EPISODE / PART 27

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 27 : Yémen : Manakha et Hajjara 31 Mars-01 Avril 1978

Part 27 : Yemen : Manakha and Hajjara 31 March-01 Apr.1978

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Hodeidah ne m’a pas laissé une impression positive à cause de la chaleur, de l’état d’abandon de son front de mer, et de mon séjour à l’hôtel. Mais j’ai en fait peu découvert de cette ville et je dois manquer d’objectivité. En ce début de matinée du 31 mars, je me rends à la station des taxis collectifs en partance pour Manakha, petite ville située à quelque 90 km au nord-est de Hodeidah. « Je ne suis pas fâché de quitter le chaudron et de retrouver la fraîcheur et l’air sec de l’altitude [lettre du 8 avril]».

Je prends mon repas de midi dans le foundouk de Manakha. Je me souviens qu’en guise de pain, j’ai mangé au Yémen des galettes rondes qui en cuisant gonflent en formant une poche d’air. La nourriture n’aura pas été le point fort du voyage. Pour boire, il valait mieux se procurer de l’eau en bouteille capsulée. Ce n’était pas toujours possible, mais je n’ai pas été malade.

Al Hudaydah hasn’t left me a positive impression because of the heat, of the bad state of its sea front, and of the hotel. But I didn’t see a lot in the town and I suppose I lack objectivity. On this 31st of March, early in the morning, I go to the place where collective taxis going to Manakha are waiting. Manakha is a small town situated about 90 km north-east from Al Hudaydah. ‘I’m not sorry to leave the cauldron and to feel the coolness and the dry air of the heights again [letter of 8 April]’.

I have lunch in Manakha funduk. I remember that by way of bread, I ate kinds of round thin cakes which swell when baked and form an air pocket. Food was not the greatest point of the trip. About drinking, the best was to obtain sealed bottles of water. They were not always available but I managed not to fall ill.

md-Yémen Manakha 31.03.78-

Dans la chaleur extrême de la Tihama, j’avais mis un short mais revenu sur les hauteurs, je m’aperçois que cela est mal vu par les habitants du haut pays. Je ressors donc le pantalon du sac et aussitôt les regards redeviennent ouverts et bienveillants. L’après-midi, je fais une petite promenade autour de Manakha et je prends le cliché ci-dessus. « (…) Je suis invité par des Yéménites à brouter le khat [sic] avec eux chez eux. Le khat est un arbuste ressemblant au troène dont on mâche les feuilles, aux vertus stupéfiantes. Quant à moi, je n’ai ressenti aucun effet. Coucher au foundouk, à l’ambiance très sympathique ». Au sujet du khat, on lit dans Fortune Carrée, 1; II, de J. Kessel: “Combien faut-il en mâcher de leur herbe, pour avoir un résultat? J’ai essayé tout l’après-midi hier. Rien… aucun effet (…). – Vous perdriez votre temps, leur drogue est trop légère pour vous.”

In Tihamah extreme heat, I had put on shorts but back in the heights, I notice that the highlanders don’t like it. So I take my trousers out of my bag, and at once the looks become open and friendly again. In the afternoon, I go for a small stroll around Manakha and I take this photo (above). ‘ (…) Some Yemenis invite me to graze khat [sic] with them at their place. Khat is a small tree which looks like privet, whose stupefying-virtued leaves they chew. As for me, I didn’t feel any effect. Night at the funduk, in a very friendly atmosphere’. About khat, one reads in Fortune Carrée, 1; II, by J. Kessel: “How much of their grass do you have to chew, to get a result? I tried for the whole afternoon yesterday. Nothing… no effect (…). – You’d lose your time, their drug is too light for you”.

me-Yémen Manakha 01.04.78-

Les montagnes du Yémen valent au pays de ne pas être désertique. Depuis des temps immémoriaux, une agriculture bien conçue et menée efficacement grâce à de grands travaux d’irrigation et à l’établissement de terrasses, a apporté au pays une certaine richesse et l’a fait surnommer Arabie Heureuse par les Anciens. Le nom de Yémen viendrait d’ailleurs d’un mot arabe signifiant prospérité, ou bien d’un autre terme voulant dire la droite. Le pays est en effet situé à droite du monde arabe, au sud, quand on regarde dans la direction du soleil levant. Voici une vue de Manakha (1er avril).

The mountains in Yemen earn the country not to be a desert. From time immemorial, agriculture, well planned and efficiently led through irrigation great works and terrace cultivation, brought the country some wealth and made it nicknamed Arabia Felix (“Happy Arabia”) by the Ancients. The name Yemen might really come from an Arabic word meaning prosperity, or from another term meaning “on the right”. The country is actually situated on the Arabian land right side, to the south, when you look towards the rising sun. Here is a view of Manakha (1 April).

mf-Yémen Entre Manakha et Hajjara 01.04.78-

« (…) Lever à 6 h. Balade à pied à Hajjara, à 5 km de Manakha. C’est splendide. Il fait toujours beau. Le chemin longe un précipice. Derrière: Manakha sur ses montagnes entièrement découpées en terrasses [très fréquentes dans la région, mais aucune plante ne semble y pousser en cette saison]. Devant, le nid d’aigle de Hajjara, aux hautes maisons de pierre, se détachant sur le ciel bleu ».

