EPISODE / PART 20

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 20 : Le Choa au tournant de 1978

Part 20 : The Shoa at the turning of 1978

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

jh-Ethiopie Addis-Abéba Av.Churchill 27.11.77-

Après la belle excursion aux lacs du Rift éthiopien, je photographie, lors de la fin de semaine suivante, depuis l’appartement de Jean-Noël, en bas de l’Avenue Churchill, la perspective vers le nord et la Municipalité (Dim. 27 nov.). Je ne me souviens plus de la raison de l’attroupement. La qualité de conservation de cette série de négatifs est malheureusement mauvaise.

After the nice excursion to the Ethiopian Rift lakes, I photograph the view to the north and the Municipality, from Jean-Noël’s flat, at the bottom of Churchill Avenue, the next weekend (Sun. 27 Nov.). I don’t remember the reason of the gathering. I’m afraid the preservation quality of this series of negatives is bad.

ji-Ethiopie Entotto Egl.Biet Maryam 27.11.77-

Le même jour, je retourne à Entoto avec Jean-Noël. Nous visitons l’église Biet Maryam. Voir aussi l’Episode 18.

On the same day, I go to Entoto with Jean-Noël again. We visit Biet Maryam church. See also Part 18.

jj-Ethiopie Entotto Egl.Biet Maryam 27.11.77-

Une autre vue du même monument.

Another view of the same edifice.

A l’instar des conditions météo variables de cette saison sèche qui tarde à s’installer durablement, la situation politique du pays est assez changeante et incertaine. J’écris le 28 nov.: « J’ai entendu sur Radio France internationale que Harrar était tombé. Nous attendons confirmation. (…) On ne risque rien, mais il ne faut pas sortir à pied de nuit et il est prudent que les voitures soient rentrées à 23h 30 ». En fait, les Somaliens ne prendront heureusement jamais Harrar ni Diré-Daoua.

Je vais avoir des vacances du 10 déc. au 3 janvier. J’aimerais préparer un voyage mais les possibilités semblent limitées, et l’autorisation de me rendre au Yémen m’a été refusée. Je suis encore considéré comme “militaire” jusqu’au 31 décembre, et tout déplacement requiert normalement une permission. Cette fois, le grand beau temps plus stable est arrivé. « Tout de suite, Tana, notre mamité, qui a fini sa journée de travail, est sur le balcon et se chauffe au soleil [2 déc]». Le personnel de maison employé par les étrangers est considéré comme privilégié car mieux payé et travaillant dans de meilleures conditions, dans des logements agréables. Il n’est donc nullement étonnant que Tana ne soit pas pressée de rentrer chez elle après son travail. « La situation à Addis se maintient: calme mais tendue, avec quelques coups de feu nocturnes. Je me promène toujours le samedi soir avec Jean-Noël, mais on rentre plus tôt et “Addis Ababa by night” n’est plus ce qu’il était [7 déc.]». J’écris le 12 déc: « Le pays est envahi par les Russes et les gens de l’Est. [J’ai un monsieur russe comme élève à l’Alliance, mais il ne m’a pas dit ce qu’il faisait en Ethiopie.] Il y a 8 jours, j’ai été voir une expo de l’Allemagne de l’Est: intéressant de voir toutes sortes de matériels, qui pèchent par leur trop grande sobriété ». Le lundi 19 déc., je suis invité à un cocktail offert par une personnalité de l’Ambassade de France, à l’hôtel Hilton. Je m’y rends, bien entendu: cela ne se refuse pas et il n’y a pas tant de distractions à Addis. Je me souviens que j’y suis allé à pied, espérant que quelqu’un pourrait me ramener. Les 21 et 22 déc., je reçois deux paquets de France, « le tout en parfait état, avec beaucoup de démarches pour obtenir les trucs, mais finalement ça y est, et sans taxes (…), après avoir fait une vingtaine de bureaux à différents endroits d’Addis ».

