EPISODE / PART 24

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 24 : Yémen : Sanaa, Shibam, Kaokaban, Thula, Wadi Dhar 27-28 Mars 1978

Part 24 : Yemen : Sana’a, Shibam, Kawkaban, Thula, Wadi Dhar 27-28 March 1978

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

Après avoir enfin retrouvé Jean-Yves à Sanaa le soir du jour de Pâques et préparé avec lui mon voyage de découverte du Yémen, je pars le lendemain lundi 27 mars pour un premier petit périple de deux jours.

After having at last found Jean-Yves in Sana’a on Easter day in the evening and prepared with him my travelling in Yemen, I set off the day after, on Monday the 27th of March, for a small first two-day trip.

kw-Yémen Sanaa Bab-el-Yemen 27.03.78-

kx-Yémen Sanaa Bab-el-Yemen 27.03.78-

Avant de monter dans un taxi collectif en partance pour Shibam, village situé à une cinquantaine de km au nord-ouest de Sanaa, je me promène un peu dans la capitale, sous le grand soleil du début de matinée. Voici deux vues de Bab-el-Yémen, porte ancienne au sud de la vieille ville.

Before boarding a collective taxi bound to Shibam, a village situated about fifty km north-west from Sana’a, I walk a little in the capital streets, in the early morning bright sun. Here are two views (above) of Bab-al-Yemen, an ancient gate located south the old city.

ky-Yémen Shibam 27.03.78-

Quand le taxi collectif est plein, il démarre. « Shibam est construit au pied d’une falaise percée de grottes habitées, au sommet de laquelle se trouve le beau village de Kaokaban [lettre du 8 avril]». On voit ci-dessus une rue de Shibam, bordée d’échoppes. Les rameaux verts amoncelés sont probablement du khat à mâcher. Le Yémen produit et consomme une grande quantité de cette plante.

When the collective taxi is full, it goes. ‘Shibam is built at the foot of a cliff riddled with inhabited caves, at the top of which stands the beautiful village of Kawkaban [letter written on 8 April]’. Above, one can see a street of Shibam, lined with small shops. The green branches gathered are probably khat for chewing. Yemen produces and consumes a great deal of this plant.

kz-Yémen Shibam 27.03.78-

Une autre vue de Shibam

Another view of Shibam

la-Yémen Kaokaban 27.03.78-

« (…) Je monte [à pied] à Kaokaban en fin de matinée et j’y mange à midi dans un “foundouk”, sorte d’auberge, où l’on se restaure, dort et vit dans de grandes salles communes, plus ou moins confortables. Temps superbe. Très beau point de vue ». Ces garçons de Kaokaban, dans leur habillement caractéristique de l’époque, posent pour la photo avec plaisir. Les maisons de cette localité, construites directement avec les pierres de leur terrain, s’intègrent si parfaitement au site qu’elles semblent avoir poussé toutes seules. L’après-midi, sur les recommandations donnés la veille par Jean-Yves, je veux me rendre à Thula. « Pas de taxi. Je prends mon courage à deux pieds [sic]. Les 15 km sont faits en deux bonnes heures. Grand soleil, mais un orage se forme. J’arrive aux premières gouttes. Village merveilleux, au pied d’un rocher. Il y a un foundouk où je couche. Aucun risque, les Yéménites sont très très sympathiques et accueillants (…). Pour communiquer, j’utilise mes 30 mots d’arabe, des gestes et un peu d’anglais. C’est bien [malgré tout] de voyager seul, on peut rencontrer des gens et on est tout à fait libre. Moins de problèmes aussi pour se loger le soir ». Avant de me lancer sur le chemin, je m’assure auprès des habitants qu’aucun transport n’est disponible, et que je trouverai bien un endroit pour dormir à Thula. Il peut sembler imprudent de ma part de m’être engagé seul dans cette traversée d’une zone aride et peu peuplée, vers une destination dont je ne savais pas grand-chose. Je crois en fait que je n’ai pris aucun risque inconsidéré: Jean-Yves m’avait assuré que les Yéménites étaient, du moins dans cette partie du pays, amicaux et que je ne risquais aucune agression. Thula et son rocher étaient visibles de très loin, au bout d’une étendue assez plate et uniforme et je n’avais qu’à aller tout droit, à vue. Les conditions météo étaient bonnes, avec une chaleur supportable. Et j’avais la forme et l’enthousiasme de la jeunesse.

