EPISODE / PART 18

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 18 : Le Choa au début de Nov.1977

Part 18 : The Shoa at the beginning of Nov.1977

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

En ce mois d’octobre, j’ai dû me faire à l’idée de ne plus retourner au Hararghe et je suis parvenu à organiser ma seconde année scolaire en Ethiopie, que je vais passer à Addis. Deux points ne sont toutefois pas réglés: le logement et la récupération de mes affaires restées à Harrar. La saison des pluies devrait être terminée, « le temps est assez ensoleillé, mais pas si beau qu’il devrait l’être en cette saison. (…) La situation est calme ici. L’approvisionnement en essence s’améliore et la circulation reprend de la vigueur [22 oct.] ». En fin de mois, de nouvelles fortes pluies s’abattent sur Addis. Un feu de bois réchauffe la villa des camarades chez qui je séjourne. J’écris le 5 nov. que « la situation reste calme; les militaires sont armés jusqu’aux dents et contrôlent bien la ville, sinon le pays entier. (…) La situation à Harrar et Diré est tout à fait rétablie et les Somaliens sont repoussés. (…) Des coopérants vont partir pour l’Alliance de Diré prochainement. Ils essaieront de me faire revenir ma malle. Pour le logement, c’est toujours au point mort. Je vais peut-être rester où je suis ».

In this month of October, I had to accept the idea of not returning to Hararghe any more, and I managed to organize my second school year in Ethiopia, which I am to spend in Addis. Two points are not sorted out yet, though: a permanent place to live in, and recovering my belongings I left in Harar. The rainy season should be over, ‘the weather is rather sunny, but not as fine as it should be in this season. (…) The situation is quiet here. Supplying of petrol is getting better and the traffic is more active again [22 Oct.]’. At the end of the month, heavy rains occur again in Addis. A wood fire heats my companions’ detached house I’m staying in. I write on th 5th of Nov. that ‘the situation remains quiet; the servicemen are armed to the teeth and control the town well, if not the whole country. (…) The situation in Harar and Dire is quite restored and the Somalians are driven back. (…) Some people serving on Voluntary Service Overseas are going to Dire [Dawa] Alliance française soon. They will try to bring back my trunk. About a place to live in, there is nothing new. Perhaps I’ll stay where I am’.

ih-Ethiopie Addis-Abeba Mercato 05.11.77-

ii-Ethiopie Addis-Abeba Mercato 05.11.77-

ij-Ethiopie Addis-Abeba Mercato 05.11.77-

Le matin du sam. 5 nov., Jean-Noël m’emmène faire un tour en ville avec sa voiture. Voici ci-dessus trois images du Mercato (v. aussi Episode 1).

On Sat. 5 Nov., Jean-Noël takes me for a drive into town. Here are three photos of the Mercato (see also Part 1).

ik-Ethiopie Addis-Abeba Africa Hall 05.11.77-

L’Africa Hall est le siège de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (C.E.A.). L’édifice se situe Avenue Ménélik II, près de la place Maskal (5 nov.).

Africa Hall is the seat of the Economic Commission for Africa (ECA) of the United Nations. The edifice is situated in Menelik II Street, near Maskal Square (5 Nov.).

im-Ethiopie Debre Zeit 06.11.77-

A cause de la situation troublée du pays, nos excursions en voiture se limitent maintenant aux parties du Choa (la province d’Addis) les plus proches de la capitale. Le dimanche 6 nov., toujours grâce à Jean-Noël et en sa compagnie, je retourne à Debré-Zeit, que j’avais découvert le 15 janvier précédent (v.Episode 5). La petite ville se situe à une courte heure de voiture de la Nouvelle Fleur, et compte plusieurs jolis lacs d’origine volcanique.

Because of the troubled situation in the country, our excursions by car are now limited to the parts of Shoa -or Shewa – (Addis province) that are the closest to the capital city. On Sunday 6 Nov., thanks to Jean-Noël again, and with him, I go to Debre Zeit again, that I had already seen on the last 15th of January (see Part 5). The small town is located hardly an hour’s drive from the New Flower, and has several pretty lakes of volcanic origin.

il-Ethiopie Debre Zeit 06.11.77-

  Je pose ici devant le même petit plan d’eau que celui de la vue précédente.

I’m posing here in front of the same little stretch of water as the one in the previous picture.

in-Ethiopie Debre Zeit 06.11.77-

Cet autre lac est nettement plus grand et possède un bel arrière-plan typiquement africain. Voir aussi l’Episode 20.

This other lake is clearly larger and owns a fine typically African background. See also Part 20.

io-Ethiopie Debre Zeit 06.11.77-

Une autre vue similaire. L’altitude de Debré-Zeit (1900 m environ), plus basse que celle d’Addis, lui donne un climat plus chaud et plus sec que celui de la capitale.

