EPISODE / PART 28

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 28 : Djibouti 03-06 Avril 1978

Part 28 : Djibouti 03-06 Apr.1978

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

Grâce à Jean-Yves qui m’a réservé le meilleur accueil, mon voyage au Yémen s’est parfaitement déroulé, j’ai vu des sites magnifiques et me suis trouvé dans des situations variées, au sein de la population locale. C’est l’un des plus beaux voyages de ma vie et certainement le plus insolite. En cette matinée du 3 avril, je quitte l’Arabie Heureuse et un vol de courte durée me mène à Djibouti, lieu que j’avais envie de voir depuis mon installation à Harrar. Cette fois, l’appareil n’a pas de retard, ce qui mérite d’être signalé. Je foule le sol de la toute jeune République de Djibouti, ancien Territoire français des Afars et des Issas, qui vient d’accéder à l’indépendance suite au référendum du 8 mai 1977 (v.Episode 9). Je suis accueilli à l’aéroport par les amis de Marie-Josée venus me chercher, surprise très agréable. C’est la première fois que quelqu’un m’attend à la descente de l’avion depuis mon arrivée à Addis en novembre 1976.

Thanks to Jean-Yves who was so welcoming, my trip to Yemen went off perfectly, I saw magnificent places and I found myself in varied situations, among the local population. It’s one of the most beautiful trips of my life and certainly the most unusual. On this 3rd of April in the morning, I leave Happy Arabia and a short flight takes me to Djibouti, a place I had felt like seeing since my settling in Harar. This time, the aircraft is on time, it’s worth being noticed. I walk upon the soil of the very young Republic of Djibouti, former French Territory of the Afars and the Issas, which has just become independent, after the 8th of May 1977 referendum (see Part 9). Marie-Josée’s friends meet me at the airport; its a very good surprise. It’s the first time someone has collected me down the plane since my arrival in Addis in November 1976.

mj-Djibouti Port 03.04.78-

Au port, ce boutre semble avoir besoin de sérieuses réparations.

In the harbour, this dhow seems to need strong repairing.

mkS8-Djibouti 03.04.78

Ce poisson dont la fraîcheur ne peut être mise en doute va être mis en vente et trouver preneur sans délai. Je déjeune chez mes hôtes, Henri B. et sa compagne. A Djibouti, on me demandera plusieurs fois pourquoi je n’ai pas ramené de khat du Yémen, car chaque voyageur avait le droit d’importer une botte, je crois, ce qui aurait constitué un cadeau très apprécié ici. Désolé, je n’avais absolument pas pensé à cela. Le soir, je dîne à nouveau avec mes amis. Je suis magnifiquement reçu, dans une ambiance très conviviale. Cela me change de certains moments de solitude au Yémen et je peux me régaler de bons produits, qui ne manquent pas à Djibouti. Mes hôtes m’offrent même le choix de mon hébergement: ou bien j’aurai une chambre chez eux, ou bien je peux occuper seul un studio équipé et climatisé. Je choisis la première solution, tant l’accueil d’Henri et de sa compagne est chaleureux.

This fish whose freshness you can’t doubt is about to find a purchaser. I have lunch with my hosts, Henri B. and his companion. In Djibouti, I’ll be asked several times why I didn’t bring any khat from Yemen, for every traveller could import a bundle, I think, which would have constituted a highly-rated present here. Sorry, I hadn’t absolutely thought of that. I also have dinner with my friends. I’m magnificently entertained, in a very friendly atmosphere. It’s a great change, compared to some lonely moments in Yemen, and I can treat myself to good products, which Djibouti is not short of. My hosts even offer me the choice of my lodgings: either I’ll have a room at their place or I can put up by myself in a fitted-out air-conditioned one-roomed flatlet. I choose the first solution: Henri and his companion’s reception is so warm.

ml-Djibouti Excursion en mer 04.04.78-

Le lendemain 4 avril, je fais une promenade organisée, en bateau, vers de petites îles au large de Djibouti. La mer est très belle et l’excursion est agréable. Les paysages très arides de la côte et des îlots ne sont toutefois en rien comparables à ceux des Seychelles (v.Episodes 14 et 15). Je profite de la baignade au maximum mais je n’avais jamais connu un plan d’eau aussi chaud, presque trop.

The following day (4 April), I go for a sail to small islands off Djibouti. The sea is beautiful and the boat tour is pleasant. The coast and islets very arid landscapes can’t however be compared to what I saw in Seychelles (see Parts 14 and 15). I make the most of bathing, but I had never experienced so warm a stretch of water before, almost too much.

mm-Djibouti Excursion en mer 04.04.78-

mn-Djibouti Excursion en mer 04.04.78-

Voici deux autres vues prises lors de cette sortie dans le golfe de Tadjourah.

