EPISODE / PART 37

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 37 : Syrie et Liban: Palmyre, Damas, Beyrouth 03-06 Juil.1978

Part 37 : Syria and Lebanon: Palmyra, Damascus, Beirut 03-06 Jul.1978

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

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Le coucher du soleil sur les ruines de Palmyre a tenu ses promesses et je suis debout très tôt le lendemain pour assister au retour des premiers rayons, en ce 3 juillet. Le ciel est toujours très clair mais l’astre paraît derrière la palmeraie et le phénomène des ombres ne se reproduit pas. Avant de reprendre l’autocar pour Damas, j’ai tout le temps de parcourir à nouveau l’antique cité et de l’admirer sous la lumière du matin.

The sunset on Palmyra ruins kept its promise and I’m up very early the following day to attend the return of the first rays, on this 3rd of July. The sky is still very clear but the day star appears from behind the palm grove and the shadow phenomenon doesn’t take place again. Before taking a coach back to Damascus, I’ve plenty of time to go all over the antique city again and to admire it in the morning light.

rt-Syrie Palmyre Arc monumental 03.07.78-

Une petite route goudronnée passe juste devant l’arc monumental. Remarquer les tours funéraires à l’arrière-plan, à gauche.

A small asphalted road goes past just in front of the monumental arch. Notice the funerary towers in the background, on the left.

ru-Syrie Palmyre Arc monumental 03.07.78-

Le “château arabe” de Qalat Ibn Maan est visible au fond à droite de cette seconde image.

Qalat Ibn Maan “Arabian castle” is visible in the back of this second picture, on the right.

rv-Syrie Palmyre Arc monumental 03.07.78-

Plan rapproché sur la face Est de l’arc monumental. Les petits arcs latéraux sont doubles, dans un souci des bâtisseurs de “corriger” la perspective, car la voie antique est coudée à cet endroit.

The monumental arch east side, from a short distance. The small side arches are double because the builders wanted to “correct” the perspective, for the ancient way is angled at this point.

rw-Syrie Palmyre Temple funéraire et Chât.Qalat Ibn Maan 03.07.78-

Le temple funéraire se dresse à l’extrémité ouest de la grande colonnade, là où le soleil disparaît chaque soir. Mais la façade regarde vers l’est et reçoit les premiers rayons du matin. Sur sa colline, le château arabe surveille ces solitudes chargées d’histoire et de mystère.

The funerary temple stands at the great colonnade west end, where the sun disappears every evening. But the façade looks eastwards and gets the first morning beams. On its hill, the Arabian castle watches these solitudes laden with history and mystery.

rx-Syrie Damas Mosquée des Omeyyades 04.07.78-

Dans la journée, je rentre à Damas et j’apprends que les hostilités ont repris à Beyrouth. Je me rends au bureau délivrant les visas de sortie. Simple coup de tampon? Le fonctionnaire me pose beaucoup de questions et me dit que j’obtiendrai ce visa ultérieurement et que je devrai revenir le voir plus tard. Je lui explique que je suis attendu à Beyrouth et que j’ai ensuite un avion à prendre. Je m’efforce de ne pas montrer l’agacement qui me gagne, et après d’assez longues palabres, j’obtiens l’indispensable cachet sur mon passeport.

La vie n’est pas chère en Syrie, nettement moins qu’au Liban. Lors d’un de mes repas dans un petit restaurant de la capitale, je m’étonne du prix très bas affiché au menu et je demande au serveur si c’est bien cela, si tout est compris, etc. Il me répond que oui, mais que je peux payer plus si je le souhaite. Je passe une seconde nuit dans un hôtel de Damas. Le 4 juillet, je retourne voir la mosquée des Omeyyades sous le soleil du matin. On voit ci-dessus le Dôme du Trésor, du VIIIe siècle.

During the day, I go back to Damascus and I hear that hostilities have started again in Beyrouth. I go to the office that delivers the exit visas. The stamp won’t be easy to get. The official asks me a lot of questions and tells me that I’ll get that visa later and that I’ll have to come here in a few days again. I explain to him that some people are waiting for me in Beyrouth and that I have a plane to catch afterwards. I try to conceal my irritation, and after pretty long conversations, I obtain the essential stamp.