Another similar view. Debre Zeit altitude, about 1900 m above sea level, lower than Addis’s, gives it a warmer and drier climate than the capital’s.

ip-Ethiopie Entotto Egl.Biet Elias 13.11.77-

La chance me sourit pendant la semaine suivante. J’écris le 14 nov.: « Samedi 12, j’ai fêté avec trois amis, au Cottage [un bon restaurant d’Addis], une coïncidence d’heureux événements: d’abord, c’était l’anniversaire de mon arrivée en Ethiopie (…). Ensuite, depuis quelques jours, je me suis installé définitivement [comme colocataire] chez une prof du lycée Franco-Ethiopien, Marie-Josée S., dans un grand appart très bien, tout meublé, situé sur les Champs-Elysées d’Addis, l’avenue Churchill, en face du lycée Guebre Mariam. De plus, un copain qui est allé à Diré-Daoua en voiture en a profité pour me prendre ma malle au Consulat et me la ramener le 12 novembre. J’ai retrouvé mes affaires avec joie, notamment le poste radio-cassette ». Je suppose que c’est le Camp Français qui en accord avec l’Académie Militaire de Harrar, a effectué cette récupération et a transporté ma malle au Consulat. Une fois de plus, je dois remercier les hommes du Camp pour tout ce qu’ils ont fait pour Jean-Luc et pour moi, jusqu’à ce dernier service presque “posthume”. Un des fils de Mme Demeketch, notre mamité de Harrar, rencontré par hasard dans une rue d’Addis, me confirmera que sa famille a récupéré et conservé les objets plus volumineux – la bouteille de gaz, le filtre à eau, de petits meubles, décorations et autres articles – en guise de “prime de licenciement”. « Hier dimanche [13 nov.], je suis allé avec des amis voir les églises d’Entoto, un peu au nord d’Addis, à 3000 m d’altitude. Jean-Noël, qui a une Fiat 127 verte, s’en sert comme d’une Land Rover, et nous allons partout ». Entoto est un haut lieu religieux et compte plusieurs sanctuaires. Ci-dessus, c’est Biet Elias, église au style éthiopien caractéristique, avec son plan en octogone régulier.

Luck favours me during the next week. I write on Nov. 14: ‘On Saturday, the 12th, I celebrated with three friends, at the Cottage [a good restaurant in Addis], a coincidence of happy events: first, it was the anniversary of my arrival in Ethiopia (…). Then, I moved in for good a few days ago [as a fellow tenant] with Marie-Josée S., a teacher working at the Franco-Ethiopian highschool, in a very nice large flat, fully furnished, situated on Addis Champs-Elysées, Churchill Avenue, in front of Guebre Mariam highschool. Besides, a mate who went to Dire Dawa by car managed to take my trunk from the Consulate and to bring it back to me on the 12th of November. I have recovered my belongings with pleasure, especially the radio recorder.’ I suppose that the French Camp men, with the Harar Military Academy permission, picked up my things and transported my trunk to the Consulate. Once more, I must thank the Camp servicemen for everything they did for Jean-Luc and me, up to that almost ‘posthumous’ last favour. Once, in Addis, I came across one of Mrs Demeketch’s sons, and he confirmed to me that our former mamite in Harar and her family recovered and kept the bulkier objects – the gas cylinder, the water filter, small pieces of furniture, decorations and other things – by way of a “dismissal allowance”. ‘ Yesterday, on Sunday [13 Nov.], I went with friends to see Entoto churches, a little north from Addis, about 3000 m above sea level. Jean-Noël, who has a green Fiat 127 car, uses it as a Land Rover, and we go everywhere.’ Entoto is considered a holy place and owns several sanctuaries. Above, you can see Biet Elias, a typically Ethiopian-styled church, with its octagon-shaped plan.

ir-Ethiopie Entotto Egl.Biet Elias 13.11.77-

Une autre vue du même édifice. Voir aussi l’Episode 20.

Another view of the same edifice. See also Part 20.

is-Ethiopie Entotto 13.11.77-

Nous rencontrons ces enfants qui nous laissent les photographier. L’un d’entre eux se reconnaîtra t-il un jour sur ce cliché? Remarquer à l’arrière-plan le paysage ouvert de ces hauts plateaux au climat relativement rude.

We meet these children who allow us to take this picture. Will one of them recognize themselves in this snapshot some day? Notice in the background the open landscape of these high plateaus which know a relatively tough climate.

it-Ethiopie Entotto Vue s.Addis-Abeba 13.11.77-

Depuis Entoto, on a un beau panorama éloigné sur Addis.

