EPISODE / PART 33

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 33 : Liban: Beit Mery 25 Juin 1978

Part 33 : Lebanon: Beit Mery 25 June 1978

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Ce matin, j’ai visité le centre ville de Beyrouth, ou ce qu’il en reste, et cela m’a laissé une curieuse impression, car la cité, bien que fort endommagée par les bombardements, est très vivante et les habitants semblent vaquer à toutes leurs occupations comme si le pays n’était pas déchiré par cette guerre civile qui se poursuit. Cet après-midi, je fais un autre déplacement, en compagnie de ma parente. Mais laissons la parole à “tante Marie-Louise de Beyrouth”. Elle écrit à ma famille le 27 juin: « … Dimanche après-midi [25 juin], je suis allée avec lui [Hubert] et la supérieure à Beit-Méry, le lieu où nous estivons. Il y a tout près une vieille citadelle, une église construite sur un ancien [sanctuaire] byzantin, lui-même construit sur des ruines phéniciennes. Il y a 2 colonnes de 2 m de diamètre à l’entrée de la chapelle. Il m’a photographiée près de l’une de ces colonnes. Il y a aussi d’autres ruines dont vous verrez des colonnes car il a pris pas mal de photos ».

This morning, I visited Beirut town centre, or what remains of it, and it left me a strange feeling, for the city, although much damaged by the bombardments, is very lively and the inhabitants seem to attend to their affairs as if the country was not torn apart by this civil war the end of which one can’t see yet. This afternoon, I do another outing, with my relative. But I let “aunt Marie-Louise of Beyrouth” speak. She writes to my family on the 27th of June: ‘… On Sunday afternoon [25 June], I went with him [Hubert] and the superior to Beit Mery, the place where we spend summers. Very near, there is an old citadel, a church built on a former Byzantine sanctuary, which itself is built on Phoenician ruins. There are 2 columns with a diameter of 2 metres at the entrance of the chapel. He photographed me near one of those pillars. There are also other ruins of which you’ll see some columns, for he took quite a lot of photos’.

oz-Liban Beyrouth Beit Mery Vue 25.06.78-

Beit Mery se trouve à une vingtaine de kilomètres à l’est de la capitale, dans un cadre de collines constituant les contreforts de la chaîne montagneuse occidentale du Liban. Grâce à son altitude d’environ 800 mètres, l’air y est beaucoup moins lourd qu’à Beyrouth, et la localité est depuis toujours un lieu de séjour apprécié en été. Des vues se développent vers la métropole et vers les belles étendues forestières peuplées de pins, alors que les fameux cèdres du Liban sont devenus très rares dans ce massif. Sur une hauteur se regroupent d’intéressants monuments remontant à presque toutes les époques historiques, depuis des vestiges phéniciens jusqu’au monastère de saint Jean Baptiste, du XVIIIe siècle, en passant par les témoignages des Romains et du Moyen-Age. Je vous laisse faire la visite libre et vous retrouve en bas de la page.

Beit Mery is situated hardly 20 km east from the capital city, in a setting of heights constituting the foothills of Mount Lebanon, the country’s western mountain range. Thanks to its altitude of about 800 metres, the air is much less sultry than in Beirut, and the locality has always been an appreciated summer resort. Views stretch to the metropolis and to the beautiful pine forests, while the famous Lebanese cedars have become very rare in this massif. On a hill gather interesting monuments dating back to nearly all historic ages, from Phoenician remains to Saint John the Baptist monastery (XVIIIth century), through the Roman and Middle-Ages pieces of evidence. I let you do the visit by yourselves and I’m meeting you at the bottom of the page again.

pa-Liban Beyrouth Beit Mery 25.06.78-

pb-Liban Beyrouth Beit Mery 25.06.78-

pc-Liban Beyrouth Beit Mery 25.06.78-

pe-Liban Beyrouth Beit Mery 25.06.78-

pf-Liban Beyrouth Beit Mery 25.06.78-

pg-Liban Beyrouth Beit Mery 25.06.78-

ph-Liban Beyrouth Beit Mery 25.06.78-

pi-Liban Beyrouth Beit Mery 25.06.78-

pj-Liban Beyrouth Beit Mery 25.06.78-

Ma grand-tante, dont le nom de religieuse est soeur Catherine de Sienne, est à ce moment âgée de 82 ans. Elle nous quittera en 1995, moins de six mois avant son centième anniversaire. Remarquer sur cette dernière vue la belle mosaïque au sol.       EPISODE 34 

