EPISODE / PART 26

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 26 : Yémen : La Tihama: Zebid, Beit-el-Faqui, Hodeidah 30 Mars 1978

Part 26 : Yemen : The Tihama: Zebid, Beit-el-Faki, Hodeidah 30 March 1978

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Après une bonne nuit à Taiz, je me présente tôt le matin du 30 mars à la station des taxis collectifs en partance pour Zebid, petite ville située à une bonne centaine de kilomètres au nord-ouest. Je vais quitter les hauteurs pour entamer une descente dans “l’enfer” de la Tihama. Cette plaine côtière de la mer Rouge est en effet une des régions les plus chaudes de la planète. Au fur et à mesure de la perte d’altitude qui s’effectue sur une route sinueuse mais en bon état, les montagnes deviennent de plus en plus petites jusqu’à se changer en monticules, avant de s’effacer tout à fait. Vers 9h 30, le taxi nous dépose et j’entreprends une visite de la ville d’environ une heure. « La chaleur est à peine supportable, doublée d’une humidité voisine de la saturation [lettre du 8 avril]». Je vous laisse découvrir ces six vues de Zebid, dans l’ordre de la prise de vue.

After a good night in Taiz, I go to the taxi rank on the 30th of March early in the morning to find a vehicle bound to Zabid, a small town situated a good hundred kilometres to the north-west. I’m going to leave the heights and start a descent to Tihamah “hell”. This coastal plain along the Red Sea is actually one of the hottest regions in the world. During our way down on a road winding but in a good state, the mountains are getting smaller and smaller and eventually become mere mounds before they completely disappear. At about 9. 30 AM, we get out of the taxi and I begin a one-hour visit of the town. ‘The heat is hardly bearable, coupled with moisture near its saturation point [letter of 8 April]’. I let you have a look at these six photos of Zabid, shown in the order I took them.

lt-Yémen Zebid 30.03.78-

lu-Yémen Zebid 30.03.78-

lv-Yémen Zebid 30.03.78-

lw-Yémen Zebid 30.03.78-

lx-Yémen Zebid 30.03.78-

ly-Yémen Zebid 30.03.78-

Cette bourgade, modeste lors de mon passage, est l’une des plus anciennes villes du Yémen et a été la capitale du pays. Elle possède de beaux monuments construits de façon soignée en petites briques, et fut le siège d’une université coranique réputée. Il se dégage de Zebid une certaine impression de grandeur passée. Bien que le climat aride et torride de la Tihama soit très éprouvant, il faut signaler que l’agriculture et l’élevage y sont pratiqués, et les habitants ne semblent pas plus démunis qu’ailleurs au Yémen.

This locality, modest when I visited it, is one of the oldest towns in Yemen and was the capital of the country. It owns beautiful edifices, built in a meticulous way with small bricks, and sheltered a renowned Koranic university. From Zabid, it emerges some feeling of a former greatness. Although the arid and torrid climate of Tihama is very testing, I must point out that agriculture and rearing are practised there, and the inhabitants don’t look more impoverished than anywhere else in Yemen.

lz-Yémen Beit-el-Faqui 30.03.78-

Mon étape suivante est Beit-el-Faqui, que je souhaite visiter car je me souviens qu’un épisode de Fortune Carrée, un roman de Joseph Kessel, s’y déroule. Je ne trouve pas de taxi pour m’y rendre, mais un Yéménite qui va partir sur sa moto et qui y passe veut bien me prendre et m’y déposer, moyennant une petite rétribution. J’accepte, je monte derrière le pilote et nous voilà partis à toute allure. Le vent de la course est bien agréable et les 50 km de bonne route vers le nord sont bientôt parcourus. « (…) Il n’y a pas [à Beit-el-Faqui] de belle mosquée ou de vieux remparts et portes comme à Zebid, mais le souk (marché) est intéressant. Le motard me laisse sur la route et je fais à pied les 300 m qui me séparent du village. Il est midi et la chaleur est absolument épouvantable. J’ai cru fondre avant d’arriver. Je mange dans un boui-boui pouilleux mais sympathique [sic]. Je bois beaucoup et la sueur coule dans mon assiette et partout. Ensuite, visite de la ville, assez rapide à cause de la chaleur ». Je constate que l’ambiance tout à fait pacifique de la bourgade ne correspond heureusement pas du tout à l’épisode cruel de la “guerre des Zaranigs” décrit dans l’ouvrage de Kessel. Sur la photo ci-dessus, les bâtiments se partagent entre constructions de briques et huttes traditionnelles, alors que le béton fait son apparition. Je crois que les femmes de la Tihama ne sont habituellement pas voilées.