From Entoto, one has a fine view of Addis, albeit a little far-off.

iu-Ethiopie Timbres Anniv.Révol.Octobre 15.11.77-

Le 15 novembre, en allant chercher mon courrier à la poste, j’achète cette enveloppe philatélique “premier jour” comme souvenir des temps. Le pays vit des heures historiques et parfois dramatiques, mais je suis parvenu de mon côté à m’installer complètement et à bien m’intégrer. Mon existence à Addis est agréable maintenant et ma situation est enviable.                               EPISODE 19 

On the 15th of November, as I go to the post office to take my mail, I buy this philatelic “first day of issue” envelope, as a memento of the times. The country is experiencing historic and sometimes tragic hours, but as for me, I managed to settle down completely and to become integrated. My life in Addis is pleasant now and my situation is enviable.                                PART 19

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14 Responses to EPISODE / PART 18

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  7. HT. a écrit à J.Y.C. le 03.06.2012: “Au sujet du travail en Ethiopie, quand je suis arrivé fin 1976, le Derg avait la situation intérieure bien en main (au prix d’une féroce répression), et en fait l’enseignement du français à Harrar puis à Addis l’année suivante était bien organisé. Certes le rythme était nettement plus “cool” qu’en France, mais j’ai quand même pas mal travaillé. J’ai eu des vacances dont j’ai bien profité, mais les périodes d’enseignement étaient faites sérieusement. Les accords de coopération passés du temps de Hailé Sélassié étaient encore en vigueur et exécutés, sur l’époque 1976-78. C’est vrai que le “sens” et la place du français en Ethiopie commençaient à poser des questions. Il est arrivé que l’on me dise sans ambages que le pays avait besoin de médecins et d’ingénieurs, p-ê de profs d’anglais, mais pas de profs de français. P-ê que j’aurais dû développer tous ces points dans mon travail? C’est vrai que je me suis limité à l’approche descriptive d’un chroniqueur ou du rédacteur d’un carnet de voyages. Ce que j’ai fait est une sorte de soigneuse “première pression à froid”, mais je pourrais faire plus et mieux avec des conseils, questions et critiques. C’est ce qui me manque: je reçois pas mal de visites sur site (bientôt 10.000) mais très peu de réactions.”
    Jean-Yves C. a écrit le 09.06.2012: “Ouf tu as enfin récupéré ta malle et sa précieuse radio. C’est formidable que ta mamité ait eu la présence d’esprit de s’octroyer une prime de licenciement en sauvant des shiftas [bandits] tes meubles et la bouteille de gaz!… J’étais plus fou que toi… j’avais un piano tout neuf dans mon appartement de l’avenue Haïlé Sélassié Premier. Je le louais au mois au chef de musique arménien, fournisseur de Sa Majesté et des fanfares du pays. Gràce aux Italiens encore très nombreux avant la débandade provoquée par le coup d’état, j’avais une liasse de partitions simplifiées (réécrites pour les petites mains des enfants.) Quand les hordes armées de bâtons se sont mises à remonter chaque jour l’avenue, j’ai exfiltré l’instrument. Ma propriétaire italienne moustachue (elle avait suivi les incitations du Duce pour s’installer là) devait fermer son épicerie. Gràce à elle, j’avais toujours de petits fromages: elle pouffait de rire en me présentant les “couis”, deux boulettes de fromage liées par une ficelle… comme les trophées arborés au poignet des Danakils. Pour en revenir à tes photos du mercato, je reconnais les cafetières falashas en terre cuite: je revois Workoua ma seconde mamité faisant griller dans le couvercle d’une boîte à cirage une poignée de café vert qu’elle pilait avec deux clous de girofle. Après avoir versé la poudre par le col de la cafetière, puis l’eau, elle prenait quelques braises pour mettre dans le brûle-encens . La cafetière était posée sur le canoun, à genoux elle éventait les braises: les odeurs du café, du girofle, de l’encens et du benjoin se mariaient tandis qu’elle mettait une touffe de crin de cheval pour filtrer avant de verser le moka dans de minuscules tasses. Il fallait en boire trois tasses à la suite. Ta photo de L’Africa Hall montre l’ambition politique de L’Empereur. As-tu vu à l’intérieur le grand vitrail d’Aféwork Téklé? Dernière image parlante pour moi: les hauteurs d’Entoto: les eucalyptus, les champs de tef, les cailloux. J’aimais beaucoup la route de Debré Libanos et Ambo. Un soir, j’étais en méhari sur cette route. La voiture de l’empereur m’a doublé (en Bentley). Le petit chien papillon était sur la plage arrière. Deux km plus loin la voiture était arrêtée, le Négus et ses deux chiens prenaient le frais. Nos yeux se sont croisés. Je revois ce tout petit homme dans sa cape noire… Certains faisaient courir le bruit que les chiens papillons qui accompagnaient Janhoy étaient des démons!?!?… Fin du commentaire: JYJ.”
    HT. a répondu le 09.06.2012: “Vraiment, c’est génial et tout à fait inespéré pour moi, Jean-Yves, de recevoir ainsi tes contributions et commentaires si intéressants et si fournis. J’ai eu en effet assez peu de retours de lecture avant toi. A nous deux, on pourrait faire un bouquin bien plus complet et précieux. L’épisode 19 est aux lacs du Rift, puis tu retrouveras le Choa et la situation politique de plus en plus tendue à Addis. Les photos de cette série ont de drôles de couleurs, mais j’ai pu recommencer leur numérisation et je détiens maintenant de meilleures versions.
    Encore mille mercis, Jean-Yves, tout ce que tu fais est un grand encouragement.”