Like the unsettled weather conditions in this dry season which is a long time coming, the political situation of the country is rather changeable and uncertain. I write on the 28th of Nov.: ‘I heard on Radio France internationale that Harar had fallen. We are waiting for confirmation. (…) We don’t risk anything, but we musn’t walk at night and cars should be back at 23. 30 PM.’ Actually, the Somalians will fortunately never take Harar nor Dire Dawa.

I’ll have a holiday from the 10th of Dec. to the 3rd of January. I’d like to prepare a trip but the possibilities seem limited, and my application for going to Yemen has been turned down. I’m still considered a “serviceman” till the 31st of December, and normally every trip requires permission. Now, more stable very fair weather has come. ‘Just now, Tana, our mamite, who has just finished her day’s work, is on the balcony and is warming herself in the sun [2 Dec.]’. The house staff employed by foreigners is considered privileged because better remunerated, and working in better conditions, in pleasant lodgings. So it’s not at all surprising that Tana is not impatient to get back home after her work. ‘The situation in Addis remains steady: quiet but tight, with a few shots at night. I still go for short drives with Jean-Noël on Saturday nights, but we get back earlier and “Addis Ababa by night” is no longer what it used to be. [7 Dec.)’. I write on the 12th of Dec.: ‘The country is invaded by Russians and people from the East. [One of my students at the Alliance is a Russian but he hasn’t told me what he is doing in Ethiopia.] Eight days ago, I went to see an exhibition about East Germany: interesting to see all sorts of equipment, which shows a too great sobriety’. On Monday Dec. 19, I’m invited to a cocktail party offered by a personality of the French Embassy, at Hilton Hotel. I go, of course: it’s not to be turned down and there are not so many distractions in Addis. I remember I preferred to walk, hoping someone would bring me back home. On Dec. 21 and 22, I receive two parcels from France, ‘everything in perfect condition, with a lot of steps to get the things, but eventually, it’s allright, and without any taxes (…), after going to a score of offices at several different places in Addis’.

jk-Ethiopie Debre Zeit 27.12.77-

Je passe le réveillon de Noël avec Jean-Noël, Rémi et Yveline, mais la fête est assombrie par un accident matériel qui s’est produit en fin d’après-midi: la petite Fiat verte est entrée en collision avec un taxi collectif et a dû passer la nuit immobilisée au milieu de la rue avec les clignotants allumés, avant de commencer un long séjour au garage. J’écris le 27 déc.: « Cela ne nous a pas empêchés de faire le programme prévu, à savoir dîner au Cottage, puis fin du réveillon chez moi, à nous quatre, dans l’appart duquel Marie-Josée est partie pour la France. (…) Hier, je me suis payé le luxe de louer une Fiat 126 (petit modèle de voiture) pour une semaine. Aujourd’hui, j’ai emmené Jean-Noël à Debré-Zeit où on a revu les jolis petits lacs et pris des photos. Il faisait un temps comme celui d’une magnifique journée de juillet en France, avec le coucher du soleil à 18h cependant ». Le matin du 27 décembre, je dois déposer au commissariat au sujet de l’accident de voiture, avant notre courte excursion. Il y aura d’ailleurs plus tard un procès à ce sujet et je devrai comparaître comme témoin. La convocation pour cette audience me sera apportée par la police pour signature, à l’Alliance, en plein cours!

I spend Christmas Eve night with Jean-Noël, Rémi and Yveline but the feast is darkened by a road accident – fortunately nobody has been injured -which happened at the end of the afternoon: the small green Fiat collided with a collective taxi and had to spend the night immobilized in the middle of the street with the warning lights on, before beginning a long stay in a garage. I write on Dec. 27: ‘It didn’t prevent us to do what we had planned: we had dinner at the Cottage, then the four of us finished Christmas Eve night at my place, in the flat Marie-Josée has left to go to France. (…) Yesterday, I offered myself the luxury of renting a Fiat 126 (small model of car) for a week. To-day, I took Jean-Noël to Debre Zeit where we saw the pretty small lakes again and took pictures. The weather made me think of a gorgeous July day in France, but with the sunset at 6 PM’. On Dec. 27 in the morning, I have to testify at the police station about the car accident, before our short excursion. There will be a lawsuit later about it and I’ll have to appear as a witness. The summoning to the hearing will be brought to me for signing at the Alliance by the police, during a class!

jl-Ethiopie Debre Zeit 27.12.77-

jm-Ethiopie Debre Zeit 27.12.77-

Voici donc à nouveau trois aperçus sur les beaux petits lacs de Debré-Zeit (voir aussi l’Episode 18).

