EPISODE / PART 32

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 32 : Liban: Beyrouth 25 Juin 1978

Part 32 : Lebanon: Beirut 25 June 1978

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

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Grâce aux Pères dominicains du Caire, j’ai pu découvrir les hauts lieux de la métropole égyptienne dans les meilleures conditions. Le 24 juin, j’atterris à Beyrouth où je n’ai aucun mal à parvenir à mon lieu d’hébergement car ma grand-tante – qui fait aussi partie de l’ordre des Prêcheurs, autre désignation des Dominicains – est venue me chercher à l’aéroport. J’ai tout de suite reconnu “tante Marie-Louise”, grâce à son habit religieux. Le couvent se trouve rue de Verdun, quartier Fayoumé, en face de l’ambassade du Brésil. Nous nous y rendons en taxi. Je constate tout de suite qu’une grande partie du centre ville a été quasiment détruite par la guerre civile en cours, qui se rallume après chaque violation de trêve. Tout est très calme aujourd’hui. Je remarque vite que les feux rouges ne sont nullement respectés et que c’est le conducteur le plus pressé qui passe d’abord.

Comme au Caire, l’ambiance qui prévaut ici au couvent, chez les Soeurs mises en ma présence, est simple et amicale. Les conversations et les repas sont informels et détendus. Je ne ressens pas chez les Soeurs une atmosphère de réclusion et de sévérité mais au contraire d’échange et d’ouverture. J’arrive à peu près les mains vides car je n’ai pu apporter ni les diapositives sur l’Ethiopie ni le café que l’on m’avait demandés. Je m’efforce au moins de répondre de mon mieux aux nombreuses questions que l’on me pose sur mon grand voyage, qui touche à sa fin.

Thanks to the Dominican Fathers in Cairo, I saw the main historic places of the Egyptian metropolis in the best conditions. On the 24th of June, I land in Beyrouth where I have no difficulty to get to the place where I’m going to stay, for my great-aunt, who also belongs to the Order of Preachers, other designation for the Dominicans, has come to the airport to meet me. I recognized “aunt Marie-Louise” immediately, thanks to her clerical dress. The convent is located in Verdun street, Fayoumé quarter, in front of the embassy of Brazil. We get there by taxi. I notice at once that a large part of the city centre has been badly damaged by the current civil war, which flares up again after each breach of truce. Everything is very quiet to-day. I quickly note that the traffic lights are not at all respected and that the driver in the greatest hurry goes first.

Like in Cairo, the atmosphere that reigns among the Sisters placed in my presence is simple and friendly. The conversations and the meals are informal and relaxed. I don’t notice an atmosphere of reclusion and severity among the Sisters, but on the contrary, of exchanges and open-mindedness. I arrive here with my hands nearly empty for I couldn’t bring the slides about Ethiopia and any coffee either, which I had been asked for. I try at least, the best that I can, to answer the many questions I’m asked about my “great trip”, which is coming to its end.

oo-Liban Beyrouth Pl.de l'Etoile 25.06.78-

Le lendemain 25 juin, je visite la capitale du Liban, dans la matinée. Presque tout le monde parle le français, en plus de l’arabe. Je rencontre un bon accueil partout. On voit ici la place de l’Etoile, excavée pour y réaliser des fouilles archéologiques, ce qui n’empêche pas un marché de s’y tenir. On distingue la tour du Sérail, abîmée par la guerre.

On the following day, the 25th of June, in the morning, I visit the capital of Lebanon. Nearly everybody can speak French here, beside Arabic. Everyone is welcoming. Above, you can see the place de l’Etoile (Square of the Star), excavated for archaeological purposes, which doesn’t prevent a market to put up its stalls there. One can sight the Sérail (seraglio) tower, spoiled by the war.

op-Liban Beyrouth Sérail 25.06.78-

Voici la vue affligeante que l’on découvre quand on parvient au Sérail.

Here is the distressing view one can see when one arrives at the Sérail.

or-Liban Beyrouth 25.06.78-

os-Liban Beyrouth 25.06.78-

ot-Liban Beyrouth 25.06.78-

ou-Liban Beyrouth 25.06.78-

ov-Liban Beyrouth 25.06.78-

ow-Liban Beyrouth 25.06.78-

Les six photos ci-dessus montrent l’état de désolation que présente le centre de Beyrouth suite aux bombardements de la guerre, qui continue. Bien que tout proche, le quartier du couvent des Dominicaines est moins souvent la cible des tirs, et se trouve relativement épargné.