  8. Rémi Brunelin a écrit le 30.08.2012: “Pendant qu’Hubert s’installait définitivement à Addis, je reprenais mes activités professionnelles. Je fus nommé professeur de français à l’Ecole Normale Supérieure de Français d’Addis, sise dans les mêmes locaux que la Mission de Coopération, fort dégarnie quand la rentrée fut venue, la plupart de ses « conseillers » étant partis sous d’autres cieux, en particulier notre ami Jean-Yves C. , en poste désormais au Yémen et chez lequel Hubert passera les vacances de Pâques 78 à Sanaa.Ce local était surnommé entre nous l’ « hôpital italien », fonction que le bâtiment avait dû remplir lors de la courte occupation italienne.Nous n’étions que 4 profs (dont un Ethiopien de la Mission de Coopération pour les cours d’Amharique), sous la direction de Mr M. Il fallait bien un supérieur hiérarchique pour veiller au bon fonctionnement de ce prestigieux établissement qui avait la vocation de former des générations d’enseignants éthiopiens (en Français, bien sûr, mais aussi en Amharique) destinés à éduquer les masses (dans le bon sens du terme) dans les villes et les campagnes et dans les 2 langues, s’il vous plaît ! Vous voyez tout de suite ce qui cloche ? Vous ne suivez pas ? Le français bien sûr ! Nos étudiants savaient que jamais ils n’auraient l’occasion d’enseigner la langue de Molière dans les contrées reculées de l’ex-empire ! Pourtant, la plupart avaient fait leur scolarité au Lycée Franco-Ethiopien, juste à côté, et étaient francophones. Une classe cependant était composée de non francophones. Beaucoup de ces étudiants étaient alléchés par une bourse qui leur permettait de vivre et faire vivre sans doute leurs familles.Ce privilège les rendait peu sensibles à manifester leur ardeur révolutionnaire sous la forme de grèves intempestives (même s’ils n’en pensaient pas moins !) car ils craignaient , comme ils nous l’avaient dit innocemment, ignorant le sens figuré du terme, qu’on ne leur coupe les « bourses »… Il faut bien dire qu’ils étaient très gentils, assez tristes (et on les comprenait vu l’abîme sanglant dans lequel leur pays, dont ils étaient fiers, s’enfonçait) et compatissants à mon égard… Durant toute cette année 77/78, les cours se passèrent plutôt bien mais je doute que mon passage dans leur formation ait pu leur être d’une quelconque utilité. J’essayais de leur faire passer quelques rudiments de littérature française au moins pour perfectionner leur français .Je ne crois pas être allé jusqu’à évoquer « La Princesse de Clèves » ! Je me souviens leur avoir fait étudier « La mauvaise réputation » de Brassens dans le labo de langue ; j’avais visé bien trop haut, même pour des francophones.Erreur de débutant ! Je glanais ici et là des textes issus de la littérature, de polars ( des passages de Simenon qui n’était pas trop difficile), d’essais politiques.La secrétaire (quel luxe ! un labo, 2 secrétaires etc) les tapait puis les reproduisait.Le succès était rarement au rendez vous… Les meilleurs moments étaient ceux où nous parlions de la situation.Ils avaient visiblement confiance en moi et me confiaient leur angoisse de l’avenir.Cela se faisait à l’occasion d’un fait grave survenu dans la capitale ou touchant l’un de leurs proches, quelquefois eux-mêmes.Un jour où je leur dis, scandalisé, que le petit garçon d’une dizaine d’années de ma « mamitée » (chargée des tâches ménagères, des courses, de la cuisine), avait été enlevé ainsi que plusieurs de ses petits camarades à la sortie de l’école la veille au soir (la pauvre était en larmes le matin en arrivant chez nous) et qu’on les avait gardés la nuit pour un peu d’éducation politique, ils m’avouèrent que cela leur arrivait fréquemment aussi, ce qui expliquait leur fatigue, leur peu de motivation certains jours.Certains, à rééduquer d’urgence sans doute, y avaient droit chaque soir.Ils ânonaient des slogans une partie de la nuit avant qu’on les laisse retourner à leurs chères études. Nous avons eu de fréquents débats sur la politique et sur le sens qu’on pouvait attribuer à des mots comme République, Démocratie, Liberté, dans leur pays et dans le mien.J’ai eu l’occasion de leur donner quelques rudiments de la vie politique française avec ses partis, ses débats,ses élections, sa presse, sa constitution. Certes, je sortais quelque peu du rôle qui m’était dévolu et je rompais avec mon obligation de réserve mais, après tout, cela semblait les intéresser (à moins que cela soit pour eux l’occasion de ne pas travailler vraiment) ; et puis ne faisait-on pas de l’expression orale en français, ce qui rentrait bien dans mon cahier des charges ? Un de mes étudiants, un peu plus âgé que ses condisciples, plus mûr en tout cas et qui m’avait observé plusieurs séances avant d’accepter de participer un peu lui aussi, disparût du jour au lendemain, sans qu’on n’ait plus jamais de ses nouvelles. Au bout de quelques séances d’absence, comme je demandais chaque jour de ses nouvelles, on me fit comprendre qu’il ne reviendrait plus et qu’il avait choisi la clandestinité.Cela ne me surprit pas.Il appartenait probablement à l’EPRP.J’espère qu’il s’en est sorti et que ses camarades ne m’avaient pas menti plutôt que de m’avouer son arrestation ou pire encore, ce qui n’aurait rien eu d’exceptionnel.