‘ (…) Getting up at 6. Walk to Hajjara, located 5 km from Manakha. It’s beautiful. The weather is still fair. The way borders a chasm. Behind: Manakha in its mountains entirely carved into cultivation terraces [which are very frequent in the area, but no plant seems to be growing there in this season]. In front of me, Hajjara eyrie, with its high stone houses standing out against the blue sky’.

mg-Yémen Hajjara 01.04.78-

mh-Yémen Hajjara 01.04.78-

mi-Yémen Hajjara 01.04.78-

Je vous laisse apprécier les trois photos de Hajjara ci-dessus. Les constructions évoquent des immeubles d’habitation modernes, mais qui auraient poussé tout seuls et qui ne s’enlaidissent pas avec le temps, fondus dans leur environnement. En milieu de matinée, je prends le dernier taxi collectif de cette boucle. Il me reste environ 80 km de route à parcourir vers le nord-est pour retrouver Sanaa. L’après-midi, je me repose chez Jean-Yves. Le 2 avril, je fais une nouvelle promenade dans la capitale, je ne peux m’en lasser. C’est aussi le moment d’écrire, de poster, d’effectuer quelques achats et formalités. Le lendemain à l’aube, se déroulent des exécutions capitales de condamnés en place publique à Sanaa, mais je n’ai vraiment pas l’envie d’aller voir. C’est maintenant pour moi l’heure de prendre congé. Jean-Yves, comment te remercier? Sans toi, jamais je ne serai venu au Yémen. Sans tes conseils, je n’aurais pas découvert tous ces sites magnifiques, et je n’aurais su déterminer les bons itinéraires à parcourir en toute sécurité. En cette matinée du lundi 3 avril, je me rends à l’aéroport et m’envole pour Djibouti.                    EPISODE 28  

I let you appreciate these three photos of Hajjara (above). The buildings call to mind modern blocks of flats, which would have grown by themselves and which don’t get ugly with time, blending in their environment. In the middle of the morning, I take the last collective taxi of this trip. There is about a 80-kilometre drive to reach Sana’a. In the afternoon, I take a rest at Jean-Yves’s. On the 2nd of April, I go for another stroll in the capital city, I can’t get bored with it. It’s also time to write, to mail, to do steps and a bit of shopping. On the following day, at dawn, condemned people are being executed in public in Sana’a, but I really don’t feel like attending it. It’s now time for me to leave. Jean-Yves, how can I thank you? Without you, I would never have come to Yemen. Without your advice, I wouldn’t have seen all those magnificent spots, and I wouldn’t have been able to choose the right routes I could travel safely. On this Monday, the 3rd of April, in the morning, I go to the airport and I take off for Djibouti.                PART 28

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7 Responses to EPISODE / PART 27

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  3. C’est merveilleux ce village d’Hadjara avec en fond la montagne et le ciel bleu. En effet, ici, les constructions humaines semblent épouser parfaitement la nature pour fondre le tout dans un ensemble cohérent. Je devine l’émotion que l’on doit ressentir.

  4. Olga says:

    I wonder how these places look like nowadays.
    Thanks, Hubert

  5. So do I, Olga. Perhaps time goes by differently in this strange country and everything remains almost unchanged (if there aren’t to many tourists now).

  6. Jean-Yves Courant a écrit le 17.06.2012: “Je suis resté travailler au Yémen de 1975 à 1978 et l’ai sillonné de long en large dans la plus parfaite inconscience jusqu’à une chute de moto dans un désert de cailloux avec un de mes étudiants. Nous avons été blessés tous les 2: Moi le visage labouré et sanguinolent, vêtements déchirés, lui, le pilote qui avait dérapé n’avait que les jambes et les mains vilainement écorchées. Nous avons essayé de stopper une voiture pour retourner à l’hôpital de Sana’a. Nous étions effrayants à regarder et les autos accéléraient au lieu de s’arrêter. Heureusement un membre de la tribu a reconnu le jeune homme… et nous a déposés dans un dispensaire. Le médecin indien qui m’a recousu à cru a sauvé le côté gauche de mon visage en le badigeonnant de bleu de méthylène… ce qui a empêché l’infection et facilité la cicatrisation. J’ai été 3 semaines comme Elephant man: la face croûtée bleu-noir… si j’avais eu une cagoule je l’aurai mise. Le père de l’étudiant m’accusait de la perte de la moto parce que je me tenais mal derrière. Il n’y a pas d’assurance là-bas. Cest curieux mais tous ces épisodes oubliés me reviennent grâce à ton livre. Avais-tu remarqué sur les chemins sablonneux de la Tihama que les femmes n’étaient pas voilées, en robe de couleurs, la tête coiffée d’un délicieux chapeau de paille conique à petit bord.
    Je viens d’admirer tes vues des bordjs de Al mankha et al Hajjarah. Splendeur à couper le souffle. C’est grandiose et inoubliable ces arrière-plans de montagne et ces bâtisses plus belles que dans tous les rêves. La galette de pain que tu as mangée est le “ROBES” cuit, plaqué sur les parois d’un four en terre au fond duquel brûle un feu de bois. Sur ces hauteurs, il était possible de déguster du Dagégé (poulet congelé importé de France) et aussi une “TOFFA” (pomme de nos vergers!)… La grande culture locale du Qat ayant éliminé tout le reste. Sur tes photos, on voit les terrasses de géant labourées, c’est encore plus beau quand elles sont vertes à une autre saison… Dans les jardins clos, les vignes produisaient des raisins variés au goût de muscat. Le mot muscat viendrait dit-on de MASCATE,région du Sultanat d’Oman. Bien à toi. JYJ..”

  7. Rémi Brunelin a écrit le 30.08.2012: “Le récit du voyage d’Hubert au Yémen est absolument passionnant.Je vous invite à lire aussi les témoignages de Jean-Yves C., en poste à Sanaa à cette époque, qui sont précieux et assez bouleversants. Tous les propos de Jean-Yves tout au long du récit d’Hubert méritent d’être lus car ils apportent un témoignage précieux sur sa vie en Ethiopie durant quelques années. Il sait intégrer ses souvenirs au sein de références historiques et culturelles remarquables pour nous faire partager son enthousiasme et son émotion !”

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