Here are two more pictures taken during this excursion to the Gulf of Tadjoura.

mo-Djibouti Port 04.04.78-

De retour à Djibouti, j’observe ces bateaux de guerre dans le port. La présence militaire française, en 1978 comme aujourd’hui en 2011, reste très importante dans ce pays de grand intérêt stratégique. Je passe une bonne soirée et une bonne nuit chez mes amis. Le lendemain 5 avril, je me promène en ville et je fais quelques courses. Le soir, j’assiste à la projection du film L’Homme pressé, d’E. Molinaro, avec A. Delon et M. Darc, dans un cinéma en plein air. Si j’ai soif de découvertes, surtout à cette époque, je pense, contrairement au héros du film P. Niox, qu’il faut aussi prendre le temps de vivre.

Back in Djibouti, I notice these warships in the harbour. The French military presence, in 1978 like to-day in 2011, remains very important in this country of great strategic value. I spend a good evening and a good night with my friends. The following day (5 April), I go for a walk into town and I do a bit of shopping. At night, I see the French film Man in a Hurry, produced by E. Molinaro, with A. Delon and M. Darc, in an open-air cinema. Although I like new experiences, especially in those times, I think, unlike the hero of the film, that we musn’t hurry to go into the wall.

mp-Djibouti 06.04.78-

Comme d’habitude, je suis debout de bonne heure, en ce 6 avril, et je commence cette journée par une lettre à ma famille: « Djibouti est une ville assez agréable, mais il y fait chaud. Il faut compter 30° en ce moment [à 6h 45] et 80% d’humidité relative. On trouve tout. Il y a des journaux et des livres français. La télé est en français. Il y a des cinémas, en français. On y mange bien aussi ». « Il fait très chaud à Djibouti, mais beaucoup moins qu’à Hodeidah. Les maisons sont ventilées ou climatisées et on arrive à bien dormir [lettre du 8 avril]».

Aujourd’hui, mes hôtes « me font découvrir en voiture les quartiers où il vaut mieux ne pas aller à pied », et je marche également dans le centre ville. Ci-dessus, une rue à arcades caractéristique.

As usual, I’m up early, on this 6th of April, and to start the day, I write to my family: ‘Djibouti is a rather pleasant city, but it’s hot here. The temperature is about 30°C at the moment [at 6. 45 AM] with 80% relative humidity. One finds everything. There are French newspapers and books. TV is in French. There are cinemas, in French. One eats well here, too’. ‘It’s hot in Djibouti, but much less than in Hodeidah. Houses are fan-refreshed or air-conditioned and one manages to sleep well [letter of 8 April]’.

To-day, my hosts ‘offer me a drive to the quarters where you’d better not go on foot’, and I walk in the city centre as well. Here is (above), a characteristic arcade-lined street.

mr-Djibouti Place Rimbaud 06.04.78-

La place Rimbaud. Dans la matinée, Henri, qui travaille au lycée d’Etat de Djibouti, me fait visiter une école élémentaire qui vaque en ce jeudi. Je peux observer une salle de classe, sans les enfants, et prends connaissance des conditions assez difficiles qui attendent l’enseignant nommé ici: environ 50 élèves par classe, assez remuants et pas toujours très motivés. Peu d’équipement. Mais le maître d’école dispose d’un “argument” de poids, un morceau de tuyau d’arrosage, dont il peut user pour taper sur les doigts des récalcitrants. Ces conditions de travail n’ont donc rien de très attrayant. Le port du short est autorisé en classe vu le climat éprouvant et il y a une heure de moins de cours par jour pendant la saison la plus chaude. Vais-je postuler pour travailler ici l’an prochain? Je pèse le pour et le contre. Henri me fait aussi savoir qu’il est difficile de se loger et que la vie est chère.

Rimbaud Square (above). In the morning, Henri, who works at Djibouti State Highschool, shows me a primary school which is on vacation on this Thursday. I can observe a classroom, without the children, and I get to know the pretty difficult conditions which are awaiting a teacher appointed here: about 50 pupils a form, rather restless and not always motivated. Little equipment. But the schoolmaster has a weighty “argument”, a piece of garden hose he can use to rap over the recalcitrants’ knuckles. Those working conditions have thus nothing very attractive. Wearing shorts is allowed in the classroom, in view of the testing climate and there is an hour of school less a day during the hottest season. Am I going to apply for a job here for next year? I weigh the pros and cons. Henri also lets me know that it’s difficult to find lodgings and that the cost of living is high.

ms-Djibouti Marché 06.04.78-

La promenade en voiture continue. Voici un marché coloré.

The drive is going on. Here is a colourful market.

mt-Djibouti Hambouli 06.04.78-

L’oued Hambouli

Hambouli wadi

mu-Djibouti 06.04.78-

Une autre vue du centre ville, depuis un toit en terrasse.

