a aimé cette réponse, qu’elle a trouvée « très africaine ». L’Alliance organise deux projections de films par semaine; je m’y rends, c’est une distraction. J’ai l’occasion de donner des cours particuliers de français à un médecin occupant un poste important à l’Organisation Mondiale de la Santé et séjournant cette année à Addis. Je commence donc à travailler avec lui, environ six heures par semaine. En cette fin août, je retrouve mon camarade coopérant Jean-Noël B. et nous commençons une amitié qui ne s’est jamais démentie depuis. Il dispose d’une voiture et nous faisons de petites sorties ensemble.

Le 24 août, j’observe une manifestation de rue depuis mes fenêtres (ci-dessus). Ces défilés peu spontanés, sous couvert d’un motif patriotique, sont des occasions pour le pouvoir de mobiliser la population en faveur du régime.                                  EPISODE 12 

I’m appointed teacher at the Alliance française by the cultural services of the French Embassy, from the 15th of August to the 9th of September. I’ll work on Mondays, Wednesdays and Fridays from 10 AM to 12, 3 to 5 PM and 6. 30 to 8. 30 PM, with three groups of students. I’m pleased for I’ll have something interesting to do, with plenty of spare time, and I’ll perhaps be able to go for a short trip during a holiday afterwards. So I ask permission for a leave to go to Kenya and Seychelles after the 9th of September. I write to my family on the 22nd of August: ‘I’m likely never to go to Harar again: Dire airport has been damaged by bombing and is unusable. There are no more trains and roads, either. In Harar and Dire, no more telephone, water, electricity, mail, and the Somalian tanks are at the gates. The French Camp is repatriated, but captain Rigot, chief warrant officer Giquel and their families have taken refuge and are stuck in Dire Consulate. No more comments required. (…) Despite the mobilization ordered by Mengistu, Addis Ababa streets are quiet.’ I like my classes at the Alliance, my students are adults – Ethiopians and foreigners from diverse nationalities – and I use audio-visual methods, which I’m used to now. The Alliance française premises are situated in Wavel street, west from the upper part of Churchill Avenue. I go there on foot. It rains nearly every afternoon in this season. Sometimes the rain or hail makes such a din on the corrugated iron roof of the establishment that we can’t hear anything else and I have to give the students written exercises. Once, after an evening class, as I’m going out of the building, a student who is heading for her car asks me where I have parked. I answer her in slightly broken Amharic: ‘Ene makina, umbrella no’ (my umbrella is my car). Later, she will tell me she liked this reply, which she found ‘very African’. The Alliance organizes two film showings a week; I attend them for it’s a distraction. I’ve the opportunity to give private tuition in French to a doctor occupying an important post at the World Health Organization and staying this year in Addis. So I start working with him, about six hours a week. During this end of August, I meet up with Jean-Noël B. again, a mate serving on Voluntary Service Overseas as well, and we strike up a friendship that has never failed since that time. He has a car and we do small outings with it together.

On the 24th of August, I can observe a demonstration in the street out of my window. Those not very spontaneous marches, under cover of a patriotic motive, are opportunities for the government to call up the population in favour of the system.                    PART 12

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8 Responses to EPISODE / PART 11

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  5. MARICEL says:

    J’aime cette page qui met l’accent sur ton esprit aventurier et montre clairement que dans cette région du monde les évènements ne sont jamais écrits d’avance.