  9. BRUNELIN Rémi says:

    Une lettre du 24 novembre 77 me permet de mieux évaluer le niveau de mes élèves à l’ENSF (Ecole Normale Supérieure de Français) où je “sévissais” depuis la rentrée 77. « Quand je disais qu’à l’EN le niveau était assez élevé, c’était en comparaison des lycées éthiopiens.Les 2ème A et les 3ème [ ??] sont même assez médiocres [terme bien humiliant dont je me repends aujourd’hui !].Il faut toujours chercher des textes faciles.Ils ont beaucoup de mal à passer à l’écrit car ils ont surtout fait de l’audiovisuel jusqu’à présent. » Je ne parlais pas des francophones avec lesquels j’étudiais au même moment des extraits de « La vie devant soi » de Gary-Ajar !

  10. Jean-Yves C. a écrit le 03.12.2012: “L’armée des moines. Après le col d’Entoto une petite route goudronnée file au nord-est sur un plateau caillouteux jusqu’à la falaise de DEBRE LIBANOS, quelques dizaines de kilomètres plus loin. Le creux de la faille abriterait grottes d’ermites, de fous et de prophètes ainsi qu’un grand monastère de moines coptes, gardiens de manuscrits et d’icônes. Des artisans y taillent des croix manuelles d’albâtre rose. J’arrête la Méhari presque à l’aplomb de l’abîme rocheux. Me voilà encerclé d’une immense troupe de singes cynocéphales (les GELADAS). Les gros mâles à crinière léonine flottant dans le vent semblent redoutables. Il marchent appuyés sur les mains comme les gorilles. Assis, immobiles sentinelles, ils bâillent face au soleil, exhibant une mâchoire aux canines de 5 cm pour effrayer les rivaux et soumettre les femelles. S’ils font volte face, ils exposent un arrière train rouge vif gonflé comme un ballon. Des mères, petits soit au dos, soit au ventre rôdent, sautent de roche en roche. Certains délurés plongent dans le vide vers des buissons en contrebas. Comme ils se rapprochent de la Méhari, je lance des pierres pour les éloigner. L’exode est de courte durée, les cris déchirants s’apaisent. Ils se postent 50 mètres plus loin toujours vigilants. Ils attendent à cet endroit depuis la nuit des temps le coucher de soleil, scrutant l’horizon lointain. Je n’atteindrai jamais le sentier. Le couvent est protégé par des alliés invincibles. Les singes à crinière sont chez eux, ils ont gagné. Les guerriers de jadis, comme les soldats de parade d’aujourd’hui, se casquent volontiers de ces épaisses toison de cynocéphale… J’en trouverai une au mercato. Je la coifferai en France pour faire peur à mes nièces et neveux, j’étais changé alors en ogre. J’aimais de temps en temps retourner voir se coucher le soleil d’Ethiopie au milieu des géladas! JEAN-YVES”.
    HT. répond le 04.12.2012: “Excellente nouvelle anecdote colorée et pittoresque, de la part d’un voyageur intrépide, Jean-Yves! Je n’ai pas vu les géladas, mais leurs crinières étaient parfois portées en perruques dans les défilés. On voit un personnage ainsi coiffé à l’épisode 21.”