Le foundouk que l’on m’avait promis existe bien et m’accueille alors qu’il commence à pleuvoir. Je vais dormir dans une pièce commune dont les quatre côtés sont équipés de bat-flancs couverts de tapis, de couvertures et de coussins. En attendant, je me repose et fais honneur au thé que l’on vient de me servir. Un peu plus tard, un petit groupe de Suisses francophones arrive, ce qui me procure de la compagnie. Il y a très peu de pensionnaires ce soir dans cette sorte de petit caravansérail qui offre un hébergement agréable, propre, accueillant et dépaysant.

‘(…) I walk up to Kawkaban at the end of the morning and I eat there in a “funduk”, a kind of inn, where one takes some refreshment, sleeps and lives in large common rooms, more or less comfortable. Gorgeous weather. Beautiful point of view’. These Kawkaban boys (above), in their clothes characteristic of that time, are glad to pose for the photo. The houses of that locality, directly built from the stones of their grounds, are so well integrated into their natural setting that they seem to have grown there by themselves. In the afternoon, following Jean-Yves’s advice, I want to go to Thula. ‘No taxi. I’ll go on foot, then. It takes me two good hours to walk the 15 km. Bright sun, but a thunderstorm is forming and I arrive with the first drops. Wonderful village, at the foot of a rock. There is a funduk where I sleep. No risk, the Yemenis are very very nice and welcoming (…). To communicate, I use my 30 words of Arabic, gestures and a bit of English. It’s good [however] to travel by oneself, one can meet people and one is absolutely free. Also less problems to find accomodation at night’. Before setting off on the way, I make sure, asking the villagers, that there is no transport available and that I’ll really find a place where to sleep in Thula. Perhaps it seems unwise of me to have walked alone that sparsely inhabited arid area, towards a place I harly knew anything about. I think I didn’t take any thoughtless risk actually: Jean-Yves had told me that the Yemenis were, at least in that part of the country, friendly, and that I didn’t risk any attack. Thula and its rock were visible from a very long way, at the end of a rather uniform flat stretch of land, and I just had to go straight towards my goal. The weather conditions were good, with bearable heat. And I had the form and enthusiasm of youth.

The promised funduk really exists and welcomes me while it starts raining. I’m going to sleep in a common room whose four sides are fitted out with boards covered in carpets, blankets and cushions. Before this moment, I have a rest and do justice to the tea I’ve just been served with. A little later, a small group of French-speaking Swiss come in, which provides me with some company. There are very few boarders this night in this kind of little caravanserai which offers pleasant, clean, friendly and unusual accomodation.

lb-Yémen Thula 28.03.78-

lc-Yémen Thula 28.03.78-

ld-Yémen Thula 28.03.78-

Après une excellente nuit, je me lève de bonne heure ce 28 mars et visite Thula, alors qu’un grand soleil et un ciel d’un bleu profond sont revenus sur la petite ville. Voici trois vues de la localité, dominée par son rocher. Je me souviens que Thula se prononce ‘soula’, avec “un cheveu sur la langue” pour dire le s.

After an excellent night, I get up early on this 28th of March and I visit Thula, while a bright sun and a deep-blue sky have come back on the small town. Here are three views of the locality, dominated by its rock. I remember Thula is pronounced almost exactly as its English transliteration suggests it.

le-Yémen Sanaa 28.03.78-

lf-Yémen Sanaa 28.03.78-

lg-Yémen Sanaa 28.03.78-

Depuis Thula, je trouve un taxi collectif pour rentrer à Sanaa. Je fais un tour encore dans la capitale pour découvrir d’autres quartiers. Voici à nouveau trois clichés.