My next stage is in Beit-el-Faki which I would like to visit for I remember that an episode of Fortune Carrée, a novel by Joseph Kessel, takes place there. I can’t find a taxi to get there, but a Yemeni who is about to leave Zebid on his motorbike and who is going through Beit-el-Faki proposes to take me and drop me there, for a small reward. I accept it, I sit down behind the pilot, and off we go at full speed. The wind of the ride is very pleasant and the 50 km on a good road are quickly covered. ‘ (…) There is no beautiful mosque [in Beit-el-Faki] or old ramparts and gates as in Zebid, but the souq (market) is interesting. The motorcyclist leaves me on the road and I walk the 300 extra metres to the village. It’s midday and the heat is absolutely terrible. I thought I would melt before I arrived. I eat in a small restaurant, shabby but welcoming. I drink a lot and sweat runs down into my plate and everywhere. Afterwards, I visit the town, but rather quickly because of the heat’. I notice that the peaceful atmosphere in the locality fortunately doesn’t correspond to the “Zaranig war” cruel episode described in Kessel’s work. On this photo (above), the buildings are made of bricks or are traditional huts, while concrete begins to appear. I think Tihama women are not veiled usually.

ma-Yémen Hodeidah 30.03.78-

Vers 14h 30, je trouve un taxi collectif pour Hodeidah, ville côtière importante située à environ 50 km au nord-ouest. « (…) Il fait un peu moins chaud qu’à Beit-el-Faqui, mais aussi humide. Grand soleil. Repos à l’hôtel, qui est cher bien que pouilleux [sic]. 16h 30: Visite de la ville. Je vais dire bonjour à la mer Rouge. Pas question de bain, la plage est très sale ». Je traverse donc la ville, qui ne m’a pas laissé de souvenir précis, puis me promène le long du rivage et observe que la mer est assez agitée.

At about 2. 30 PM, I find a collective taxi for Al Hudaydah, an important coastal town located about 50 km to the north-west. ‘ (…) It’s a little less hot than in Beit-el-Faki, but as humid. Bright sun. I take a rest at the hotel, which is expensive albeit shabby. 4. 30 PM: I visit the town. I go and say hello to the Red Sea. No question of a swim, the beach is very dirty’. So I walk across the town, which hasn’t left me any precise memory, then I go for a stroll along the shore and I notice that the sea is rather rough.

mb-Yémen Hodeidah 30.03.78-

Des barques très colorées agrémentent cette vue mais la plage est jonchée de détritus que des chèvres peu difficiles contribuent à recycler. Je dois renoncer à la baignade tant espérée.

Colourful small boats embellish this view but the beach is strewn with rubbish which goats that are not hard to please contribute to recycling. I’m afraid I have to give up the idea of having a dip.

mc-Yémen Hodeidah 30.03.78-

Le front de mer est très décrépit et donne une forte impression de grandeur déchue et d’abandon, presque de ville fantôme. Comme de plus je continue à suer à grosses gouttes, je préfère retourner attendre la fin de la soirée à mon hôtel.                      EPISODE 27 

The sea front is very dilapidated and gives a strong feeling of fallen greatness and desertion, almost like a ghost town. Furthermore, I’m still sweating profusely, so I prefer to go back to my hotel to wait for the end of the evening.                    PART 27

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5 Responses to EPISODE / PART 26

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  3. Bonjour Hubert. J’ai commencé à suivre ton périple au Yémen, mais je veux vraiment aller à mon rythme pour bien profiter avec toi de ce voyage. Ce côté aventurier ne cesse de m’impressionner. Et c’est sans aucun doute la meilleure façon de découvrir les autres peuples.

  4. Tu as raison Charles-Henri d’aller à ton rythme. J’ai mis deux ans à faire ce voyage, je pense qu’il faut aussi du temps pour découvrir tout mon compte-rendu.

  5. Jean-Yves Courant a écrit le 17.06.2012: “Revenons dans la Tihama: tes photos montrent bien la simplicité déchue de la petite cité où serait née l’algèbre. Comment faire des mathématiques lorsque l’on est accablé de chaleur? Le sable partout ayant usé et raboté les briques. Les minarets érodés à la base, au bord de l’écroulement: tout cela est sur tes images… Comme à Al Hodeida, règne une tristesse indicible de monde disparu, d’une irrémédiable décadence. THALASSA: Te voilà à la mer: PLAGE de détritus et de pourritures, de déchets de pêche… J’ai eu l’imprudence de vouloir me baigner et ai été confronté au vol, et au viol, et au pouvoir de la djembia! Ma nuit dans un funduk à ciel ouvert dans ce port empuanti au milieu d’épaves humaines droguées au qât et à l’eau de Cologne: nuit d’enfer sous les étoiles au milieu de types patibulaires. J’imagine une première nuit en prison comme cela. La ville de MOKKAH était encore plus désolée et décatie: Minarets écaillés penchés comme la tour de Pise, filets de pêche séchant au soleil implacable dans une odeur acide portant au cœur. Cependant ta photo des barques pointues face aux vaguelettes serrées, courtes, poussées par un vent soufflant sans trêve donnerait envie de se mettre sur le sable. Ce qui est impossible sous peine d’avoir la plante des pieds transformée en vieux steak!… De la Tihama, les rivages érythréens de MASSAOUA me semblaient la terre promise car on y trouvait encore des vestiges de l’art de vivre des Italiens: pasta, café sous les palmiers, coin de plage nettoyée avec parasol, pépées en maillot et douceur dans les rapports humains. Vite quitte la Tihama et regagne les hautes terres! JYJ.”
    HT. a répondu le 17.06.2012: “Personne n’a sorti la djembia [poignard recourbé s’arborant à la ceinture] sur moi, heureusement. Mais c’est quand que tu es allé à Al Hodeida? Avant ou après moi? C’est bizarre, je ne me souviens plus de la ville elle-même ni de l’hôtel et comment j’ai passé la soirée. Oui, le lendemain, je quitterai la Tihama sans regret. Je suis toutefois très content d’avoir aperçu cela une fois dans ma vie.”

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