These six photos (above) show the state of desolation that Beirut centre presents, following the bombardments of the war, which is still going on. Albeit very close, the Dominican Sisters’ convent quarter is not so often the target of fire, and is relatively spared.

ox-Liban Beyrouth 25.06.78-

Après ces tristes images, voici un aperçu un peu plus optimiste. J’aime bien le drapeau libanais déployé ici en signe d’espoir, malgré toutes ces destructions.

After those sad pictures, here is a little more optimistic view. I like the Lebanese flag, unfurled here as a sign of hope, despite all the destruction.

oy-Liban Beyrouth 25.06.78-

Je remarque vite que tout le monde semble vivre d’une façon quasi normale. Tous les commerces et activités fonctionnent, ainsi que les loisirs. Ces pêcheurs à la ligne parviennent à trouver un indispensable moment de détente et les immeubles défigurés n’y changent rien. Il semble régner une certaine ambiance de liberté malgré la guerre. Par exemple, je vais où bon me semble en ville – ou presque; je peux photographier ce que je veux sans entraves et sans “regards noirs”, et je ne subis pas de fouilles. Les gens sont aimables et semblent être doués de la faculté de supporter les épreuves avec un certain “naturel”, fatalisme que l’on prête volontiers aux Orientaux. Mais mon regard de visiteur étranger ne me permet évidemment pas d’appréhender toute la complexité de la situation dramatique que traverse le pays.                              EPISODE 33 

I quickly notice that everybody seems to live in a nearly normal way. The city is busy, the shops are open, and leisure activities are going on. These anglers manage to find a necessary moment of relaxation and the defaced buildings can’t change anything to it. A certain atmosphere of freedom seems to prevail in spite of the war. For example, I can go nearly wherever I like in town, I can photograph whatever I want without hindrance and without “black looks” in the eyes, and I’m not searched here. People are kind and seem to be able to put up with hardships with some “naturalness”, a fatalism often supposed to be characteristic of the Orientals. But of course my foreign visitor’s look doesn’t enable me to understand all the complexity of the tragic situation the country is going through.                                  PART 33

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4 Responses to EPISODE / PART 32

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  3. Jean-Yves C. a écrit le 18.06.2012: ” Pardonne moi, mais je ne peux parler du Liban. Mon âme et mon cœur sont encore aussi détruits que les immeubles de Beyrouth-ouest. Je suis resté cinq ans terribles là-bas (fin 79 à 1985). J’ai tout connu: destruction, assassinats, bombes, incendie du Lycée de la mission laïque de Tripoli, explosion du Centre Culturel-agence consulaire de Tripoli. Invasion israélienne, exil à Beyrouth, enlèvement pendant 11 jours d’un collègue, tractations et trahisons dont je ne puis dire les détails, un protagoniste étant toujours en prison en France depuis 27ans! J’ai quitté le Liban si brusquement que j’ai tout abandonné derrière moi. Mon déménagement effectué par collègue a été envoyé à Beyrouth où il a été pillé sur le port! Depuis j’avais décidé l’autodafé, le deuil total des souvenirs. NON, je ne te dirai rien sur le Liban, mon pays bien aimé. J’ai une nièce qui a une grand-tante religieuse Franciscaine Missionnaire de Marie: Sœur Béatrice Aubé qui s’occupe d’un orphelinat de handicapés à ZAHLE dans la BEKA’A. Je l’ai rencontrée, très âgée elle est repartie avec le désir de mourir là-bas. J’ai fait un don à l’établissement en souvenir de mes amis disparus. J’ai encore une correspondante libanaise exilée à Montréal. Non, je ne te dirai plus rien sur le LIBAN. J’ai un cèdre de 40 ans dans mon jardin breton. Je vais voir si les chenilles processionnaires ne l’ont pas attaqué. Non, non, non, je ne parlerai plus du LIBAN. JYJ.”
    HT. a répondu le 18.06.2012: “Oui, pour le Liban, c’est très triste. Bien que n’y étant resté qu’une quinzaine de jours, je suis tombé sous le charme malgré la guerre. Je comprends que tes cicatrices ne peuvent s’effacer.
    Après Beyrouth, je vais décrire Beit Mery, puis Saïda et Jbeil, avant la Syrie et le retour à Beyrouth alors que la guerre a repris.”

  4. Barbier says:

    Oui je comprends la tristesse qu’à vécue Jean Yves en y habitant 5 ans. C’est vraiment triste de voir ce pays dévasté par la guerre. Il faut beaucoup de courage pour effacer tous les malheurs que l’on a vécus dans un pays que l’on a aimé.La vie, décidément, ne nous fait pas toujours de cadeaux ! Mieux vaut effacer les mauvais souvenirs et ne garder que les bons !

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