So here are three views of the nice small Debre Zeit lakes again (see also Part 18).

jn-Ethiopie Près Debre Zeit 27.12.77-

Au retour, dans mon minuscule “pot de yaourt”, nous nous demandons si nous allons parvenir à rentrer à Addis car l’embrayage patine. Nous nous arrêtons pour voir ce que ces vendeurs proposent au bord de la route (ci-dessus). Les deux hommes m’autorisent à les prendre en photo mais je n’achète pas leur miel en rayons. J’ai regretté ensuite d’avoir manqué cette occasion de faire un geste sympathique et “solidaire”.

On our way back, in my tiny “yogurt jar”, we wonder whether we can reach Addis for the clutch is slipping. We stop to see what these sellers are offering at the road side (above). The two men don’t mind me photographing them, but I don’t purchase their honeycombs. Afterwards, I regretted having missed that opportunity to do a nice and “brotherly” gesture.

jo-Ethiopie Sabata 29.12.77-

Je profite de la liberté que me procure la petite voiture pour découvrir Sabata, modeste village situé à environ 25 km au sud-ouest de la capitale, dans un joli cadre boisé. Il y a un ruisseau, une cascade et une jolie vue (29 déc.). Voir aussi l’Episode 29.

I make the most of the freedom I get from the small car to see Sebata, a modest village situated about 25 km south-west from the capital city, in a pretty wooded setting. There is a brook, a waterfall and a fine view (29 Dec.). See also Part 29.

jp-Ethiopie Sabata 29.12.77-

Un autre aperçu de la verdoyante campagne de Sabata. Je passe les fêtes du Nouvel An agréablement avec mes amis. Ma période “militaire” est maintenant terminée (voir Annexe 10). « Cette année 77 s’est bien passée, a été riche en événements et a certainement été la meilleure de ma vie jusqu’à maintenant [4 janvier]». Je reprends donc le travail le 4 janv., et mon temps désormais bien réglé s’écoule rapidement. J’écris le 18 janvier: « Le gouvernement a annoncé la suppression de l’importation de quelque 1000 produits pour économiser les devises. On fait des provisions de conserves, lait en poudre, etc. (…) Il y a pas mal de coups de feu et d’exécutions de “réactionnaires” en ce moment ».

Another view of the green Sebata country. I spend New Year’s holiday pleasantly with my friends. My “military” time is now over (see Annex 10). ‘This year ’77 went right, was rich in events and has certainly been the best of my life so far [4 Jan.]’. So I resume work on the 4th of Jan., and my well-ordered time goes by fast. I write on the 18th of January: ‘The government has announced the suppression of the importation of about 1000 products to save currency. We stock up with tinned food, powdered milk, etc. (…) There is quite a lot of shots and executions of “reactionaries” these days’.

jr-Ethiopie Addis-Abeba Lyc.G.Mariam vu appart.24.01.78-

A la fin de janvier, la période qu’il me reste à vivre en Ethiopie n’est plus que de cinq mois. Je prends cette photo du lycée Guebre Mariam depuis mes fenêtres, comme un souvenir de ce temps de mon séjour Avenue Churchill (24 janv.). J’écris le 26 janvier: «Tout de suite, je suis à la terrasse du Rendez-Vous, café très fréquenté par les Français, qui se trouve à côté de la poste, sur la Churchill, près de chez moi. Le temps est superbe en cette matinée de jour de congé. (…) J’aime beaucoup mon boulot, d’autant plus que ça ne me prend pas trop de temps [sic]. (…) Les élèves de l’Alliance sont très sympathiques, ce qui change de la masse des Ethiopiens, assez renfermés, xénophobes et tristes, vu la situation. Je me demande comment ils supportent qu’on tue leurs enfants, qu’on les mette en taule pour rien. (…) Il fait finalement assez bon vivre ici pour les étrangers, mais pour les Ethiopiens, je trouve ça intolérable. Les Russes ont acheté toute la future récolte de café si bien qu’il n’y en aura plus en vente [ici]. Les Ethiopiens sans leur café! Et ils acceptent tout».                         EPISODE 21 