The cost of living is not high in Syria, markedly lower than in Lebanon. While I’m having a meal in a small restaurant in the capital, I read the surprisingly low prices written on the menu and I ask the waiter whether it’s really what I think, whether everything is included, etc. He answers me: ‘Yes, but you can pay more if you like it’. I spend a second night in a hotel in Damascus. On the 4th of July, I go and see the Umayyad mosque again, in the morning sun. You can see the Dome of the Treasury (above), from the VIIIth century.

ry-Syrie Damas Temple de Jupiter 04.07.78-

Tout près de la mosquée se dressent les ruines romaines du temple de Jupiter, servant maintenant de noble entrée à un grand souk.

Very close to the mosque, stand Jupiter’s temple Roman ruins, now used as the noble entrance of a large souq.

rz-Journal L'Orient-Le Jour Beyrouth 06.07.78-

En début d’après-midi, je prends un taxi collectif à destination de Beyrouth. A la frontière, les douaniers me font descendre, moi seul, et examinent mon passeport. Je visualise encore maintenant en 2011 le préposé, de l’autre côté du guichet d’un bureau ouvert en forme de grande guérite taper mon passeport contre la planche en disant: « La Beyrouth! » (Vous n’irez pas à Beyrouth!). A nouveau, je dois parlementer et m’expliquer assez longuement: Il faut que je rejoigne ma famille, je ne peux dormir ici ou retourner en arrière, etc. J’espère surtout que le chauffeur du taxi ne va pas m’abandonner là. Mais non, tout le monde dans le véhicule attend patiemment. Cette situation rappelle l’anecdote de Wolisso (v.Episode 11). Au bout d’un temps assez long, on me rend mon passeport et je suis autorisé à quitter la Syrie et à poursuivre ma route. Ouf! C’est peut-être la couleur de mon passeport qui m’a sauvé: Je disposais d’un passeport de service, de couleur rose, intermédiaire entre le document “ordinaire” bleu et le passeport diplomatique vert, ce qui pouvait parfois faciliter les choses. J’ai aussi réussi à gérer convenablement les discussions: Il faut en Orient montrer détermination, patience et politesse, en évitant surtout les manifestations de colère.

En descendant sur Beyrouth, je distingue plusieurs incendies en cours sur les collines et sur la ville. Les passages à l’est de la capitale étant fermés, le chauffeur de taxi, qui connaît son métier, nous fait faire un grand détour par le sud et nous parvenons à rallier les quartiers plus calmes de l’ouest. Je retrouve le couvent. Toute la soirée, on entend des tirs et je ne vais pas passer une bonne nuit. Les Soeurs, elles, ont eu la force et tout le temps d’acquérir le stoïcisme dont elles font preuve. D’ailleurs, ce n’est pas notre secteur qui est visé, mais surtout Achrafieh et les autres quartiers chrétiens à l’est de la ville. Comme je me doute que la télévision française va parler de cette situation, j’écris le soir même à ma famille pour la rassurer: « Pour rentrer à Beyrouth cet après-midi, le taxi collectif a fait un crochet vu la situation instable. Le quartier du couvent est très calme ». Je passe encore deux journées entières à Beyrouth. Le 6 juillet, j’achète le journal L’Orient-Le Jour dont vous voyez le haut de la première page ci-dessus, comme témoignage du moment. Dans cette nouvelle phase de ce conflit embrouillé, ce sont surtout les Syriens de la Force de Frappe Arabe qui font pression sur le Front Libanais, majoritairement chrétien.

At the beginning of the afternoon, I take a collective taxi for Beyrouth. At the border, the customs officers make me get out, only me, and examine my passport. I can still remember the official now in 2011, at the other side of a counter in a kind of site office, knocking my passport against the board, saying: ‘La Beirut!’ (You’re not going to Beirut!). I have to argue things over again, and to explain myself for a pretty long time: I have to rejoin my family, I can’t sleep here or go back, etc. Above all, I hope the taxi driver won’t abandon me here. But he does not, and everyone is waiting in the vehicle patiently. It reminds me of the Wolisso anecdote (see Part 11). After a rather long time, I’m given my passport back and I’m allowed to leave Syria and to keep going on my way. Phew! Perhaps the colour of my passport saved me: I had a pink official passport, halfway between the ordinary blue one and the green diplomatic passport, which could make matters easier sometimes. I also managed to handle the conversations appropriately: In the Orient, one has to show resolution, patience and politeness, and above all to avoid getting angry.

