EPISODE / PART 23

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 23 : Yémen : Sanaa 26 Mars 1978

Part 23 : Yemen : Sana’a 26 March 1978

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

Après les incidents de la fête de kebelé à l’Alliance, les cours reprennent le lundi 13 mars. J’écris le 18: « Le calme est revenu avec les élèves, mais il a fallu tout désinfecter et remplacer plusieurs carreaux. Nous rattrapons tous les cours, soit 18 h pour moi. (…) Le directeur a confié 6 de mes heures à l’un des coopérants expulsés de Diré-Daoua [pour ne pas m’empêcher de partir en vacances]». J’ai écrit à Jean-Yves C., un coopérant français au Yémen qui résidait l’an passé en Ethiopie. Il a accepté de m’héberger à Sanaa. Marie-Josée, qui a des amis à Djibouti, m’a mis en relation avec eux et ceux-ci pourront également me loger. « J’ai de l’argent que je peux sortir régulièrement [les traveller’s cheques que j’ai eu tant de mal à faire venir de France], tous les visas et papiers en règle, et mon billet d’avion. (…) En fait, jamais voyage à l’étranger ne s’est si bien annoncé pour moi ». Finalement, je n’ai pas de camarade pour m’accompagner. C’est dommage, mais voyager seul a aussi des avantages quand on veut tirer le meilleur parti de son périple. Je dispose donc de deux semaines de congés et je m’envole pour Sanaa le samedi 25 mars à 13h. Après le passage à la douane yéménite, je constate qu’aucun bureau de change n’est ouvert à l’aéroport. Je fais confiance à un homme qui me propose d’échanger l’un de mes traveller’s cheques. La monnaie locale, le rial, vaut environ 1 franc français. Dans Sanaa, je ne parviens pas à retrouver Jean-Yves. Je me rends à l’Ambassade de France mais à cause du retard qu’avait l’avion, je trouve celle-ci déjà fermée. Demain c’est Pâques et l’Ambassade ne rouvrira qu’après cette fête. Il n’y a semble t-il qu’un seul hôtel à Sanaa. J’y trouve un lit dans une chambre collective où d’ailleurs il n’y a personne d’autre.

After the kebele fair incidents at the Alliance, the classes start again on Monday, the 13th of March. I write on the 18th: ‘Quietness has come back with the students, but everything had to be disinfected and several panes had to be replaced. We make up all the classes, that’s 18 hours for me. (…) The headmaster entrusted one of the colleagues serving on Voluntary Service Overseas, expelled from Dire Dawa, with 6 of my hours [to enable me to go on holiday]’. I wrote to Jean-Yves C., a French companion working in Yemen, who lived in Ethiopia last year. He has agreed to put me up in Sanaa. Marie-Josée, who has got friends in Djibouti, has put me in touch with them, and they will accomodate me as well. ‘I’ve some money I can take out of the country legally [the traveller’s cheques sent from France I had so much difficulty to recover], all the visas and papers in order, and my air ticket. (…) Actually, I’ve never undertaken a more promising trip abroad than this one’. Eventually, no companion is coming with me. It’s a pity, but travelling by oneself is also an advantage when one wants to make the most of a trip. So I have a two-week holiday and I take off for Sana’a on Saturday, the 25th of March at 1 PM. After going through the Yemeni customs, I notice that no exchange office is open at the airport. I trust a man who proposes to me to exchange one of my traveller’s cheques. The local currency, the rial, is worth about a French franc. In Sana’a, I don’t manage to find Jean-Yves. I go to the French Embassy, but as my flight was delayed, it’s already closed. To-morrow is Easter and the Embassy will only open again after this holiday. It seems there is only one hotel in Sana’a. I find a bed there, in a collective room where in fact there is nobody else.

km-Yémen Sanaa 26.03.78-

Le lendemain dimanche 26, je visite la ville et je recherche activement Jean-Yves. Il fait très beau et la chaleur est modérée, grâce à l’altitude de la capitale – environ 2200m. Je vous laisse regarder l’ensemble des photos. Malheureusement, je n’ai pu rectifier convenablement les couleurs au traitement numérique.

The day after, Sunday the 26th, I visit the city and I look for Jean-Yves actively. The weather is very fair and the heat is moderated, thanks to the altitude of the capital, about 2200 m above sea level. I let you have a look at all the photos. I’m afraid I didn’t managed to put the colours right properly during the digital processing.

kn-Yémen Sanaa 26.03.78-

J’écris le 28 mars: « Sanaa est une ville étrange et merveilleuse, qui semble sortie tout droit d’un conte des mille et une nuits. Pour vous rappeler à la réalité, il y a le tintamarre affolant des nombreuses motos pétaradantes et des voitures qui klaxonnent sans raison et sans retenue. Il y a aussi la poussière, présente partout. Chaque maison ressemble à la fois à un palais et à une forteresse. Le Yémen est un pays fantastique pour les touristes [qui s’accommodent de conditions spartiates – il y a peu d’infrastructures pour accueillir les visiteurs], mais moins amusant pour les résidents [étrangers], car dans un pays musulman aussi pur [sic], il n’y a aucune distraction. La vie est très chère aussi ».