From Thula, I find a collective taxi to come back to Sana’a. I go for another stroll in the capital city to see different quarters. Here are three more snapshots.

lh-Yémen Wadi Dar 28.03.78-

li-Yémen Wadi Dar 28.03.78-

lj-Yémen Wadi Dar 28.03.78-

« (…) L’après-midi, je vais à El Wadi Dhar avec deux amis d’Addis rencontrés [je ne me souviens plus qui maintenant]. Il y a un beau palais, dans un site merveilleux, à quelques km de Sanaa ». Comme son nom l’indique, le château est construit dans le lit d’un cours d’eau intermittent, sur un gros rocher. La beauté et l’étrangeté du style architectural de la région de Sanaa proviennent des riches et délicates ornementations blanches qui parent portes et fenêtres, sur une structure par ailleurs assez sobre, massive et carrée.

Je passe une bonne soirée chez Jean-Yves, qui me donne des conseils pour le nouveau périple que je vais commencer le lendemain matin.                               EPISODE 25 

‘(…) In the afternoon, I go to El Wadi Dhar with two friends from Addis [I can’t remember now who they were and how I met them there]. There is a beautiful palace, in a marvellous setting, a few km from Sana’a’. As its name indicates it, the palace is built in the bed of a temporary river, on a big rock. The beauty and strangeness of the architectural style in Sana’a region come from the rich and delicate white ornamentations which decorate doors and windows, on a structure in other respects rather sober, massive and square.

I spend a good evening with Jean-Yves, who gives me some advice about the new trip I’m about to set off on, the next morning.                                  PART 25

This entry was posted in YEMEN and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink.

4 Responses to EPISODE / PART 24

  1. Pingback: EPISODE / PART 23 | MON GRAND VOYAGE – MY GREAT TRIP: ETHIOPIE – ETHIOPIA 1976-78

  2. Pingback: INTRODUCTION | MON GRAND VOYAGE – MY GREAT TRIP: ETHIOPIE – ETHIOPIA 1976-78

  3. Olga says:

    Thanks, Hubert, for information

  4. JYC. a écrit le 14.06.2012:” Quand je franchissais le col de Al Menhara entre Taiz et Sana’a, les petits enfants se précipitaient pour me chanter Frère Jacques ou bien Il était un petit navire en l’échange d’une friandise ou d’un crayon… avec force sourires et regards avides: il n’en était pas de même au Lycée Impérial où j’ai connu les premiers mouvements de contestation et caillassages de classes et d’enseignants… Une autre anecdote: un jour, dans un village isolé du côté de Sa’ada au nord du Yémen-Nord, j’ai été emmené au Diwan local afin de rencontrer un vieux notable enturbanné. Je le vois ébahi à ma vue et tellement ému qu’aucun mot ni arabe ni français ne peut sortir de sa bouche. Comme un bègue, il essaie de parler, en vain! Alors, il me tend les bras et me dit avec de grosses larmes: EPITHETE OU ATTRIBUT? et il répète encore EPITHETE OU ATTRIBUT… Il avait enfoui tout le reste au fond de sa mémoire. A partir de là, sa parole est revenue: il avait été à l’école primaire étant enfant car son père avait été mineur dans les mines de charbon du Nord. Rentré tout jeune dans son village isolé du Chaub, il avait perdu tout contact avec le français. EPITHETE OU ATTRIBUT remplaçait au royaume de Saba le SESAME OUVRE TOI des MILLE ET UNE NUITS. J’ai quitté le nid d’aigles escorté comme un Grand Cadi (Sheikh érudit). Inoubliable!!”

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s