Another view of the city centre, from a terrace roof.

mv-Djibouti Cathédrale 06.04.78-

La cathédrale

The cathedral

mw-Djibouti Rails du CFE 06.04.78-

J’aime bien cette photo que son ciel vaporeux et son état de conservation médiocre font ressembler à une peinture impressionniste. On y voit une portion des premiers hectomètres de la voie unique du Chemin de fer Franco-Ethiopien, longeant le rivage avant de se diriger vers les hauts plateaux et Addis-Abeba, la ville que j’ai appris à aimer, ma résidence pour deux mois et demi encore. Mais qu’y a t-il derrière la courbe?

Ce soir, je ne me couche pas car je dois prendre l’avion pour la Nouvelle Fleur au milieu de la nuit. J’ai été reçu presque comme un prince par Henri et sa compagne. Grâce à eux j’ai passé un excellent séjour à Djibouti et j’ai eu un bon aperçu des conditions de vie là-bas. Je tiens à témoigner ici ma gratitude à ces deux amis pour leur hospitalité et je veux aussi remercier Marie-Josée qui m’a mis en contact avec eux, permettant cette inoubliable rencontre.                                 EPISODE 29 

I like this photo which its vaporous sky and its mediocre preservation state make look like an impressionistic painting. One can see a part of the first hectometres of the Franco-Ethiopian railway single track, running along the shore before heading for the high plateaus and Addis Ababa, the city I learned to like, the place I live in for two months and a half more. But what is there beyond the curve?

This evening, I’m not going to bed for I’m to take a plane for the New Flower in the middle of the night. Henri and his companion entertained me almost like a prince. Thanks to them, I spent excellent days in Djibouti and I managed to sight a good general picture of life conditions there. I’m anxious to show here my gratitude to those two friends for their hospitality and I also want to thank Marie-Josée, who put me in touch with them, allowing that unforgettable meeting.                          PART 29

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7 Responses to EPISODE / PART 28

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  3. Pingback: INTRODUCTION | MON GRAND VOYAGE – MY GREAT TRIP: ETHIOPIE – ETHIOPIA 1976-78

  4. Olga says:

    It’s good you had friends there to spend time with

  5. Yes, Olga, and I’d like to be able to meet them all some day again.

  6. Jean-Yves C. a écrit le 18.06.2012: “Ta photo du boutre décati dans le port de DJIBOUTI me parle, elle est tellement emblématique pour ceux qui ont voulu connaître les “Secrets de la Mer Rouge.” J’ai vu cette cathédrale glacée dans ce pays écrasé de touffeur où tout le monde semble traîner les pieds, même les militaires français. La mosquée râblée au minaret très bas me manque. Le marché au qât s’étendait derrière, de même que les bouges et “bounabeits “où trônaient des Ethiopiennes en attente de clients. Comme je transportais la valise diplomatique, je logeais dans une chambre de passage de la caserne du Plateau du Serpent d’où je voyais ces petites îles de calcaire acéré où tu as pu débarquer et voir la puissance du soleil sur les flots miroitants. J’ai eu la chance de faire la ligne de chemin de fer franco-éthiopien dans les deux sens: Avoir pris ce train pas comme les autres reste ancré en mes souvenirs que ravivent ces vues de la voie unique s’apprêtant à traverser des épineux, des troupeaux, des rochers noirs, des montagnes, des gorges sous le regard lointain et indifférent de bergers danakils, grand coutelas sur petit pagne de peau de chèvre… Vite que je lise tes derniers jours en Abyssinie. JYJ..”
    HT. a répondu le 18.06.2012: “J’aimerais citer des extraits de tes longues lettres -ainsi que de mes réponses- comme commentaires à la fin des billets sur mon site. Me permets-tu de le faire? Si oui, je citerai ainsi: Jean-Yves C. a écrit le .. juin 2012: “…………….”. Hubert T. a répondu le .. juin 2012: “………….”. Cela enrichirait et valoriserait mon travail. Mais je ne le fais pas sans que tu formules ta permission.
    Oui, il me semblait bien avoir remarqué que les femmes de la Tihama ne sont pas voilées. Il fait trop chaud pour cela. Sur ma photo de Beit-el-Faqui, on voit une femme qui se voile le visage… avec sa main.
    Le Palmier en Zinc: j’ai une photo de ce café de Djibouti que je te mets ci-dessous. Je ne l’ai pas publiée car peu intéressante. Il y a eu un attentat dans ce café en décembre 1977.
    A très bientôt Hubert”
    Jean-Yves C. a répondu le 18.06.2012: “Tu peux utiliser mes impressions à ta guise.”

  7. Barbier says:

    Merci de me faire revivre ces bons moments que vous avez passés à Djibouti. Mon grand oncle y ayant travaillé autrefois, je m’intéresse de près à ce beau pays, stratégique, qui a toujours attiré les convoitises.

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