  6. BRUNELIN Rémi says:

    Cet épisode correspond au moment où nous étions Yveline et moi en France pour les vacances (début août à fin septembre) et où Hubert occupait l’appart de la Churchill.
    Une photo, prise d’une de nos fenêtres, le 24 août, où l’on voit une manifestation de masse (officielle, pour ne pas dire obligatoire), m’incite à revenir sur les évènements des derniers mois. Cette manifestation correspond à un moment crucial de la vie politique de l’Ethiopie.La levée en masse avait été décrétée pour repousser les Somaliens (des médias ont même annoncé pendant l’été la chute d’Harar, ce qui était faux), le Meison (mouvement de la « gauche » civile qui soutenait jusque là le nouveau régime,estimant qu’une période de transition était nécessaire à la formation des masses avant de créer le parti révolutionnaire de masse qui dirigerait le pays ; cette différence d’analyse avec l’EPRP provoqua une quasi guerre civile et un nombre d’assassinats impressionnant, ce que R.Lefort nomme une « extermination réciproque »), le Meison donc, venant d’abandonner son soutien critique au Derg, était devenu illégal et avait rejoint comme ses ennemis de l’EPRP la clandestinité. Plusieurs de leurs dirigeants furent arrêtés, emprisonnés et exécutés dans les derniers jours d’Août. Il faut surtout parler des évènements épouvantables qui eurent lieu lors de ce 1er mai où des milliers d’étudiants manifestèrent dès le 29 avril (puis le 1er mai), en réclamant la liberté et un gouvernement populaire.Les milices levées dans les campagnes (comme on l’a décrit plus haut) les massacrèrent à la mitrailleuse ; des rafles eurent lieu, suivies d’exécutions sommaires.On pense que 2000 jeunes, l’élite de la jeunesse éthiopienne, fut décimée en ces quelques jours.Comble de l’horreur : les cadavres n’étaient rendus aux familles que contre le remboursement des balles ! Début juin, des exécutions de plusieurs centaines d’étudiants eurent encore lieu. La « Terreur rouge » portait bien son nom… On voit par là que la rentrée scolaire de septembre s’annonçait sous de tristes auspices.

    à suivre après épisode 17

  7. Tes précisions sur l’histoire de la période, Rémi, sont précieuses et complètent mon compte-rendu dans lequel je me suis limité à l’approche descriptive d’un témoin présentant un carnet de voyages et la chronique d’un résident.

  8. BRUNELIN Rémi says:

    Avant d’en venir à notre deuxième année à Addis, je juge utile d’apporter des précisions concernant les évènements « épouvantables » évoqués plus haut.Dans une lettre à ma famille du 6 mai 77 (la dernière retrouvée de cette 1ère année,dans la liasse), j’écrivais : « Le week end du 1er mai a été sanglant (« St Barthélémy à Addis Abeba » a dit France Inter).Probablement un millier d’étudiants et de lycéens ont été assassinés vendredi soir, veille du 1er mai, dans plusieurs quartiers d’Addis.Nous avons entendu des coups de feu mais n’avons rien vu.Il y aurait eu plusieurs manifestations sporadiques mais il semble que militaires et miliciens étaient prévenus.Ca a été un carnage et, au lieu de procéder aux arrestations habituelles, ils ont exécuté tout le monde sur place.[…]Ils ont aussi décidé de frapper un grand coup en Erythrée et de préparer une marche rouge.On voit arriver des centaines et des centaines de camions avec des milliers de gens venant des provinces qu’on va armer et entraîner avant de les envoyer au massacre. » Bonjour l’ambiance ! Comme toujours, cela n’empêche pas sorties au restaurant ou à l’Alliance française pour voir de bons classiques du cinéma français. Est-ce à cette même période ,en rentrant un soir (pas très tard pourtant), en voiture, de l’Alliance (dont nous n’étions pas très éloignés) que nous avons eu le plus grand mal à accéder à notre immeuble, le quartier étant complètement bouclé par les kébélés ? Toutes les rues y conduisant étaient obstruées par des barrages. On a supposé qu’ils cherchaient encore à mettre la main sur des caches d’armes de l’EPRP ou même sur des militants clandestins de ce mouvement.Il m’a fallu, après qu’on ait essayé toutes les possibilités pour se rapprocher de l’entrée de l’immeuble, sortir de la voiture et expliquer que nous aimerions bien rentrer chez nous à un responsable qui semblait comprendre mon anglais un peu moins rudimentaire que le sien…Il nous y autorisa mais Yveline a roulé très lentement, plafonnier allumé, pour qu’on ne nous prenne pas pour des contre- révolutionnaires tentant une « sortie »…

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