  11. Jean-Yves C. a écrit le 05.12.2012: “Taum! Lorsque la mamité arrivait avec retard et en grande tenue, elle me disait: “TAUM!” ce qui veut dire jeûne et abstinence (un tiers de l’année). Les jours Taum, elle était requise dans une des églises de la ville, car la liturgie éthiopienne est très ambulatoire. Comme je suis originaire de la Bretagne des Pardons, pèlerinages, rogations à travers champs et autres troménies, ma curiosité est en éveil. Les fêtes des saints et des anges sont nombreuses. Les noms de Michael, Giorgis, Guébré, Mariam reviennent dans toutes les familles. La dévotion aux anges a une importance plus que partout au monde sur les hautes terres. Les compagnies célestes semblent être le perpétuel recours d’un peuple de marcheurs exposé à tous les dangers. Attiré par les liturgies et rites séculaires, je cherche à participer à un office copte éthiopien en l’honneur de Saint Téklé Haïmanot. Ce dernier était un moine, célèbre pour avoir prêché toute sa vie, debout, appuyé sur une canne de prière, sa jambe inutilisée gisant à ses pieds. Cette icône de l’ermite en peau de bête est omniprésente dans les chapelles. Tôt le matin, je m’approche de l’église ronde en forme de Toukoul à galerie circulaire alignant des fresques où dominent de grands yeux protecteurs. Le toit rouillé porte une grande croix ajourée de fer blanc posée sur un carrousel cliquetant. Des femmes enveloppées dans leur shammas [vêtements amples de cotonnade blanche] glissent sous la galerie, se frottant aux icônes, frappant leur front enturbanné sur le mur écaillé. L’entrée est comme une goule noire gardée par un prêtre cerbère. [Celui-ci] aurait pour mission d’empêcher l’entrée des femmes impures sorties de couches ou en période régulière. Les prêtres portent des turbans blancs en trapèze. Ils semblent vraiment dissuasifs pour un voyeur étranger. Les faces austères portent barbe. Les saints mystères très sonores battent leur plein. Il faut traverser auparavant une cour des miracles. Tous les handicapés et mendiants du quartier entourent la hutte sacrée. “GUETOTCH! GUETOTCH! GUETOTCH!”. Des dizaines de petites mains se tendent, supplient, paumes ouvertes. Les voix gémissent des demandes. J’avance entre deux rangées d’infirmes montrant qui un moignon, qui des plaies sanglantes, qui des membres atrophiés. Certains par pénitence portent un rocher à l’épaule. Les regards sont insoutenables. La porte de l’église est comme la sortie de l’enfer. Cœur et esprit broyés, totalement impuissant devant cette marée de misère, j’entrevois le groupe serré des prêtres en dalmatiques de vives couleurs. Ils se courbent au rythme d’un gros tambour, levant ensemble les cannes de prière, inclinant les sistres qui cliquettent à l’unisson. Ajoutons l’encens généreux, les chandelles tremblantes, l’assistance mouvante, émouvante aussi. La cérémonie frôle la transe mystique! Saint Tekle Haïmanot, l’unijambiste, aidez-les, ils font “Taum “pour vous! Abstinence! jeûne ! pour le petit peuple, cela se conjuguera peu de mois après en famine et révoltes orchestrées qui feront s’écrouler l’antique équilibre des pouvoirs. JEAN-YVES.”

  12. Daniel MASSE says:

    Ce JYC , quel conteur , et quelle précision dans le vocabulaire ! J’attends un recueil de ses probables mémoires d’un séjour lointain dans ce pays si mystérieux ! Les photos sont très belles , merci à tous les deux , une collaboration réussie à poursuivre . DM