On our way down to Beirut, I can sight several fires going on in town and on the hills. The passages from the east into town being closed, the taxi driver, who knows his job, makes a large detour southwards and we manage to get to the quieter western quarters. I’m now in the convent again. All the evening, gun fire can be heard and I’m not going to spend a good night. The Sisters, as for them, have had the moral strength and a lot of time to acquire the stoicism they show. Besides, our area is not aimed at, but rather Achrafieh and the other Christian districts in the east of the town. As I suppose French television is going to speak about this situation, I write in the evening to my family to reassure them: ‘To come back to Beirut this afternoon, the collective taxi made a detour because of the unstable situation. The convent quarter is very quiet’. I spend two more whole days in Beirut. On the 6th of July, I buy the newspaper “L’Orient-Le Jour” of which you can see the first page top (above), as evidence about the moment. In this new phase of this muddled conflict, Syrians from the Arab Strike Force especially put pressure on the Libanese Front, which is mainly Christian. Let me translate the first paragraph: ‘OUTBURST OF FURY AT ITS HEIGHT Beyrouth inhabitants had never seen such a thing, even during the worst moments of the two-year war; since the beginning of yesterday’s evening [5 July], the outburst of violence has been at its height in east-Beirut and its outskirts, where guns have been thundering without any respite, unloading hundreds of shells and high-tech projectiles onto the various quarters of this part of the capital city and its suburbs (…). ALL THE [EAST] DISTRICTS ARE SUBJECTED TO A BOMBARDMENT OF UNPRECEDENTED VIOLENCE’.

sa-Liban Beyrouth Douilles Déb.Juil.78-

La photo récente ci-dessus montre, présenté sur une carte postale envoyée à ma famille au début de mon séjour, le genre de témoignage que j’ai pu collecter en me baissant, lors de mes promenades dans les rues de Beyrouth durant ces jours de début juillet 1978. Je me souviens que me trouvant à un moment dans une cour intérieure du couvent, j’ai soudain entendu un échange de coups de feu provenant d’armes automatiques, dans la rue toute proche. Cette petite cour ayant vue sur des fenêtres d’où des tirs pouvaient partir, j’ai jugé plus prudent de me cacher tout de suite derrière un gros pilier et d’attendre que le calme revienne. Les Soeurs m’ont d’ailleurs dit qu’il était déjà arrivé que des balles perdues finissent leur course dans le couvent. Grâce à tout ce que les religieuses ont fait pour moi, j’ai pu passer un bon séjour au Liban malgré la situation dramatique du pays. Le 7 juillet, après bien des effusions et des remerciements, je prends congé des Soeurs et je m’envole pour Athènes.                         EPISODE 38 

This recent photo (above) shows, displayed on a postcard I sent to my family at the beginning of my stay, the kind of memento I was able to collect, bending down during my strolls in Beirut streets in those days, at the beginning of July 1978. I remember that finding myself once in an inner yard in the convent, I suddenly heard an exchange of submachine gun fire, in the nearby street. This small yard being overlooked by some windows firing could come from, I thought at once: ‘I had better hide behind a big pillar straight away and wait for quietness to come back’. The Sisters told me that it did happen that stray bullets finished their flight in the convent. Through all that the nuns did for me, I managed to spend a good stay in Lebanon despite the tragic situation of the country. On the 7th of July, after lots of effusions and thanks, I take my leave of the Sisters and I take off for Athens.                    PART 38

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4 Responses to EPISODE / PART 37

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  3. Comme en Ethiopie, je ne peux qu’admirer ton grand courage car il en faut pour voyager dans des pays en guerre.

  4. Barbier says:

    On ne peut qu’être admiratif devant le courage que vous avez eu de visiter la Syrie, temps de guerre. Le désert syrien, qui entoure Palyme, était un passage important de la route de la soie. Il était traverse par des caravanes venant d’Asie, apportant des épices, de l’encens, des parfums, des tissus et d’autres biens précieux à l’Europe. Des châteaux ont été construit, au milieu de ce désert, par de riches rois ou princes arabes. J’ai toujours trouvé, ayant vécu longtemps, à proximité du désert du Sahara, que le silence du désert apporte à chacun un merveilleux repos, une sensation de plénitude, qui permet au corps de se remettre de tout le stress des villes bruyantes !

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