At the end of January, I’ve only five months left to live in Ethiopia. I take this photo of Guebre Mariam highschool from my window, as a memento of this time of my stay on Churchill Avenue (24 Jan.). I write on the 26th of January: ‘Just now, I’m sitting outside the Rendez-Vous, a café much frequented by French people, located near the post office, on Churchill Avenue, close to my place. The weather is gorgeous this morning, on this day off. (…) I like my job very much, all the more so since it doesn’t take too much of my time [sic]. (…) The students at the Alliance are very nice, unlike most Ethiopians, who are rather withdrawn, xenophobic and sad, in view of the situation. I wonder how they can bear their children being killed or thrown into jail for nothing. (…) Eventually, life is rather pleasant here for foreigners, but for Ethiopians, I think it’s intolerable. The Russians bought the whole future coffee crop, so there won’t be any more for sale [here]. The Ethiopians without their coffee! And they put up with everything’.                               PART 21

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8 Responses to EPISODE / PART 20

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  6. Olga says:

    Do you miss Ethiopia, Hubert? I think you do.

  7. Hello Olga! Yes, somehow I miss it, and also my younger years. But I do like Provence and my present life as well. Thank you Olga for resuming reading this account and for your contributions.

  8. Jean-Yves C. a écrit le 13.06.2012: “Ta maison était vraiment juste en face du lycée et de l’ensf. Je n’ai jamais cru en la méthode “Le Français en Ethiopie” par le tableau de feutre… Avec les méthodes de jadis appuyées sur les textes, la grammaire et la littérature, les meilleurs élèves étaient non seulement bilingues mais encore amoureux de la langue. Pas tous bien sûr. On ne prend pas impunément les gens pour de simples perroquets. J’ai toujours voulu introduire la poésie: quel que soit l’âge des élèves, j’ai introduit Rutebeuf, du Bellay, Ronsard jusque Verlaine et Prévert. Oui, j’ai détesté la méthode que nous préparions à grands frais. Elle a d’ailleurs, j’imagine, tué l’avenir du français en Ethiopie. Celui-ci ne se justifiait plus dans l’enseignement de masse. Il était d’ailleurs rejeté et pensé inutile. Il devait en être différemment à Diré-Daoua, ville influencée par le chemin de fer franco-éthiopien et le voisinage de Djibouti. A l’alliance française vous aviez des volontaires payants,la motivation était tout autre. La méthode De vive voix n’a pas fait merveille non plus car elle n’entraînait pas assez vers l’écrit, la lecture, le perfectionnement.”
    HT. a répondu le 13.06.2012: “Sur le français en Ethiopie, je n’ai jamais pratiqué le tableau de feutre car nous avions à l’académie militaire de Harrar puis à l’Alliance d’Addis des méthodes plus modernes audio-visuelles, et même un labo de langue à Harrar. Mais le tableau de feutre est très efficace en l’absence d’électricité et d’équipement. Ce tableau, accroché à un tronc d’arbre, avec ses figurines, suffit pour commencer. La poésie ne peut venir qu’ensuite, quand les bases les plus simples de la langue sont déjà en cours d’acquisition. Mais ensuite, tu as raison, il faut sortir du b a-ba infantilisant. Oui, le français restait pratiqué à Diré-Daoua, mais était déjà en perte de vitesse face à l’anglais. Je me souviens que plusieurs fois à Addis, des Ethiopiens rencontrés dans la rue m’ont dit que nous autres, profs de français, nous ne servions à rien et que le pays avait besoin de médecins et d’ingénieurs, mais pas de nous, qui étions des relents de colonisation, etc. De Vive Voix était facile et agréable à enseigner. Je faisais aussi de l’écrit à Harrar, mais à l’Alliance d’Addis, les élèves adultes réclamaient surtout de la conversation, donc je faisais pas mal de conversation.”

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