I write on the 28th of March: ‘Sana’a is a strange and marvellous town, which seems to have just gone out of a Thousand and One Nights tale. To remind you of reality, there is the fearful din of the many backfiring motorbikes and of the cars which never stop hooting, without any reason. There is also dust, everywhere. Every house looks like a palace and a fortress at the same time. Yemen is a fantastic country for tourists [which can put up with Spartan conditions – there are few infrastructures to accomodate visitors], but not so funny for [foreign] residents, for in such a pure [sic] Muslim country, there is no distraction. Living is very expensive as well’.

ko-Yémen Sanaa 26.03.78-

Les mosquées sont bien sûr nombreuses dans ce pays très religieux.

There are a lot of mosques in this very religious country, of course.

kp-Yémen Sanaa 26.03.78-

kr-Yémen Sanaa 26.03.78-

ks-Yémen Sanaa 26.03.78-

Les maisons de Sanaa sont d’étonnants immeubles à l’aspect cubique et serré. Les délicats stucs blancs qui ornent les ouvertures donnent aux bâtiments une esthétique insolite.

Sana’a houses are surprising buildings which look cubic and tightly packed. The delicate white stuccos which ornate the openings give the constructions a unusual attractiveness.

kt-Yémen Sanaa 26.03.78-

La relève masculine du pays est assurée. Les garçons et les hommes portent des sortes de jupes longues ou simplement une pièce de tissu nouée à la taille, couvrant les jambes, avec une chemise ou un pull.

The male relief is assured in the country. Boys and men wear kinds of long skirts or merely a piece of fabric tied to the waist, covering the legs, and a shirt or a sweater.

ku-Yémen Sanaa 26.03.78-

kv-Yémen Sanaa 26.03.78-

Les femmes sortent peu de chez elles et ne participent pas à la vie publique. Elles ne conduisent pas de véhicules. On ne rencontre donc pratiquement que des hommes dans la rue, les magasins et les édifices publics. Les quelques femmes aperçues, quand elles font une course ou se rendent à l’école de leurs enfants, sont entièrement voilées de la tête aux pieds.

Women usually stay at home and don’t take part in public life. They don’t drive vehicles. So one almost only sees men in the streets, shops and public edifices. The few women sighted, when they do an errand or go to their children’s school, are entirely veiled from top to toe.

Pour retrouver Jean-Yves, je laisse plusieurs courtes notes dans la boîte postale de l’Ambassade, et en fin de journée, je suis repéré en ville par quelqu’un qui y travaille et qui me conduit chez mon camarade. Jean-Yves et moi passons donc la soirée ensemble. Mon ami vit dans un appartement typiquement yéménite, d’un charme fou mais au confort très simple. Je lui apporte quelques objets introuvables ici, qu’il m’avait demandés. Jean-Yves dispose d’un petit réfrigérateur, son seul “luxe”. Il en extrait deux petites bouteilles de bière qu’il exhibe comme un trésor. Il est en effet impossible ici de se procurer la moindre goutte d’alcool autrement que par la valise diplomatique. Mon camarade me raconte la vie intéressante mais extrêmement spartiate qu’il mène dans cette étrange et magnifique contrée. Nous parlons aussi de l’Ethiopie et des moments très difficiles que traverse le pays. Nous préparons également les déplacements que je vais effectuer ici au Yémen. Je ferai d’abord une excursion sur deux jours, puis une autre boucle de quatre jours.                                EPISODE 24 

To find Jean-Yves, I leave several short notes in the Embassy post office box, and at the end of the day, I’m picked out in town by someone who works there and who drives me to my companion’s. So Jean-Yves and I spend the evening together. My friend lives in a typical Yemeni flat, charming but with very simple comfort. I’m bringing him a few things impossible to find here, that he had asked me for. Jean-Yves has got a small refrigerator, his only “luxury”. He takes two small bottles of beer out of it, that he displays like a treasure. It’s actually impossible here to get the least drop of alcohol other than by the dispatch box. My companion tells me the interesting but extremely Spartan life he leads in this strange and magnificent land. We also talk about Ethiopia and the very difficult moments the country is going through. We prepare the travelling I’m about to undertake here in Yemen as well. I’m going for a two-day excursion first, and then for another four days’ trip.                                  PART 24

This entry was posted in YEMEN and tagged , , . Bookmark the permalink.