  13. Huberaime says:

    Jean-Yves Courant a écrit le 13.12.2012: “Memento des trois fois où j’ai vu le ROI des ROIS d’Ethiopie. Pièce en trois actes. Acte 1: En majesté, parmi la foule (octobre 1973). A peine débarqué à Addis et installé avenue Haïlé Sélassié, pas plus large que la rue Saint-Honoré à Paris, des soldats prennent position sur les trottoirs, la circulation est complètement coupée: L’empereur doit passer par là pour se rendre de l’Hôtel de Ville au palais de l’O.U.A: Visite d’Etat du Président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, autre Grand d’Afrique qui a magnifié le nègre, chanté la négritude, écrit Les Ethiopiques. Je suis aux premières loges, devant chez moi, pour apercevoir les deux héros. J’ignore tout du cérémonial, je patiente, la foule se fait de plus en plus dense, rétrécissant la chaussée. Des municipaux, armés de bâtons, les moulinent pour repousser les badauds; suit une compagnie de soldats en vert sombre plus dissuasifs. J’entends les sabots claqués sur le bitume. Les lanciers de la garde impériale approchent, tentant de maîtriser leurs chevaux nerveux. Ils sont impressionnants dans leur costume rutilant et vert, casqués d’une crinière de lion. Les montures semblent danser comme des chevaux de manège. Au centre du cortège, avec une extrème lenteur, glisse une limousine noire, grande calandre à l’anglaise, long capot arborant le fanion vert, jaune, rouge, chauffeur en casquette. A l’arrière, à droite, est assis le Président-Poète au côté du Monarque. Les youyous stridents s’hystérisent, les dos se courbent, un paysan se prosterne. La révérence est mêlée de crainte et d’espoir. Ne raconte-t-on pas que le potentat lance billets et pièces du char de l’état? Je vois deux visages impassibles, deux grands fronts dégarnis, des profils de médaille, la barbe grise du Négus… J’ai vu l’homme qui a bouleversé la Société des Nations en 1935 par un discours en français. Le cortège s’éloigne, l’avenue retourne à son rythme.
    Acte 2: En solitude (1974). A la tombée du jour, j’aimais passer le col d’Entoto et faire rouler la Méhari sur la route de Debré Libanos à la recherche des derniers rayons du grand astre. Le ciel s’embrase de tous les feux pour ce rendez-vous, l’énorme disque rouge plonge dans les épines en bas des falaises, crachant d’ultimes lueurs devant les géladas [singes cercopithèques] contemplatifs. Un soir, une voiture imposante, noire d’encre, calandre à statuette, me double. Au travers du nuage de poussière, je vois deux petits chiens “papillon King Charles” assis sur la plage arrière encadrant une tête chenue. Quelques kilomètres plus loin, le véhicule peu commun avance au pas et m’oblige à ralentir. Je vois qu’il suit au pas un petit homme en cape noire à col et fibules d’argent. Les chiens frétillent, jappent alentour. Je reconnais la célèbre silhouette, raide, comme corsetée. Pas un garde, pas d’accompagnateur! L’empereur marche vers le soleil couchant. Il me fixe, étonné, remonte dans sa voiture qui file droit devant. Moi aussi, je poursuis mon périple, vitesse 2CV. Peu après, en sens inverse, l’équipage impérial me croise: deux yeux perçants, nez bourbon, lèvres étroites et pincées. Malgré les deux toutous sautillants, j’ai vu passer le roi des solitudes.
    Acte 3: Face à son destin. “Ecce Homo” (1975 [il s’agit en fait de 1974]). Voici comment j’ai communié aux dernières Pâques libres de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié I, Roi des Rois d’Ethiopie, Lion de Juda… La nuit de “Fassika”, les Pâques éthiopiennes, j’avais choisi d’aller suivre l’office de la Résurrection à l’église de la Trinité (Beit Sélassié), construite en contrebas du Guébi, le grand cantonnement traditionnel, jouxtant le nouveau palais. J’y amenai deux invités de Paris, une jeune maman et sa fillette de 4 ans venues pour des vacances dépaysantes. Nous traversons une capitale déserte car les manifestations et contestations s’accumulent, les bouleversements ministériels s’additionnent. Le parvis est presque vide, le sanctuaire également. Nous pouvons nous asseoir au troisième rang de la nef basilicale, devant l’autel majeur. Des clercs en grand apparat liturgique s’appuient sur leurs cannes à pommeau, hautes comme des crosses épiscopales. Les turbans éclatent de blancheur. Tout à coup, tout le monde se dresse, tourné vers l’allée centrale. L’Empereur la remonte, lentement, avec solennité. Il est vêtu d’un costume à l’indienne immaculé, pantalon jodhpur serré aux mollets. Le visage est marmoréen, sans émotion, les yeux fascinent comme ceux d’un hypnotiseur. Le Patriarche de l’église autocéphale, Téwofilos, fige ses yeux verts sur les fidèles et s’arrête sur les cheveux blonds de Nadia. Tous ceux qui se pressent derrière le monarque sont fébriles. Je crois reconnaître le nouveau Premier ministre contesté Endalkatchew Makonnen. La Cour emplit maintenant l’édifice. L’Empereur est au premier rang devant nous, petite silhouette, cape aux épaules. Il reste debout calme et raide tandis que commencent les chants sacrés scandés par les balancements des corps et des sistres. A droite de l’autel deux grands mausolées jumeaux: l’un est le sarcophage de l’Itégué Mennen, l’impératrice défunte, l’autre attend Janhoy. L’Empereur prie devant son tombeau! Le temps ne coule plus, l’encens monte vers la voute, les prêtres chantent des oraisons d’une voix sépulcrale. L’assistance semble frappée de stupeur. Le potentat est là, mais le pouvoir lui échappe, rogné par mille et une ruses. L”Empereur donne le signal du départ et tel un prélat, remonte la nef, entouré d’une poignée de ministres et de fonctionnaires palatins. Il franchit le porche central et disparaît dans la nuit et dans le silence. Peu après, le Comité Révolutionnaire du Dergue mettra en prison et au secret tous ces dignitaires, leur illustre Maître et toute sa Famille… “Haïlé Sélassié Mout!” Je le jure sur la tête de “Force de la Trinité” et qu’il meure si je mens! J’ai vécu ce moment-là. Trente années plus tard, les restes de l’Empereur seront transférés dans son mausolée de l’église Sélassié. JYC “.
    HT. répond le 14.12.2012: “Merci Jean-Yves pour ces trois nouveaux témoignages de valeur. Tu as su à chaque fois être là au bon moment pour vivre des moments uniques. Arrivé en Ethiopie seulement en novembre 1976, je n’ai bien entendu rien connu de l’empereur. Tu devrais, cher Jean-Yves, t’atteler à la rédaction de tes mémoires de grand voyageur, en dix tomes, qui constitueraient un récit passionnant et hautement instructif.”