6 Responses to EPISODE / PART 23

  1. Pingback: EPISODE / PART 22 | MON GRAND VOYAGE – MY GREAT TRIP: ETHIOPIE – ETHIOPIA 1976-78

  2. Pingback: INTRODUCTION | MON GRAND VOYAGE – MY GREAT TRIP: ETHIOPIE – ETHIOPIA 1976-78

  3. Olga says:

    Quite a different country and buildings and too little greenery, but it’s interesting to see the photos and learn about the place

  4. Jean-Yves Courant a écrit le 16.06.2012: “Comment ai-je pu rater un rendez-vous? Comment as-tu pu me rerouver dans Sana’a? Ma maison sous les remparts de BAB Chjaub était difficile à retrouver. Tu es systématique et accrocheur. Bravo! La splendeur architecturale des villes de l’ARABIA FELIX explose à nos yeux.Les intérieurs étaient aussi merveilleux grâce à l’éclairage par les verres colorés surmontant toutes les pièces de vie; spécialement le maffredj (diwan) où les mâles discutent des affaires courantes et du pays et du monde… en broutant le qât. Les plus riches le faisaient venir tous les jours par petits avions du Harrar. Je ne sais si tu te souviens que je portais une clef forgée qui pesait 800 grammes, ouvrait un énorme verrou de bois qui barrait la porte comme dans les premiers châteaux médiévaux. Oui je vivais avec rien mais dans un décor de contes de fée. J’avais l’habitude du dénuement et du jeûne de par mes sept années d’études au Couvent des Capucins. C’était avant le concile… j’ai eu
    la même éducation que le Père Joseph du Tremblay! Les moines barbus marchaient pieds nus, s’agenouillaient et baisaient le sol avant de faire l’accolade et demander une permission au Père Gardien (le Supérieur des “frères mineurs”, nom donné par humilité aux franciscains et capucins). Je digresse déjà! Les Yéménites étaient très à l’aise dans leur costume de toujours. Le turban ou le châle pouvait servir de besace. Les hommes en jupettes se soulageaient discrètement en s’accroupissant (oui PISSANT ) tels des marguerites quand je prenais des taxis collectifs et qu’il y avait arrêt pipi. J’étais le seul à faire pipi debout, ce qui n’est pas simple quand il n’y a aucun arbre ou muret à l’horizon. Remarque triviale mais qui me fait sourire. Les femmes âgées (après 16ans là-bas) portaient cette immense nappe indienne recouvrant le corps et le voile tombant devant les yeux, le visage et le cou était noir avec des ronds rouges entourant deux réserves sauves de teinture (Teinture à la ficelle). Les bourgeoises portaient l’ensemble noir parfois souligné de fil d’or. Je me souviens d’une jeune femme de mon cours de l’Ecole Nationale d’Administration qui arrivait en totale BELPHEGOR, s’asseyait, soulevait le voile noir devant son visage: deux yeux brillants soulignés de kol (poudre d’antimoine)… mais sa bouche et son nez étaient enserrés dans un autre voile noir. Elle n’ôtait pas un long camail noir de religieuse carmélite. En revanche, elle montrait deux petites mains maquillées de dessins pointillistes au henné, les ongles vernis ainsi que la pointe de ses souliers. Sa présence mystérieuse devait électriser les énarques locaux. Le plus terrible,c’est qu’une autre étudiante qui avait vécu à l’étranger (au Soudan) ne voulait plus porter la totale noire. Elle venait au cours en manteau long jusqu’aux pieds, le visage complètement voilé d’une mousseline verte transparente. J’entendais alors des murmures où revenait sans cesse et à chaque fois le mot “CHARMOUTA” qui signifie “pute”. Quel courage avait cette jeune femme pour braver les ragots!C’était d’ailleurs la plus brillante.Aucun rapport n’était possible avec la gent féminine à moins qu’elle ne soit très âgée. J’ai beaucoup appris d’une certaine Najiba, Française mariée à un Yéménite de classe très humble et vivant aux frontières de la misère. Je me souviens d’un autre fonctionnaire qui venait de se marier avec une petite fille, déjà revêtue de noir et qui me disait qu’il était très impatient qu’elle devienne”nubile”, (le mot n’est pas approprié puisqu’elle était déjà mariée) disons qu’elle soit réglée. J’ai même eu comme voisin chez maman un imam salafiste algérien qui imposait la tenue stricte. Sa femme s’est séparée pour que ses filles ne vivent pas cet enfer. Je crois que dans les 1001 nuits de Pasolini on voit quelques vues de SANA’A et d’Erythrée… Tu vois que ton ouvrage ne me laisse pas indifférent. J’avais pourtant enfoui tous ces détails aux tréfonds de ma mémoire. Je ne parle jamais du passé :on a vite fait de vous ravaler au rang des radoteurs. JYJ”

  5. Pingback: A jaunt to Brittany (October 2016) Part 1/2 | PHOTOS OF OUR PROVENCE and Beyond

  6. Barbier says:

    Le Yémen est vraiment une ville surprenante, une ville de contes de mille et une nuits. Ce doit être vraiment le dépaysement total ! Les femmes, dans ce pays magnifique, n’ont malheureusement aucuns droits, on les marie de force, très jeunes, n’ont pas le droit de conduire, etc… J’ai fait une petite publication sur Camaléo sur leurs conditions de vie lamentables.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s