  14. Danièle Koreneff a écrit le 14.12.2012: “Cher Monsieur Tabutiaux, je viens de lire la page 18 de votre Grand Voyage et c’est sur ce chapitre que je souhaitais me manifester. Je suis Danièle, la maman de Nadia, la petite tête blonde sur qui s’est posé le regard aux yeux verts de TEWOFILOS à cette veillée de Pâques où tous les trois nous avons assisté à l’office à l’Eglise de la Trinité [A Addis]. Cette veillée de Pâques est restée marquée à jamais dans nos coeurs et dans nos mémoires, mais je dois aussi préciser que tout ce que nous aurons vécu dans ce merveilleux pays est inoubliable. Ma fille Nadia, bien que très jeune à l’époque, se souvient aussi de cette soirée qui avait commencé par une longue attente à l’extérieur au milieu de ces fidèles, puis comme dans le rite Orthodoxe Russe nous avions tourné en procession autour de l’église avant d’y rentrer et de nous avancer vers la nef. Des centaines de fidèles avaient couvert leurs épaules des grands ghabbis de coton blanc écru, les femmes en shamma tête couverte. Debout serrés les uns contre les autres, nous nous sommes retrouvés dans les premiers rangs de l’assemblée. Très forte odeur d’encens et les prières à mi-voix des participants faisaient comme un bruit de ruche ponctué par les prêtres qui frappaient le sol avec leurs bâtons. Soudain le silence s’est fait et la foule s’est retirée précipitamment sur les côtés pour laisser passer Tewofilos suivi de l’Empereur et de leur suite. Leur passage vers la nef était accompagné d’un regard impressionnant sur nous tous, voire inquisiteur et les fidèles se courbaient devant eux tête bien baissée au fur et a mesure de leur avancement. Nous avons fait de même, gardant toutefois les yeux dans les coins et essayant de capter des images uniques. Jean-Yves, plus habile que moi, avait pourtant réussi à remarquer les yeux verts. Sans aucun doute les trois “blancs” dont la petite fille blonde ont dû les intriguer car nous étions bien les seuls étrangers à participer à cette Pâques. La bénédiction se fit a coups de louche d’eau bénite que le prêtre puisait dans un grand seau et jetait sur l’assemblée à son grand bonheur. Etant dans les premiers rangs, nous fûmes copieusement arrosés. La sortie de l’Empereur se fit dans le même silence et respect que son entrée mais il disparut avant que qui que ce soit ne s’autorise à bouger. Il était très rare dans ces années-là de voir l’Empereur en public: le “vieux”, comme l’appelaient les Ethiopiens, était malade, critiqué, fragilisé par sa politique et nous ne pouvions l’apercevoir que dans sa voiture – tout au moins voyait-on une chevelure… une de ses sorties régulières consistant à aller donner à manger à ses lions en fin de journée. Voila le complément d’information que je souhaitais vous faire parvenir sur l’écrit de Jean Yves.”
    HT. répond le 16.12.2012: “Merci beaucoup pour ce témoignage précieux. Je suis très content quand quelqu’un se manifeste ici pour évoquer ces temps révolus”.

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