My great-aunt, whose name as a nun is sister Catherine of Siena, is 82 years old at that moment. She will leave us in 1995, less than six months before reaching the age of 100. Notice the beautiful mosaic on the ground, on this last picture.              PART 34

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EPISODE / PART 32

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 32 : Liban: Beyrouth 25 Juin 1978

Part 32 : Lebanon: Beirut 25 June 1978

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Grâce aux Pères dominicains du Caire, j’ai pu découvrir les hauts lieux de la métropole égyptienne dans les meilleures conditions. Le 24 juin, j’atterris à Beyrouth où je n’ai aucun mal à parvenir à mon lieu d’hébergement car ma grand-tante – qui fait aussi partie de l’ordre des Prêcheurs, autre désignation des Dominicains – est venue me chercher à l’aéroport. J’ai tout de suite reconnu “tante Marie-Louise”, grâce à son habit religieux. Le couvent se trouve rue de Verdun, quartier Fayoumé, en face de l’ambassade du Brésil. Nous nous y rendons en taxi. Je constate tout de suite qu’une grande partie du centre ville a été quasiment détruite par la guerre civile en cours, qui se rallume après chaque violation de trêve. Tout est très calme aujourd’hui. Je remarque vite que les feux rouges ne sont nullement respectés et que c’est le conducteur le plus pressé qui passe d’abord.

Comme au Caire, l’ambiance qui prévaut ici au couvent, chez les Soeurs mises en ma présence, est simple et amicale. Les conversations et les repas sont informels et détendus. Je ne ressens pas chez les Soeurs une atmosphère de réclusion et de sévérité mais au contraire d’échange et d’ouverture. J’arrive à peu près les mains vides car je n’ai pu apporter ni les diapositives sur l’Ethiopie ni le café que l’on m’avait demandés. Je m’efforce au moins de répondre de mon mieux aux nombreuses questions que l’on me pose sur mon grand voyage, qui touche à sa fin.

Thanks to the Dominican Fathers in Cairo, I saw the main historic places of the Egyptian metropolis in the best conditions. On the 24th of June, I land in Beyrouth where I have no difficulty to get to the place where I’m going to stay, for my great-aunt, who also belongs to the Order of Preachers, other designation for the Dominicans, has come to the airport to meet me. I recognized “aunt Marie-Louise” immediately, thanks to her clerical dress. The convent is located in Verdun street, Fayoumé quarter, in front of the embassy of Brazil. We get there by taxi. I notice at once that a large part of the city centre has been badly damaged by the current civil war, which flares up again after each breach of truce. Everything is very quiet to-day. I quickly note that the traffic lights are not at all respected and that the driver in the greatest hurry goes first.

Like in Cairo, the atmosphere that reigns among the Sisters placed in my presence is simple and friendly. The conversations and the meals are informal and relaxed. I don’t notice an atmosphere of reclusion and severity among the Sisters, but on the contrary, of exchanges and open-mindedness. I arrive here with my hands nearly empty for I couldn’t bring the slides about Ethiopia and any coffee either, which I had been asked for. I try at least, the best that I can, to answer the many questions I’m asked about my “great trip”, which is coming to its end.

oo-Liban Beyrouth Pl.de l'Etoile 25.06.78-

Le lendemain 25 juin, je visite la capitale du Liban, dans la matinée. Presque tout le monde parle le français, en plus de l’arabe. Je rencontre un bon accueil partout. On voit ici la place de l’Etoile, excavée pour y réaliser des fouilles archéologiques, ce qui n’empêche pas un marché de s’y tenir. On distingue la tour du Sérail, abîmée par la guerre.

On the following day, the 25th of June, in the morning, I visit the capital of Lebanon. Nearly everybody can speak French here, beside Arabic. Everyone is welcoming. Above, you can see the place de l’Etoile (Square of the Star), excavated for archaeological purposes, which doesn’t prevent a market to put up its stalls there. One can sight the Sérail (seraglio) tower, spoiled by the war.

op-Liban Beyrouth Sérail 25.06.78-

Voici la vue affligeante que l’on découvre quand on parvient au Sérail.

Here is the distressing view one can see when one arrives at the Sérail.

or-Liban Beyrouth 25.06.78-

os-Liban Beyrouth 25.06.78-

ot-Liban Beyrouth 25.06.78-

ou-Liban Beyrouth 25.06.78-

ov-Liban Beyrouth 25.06.78-

ow-Liban Beyrouth 25.06.78-

Les six photos ci-dessus montrent l’état de désolation que présente le centre de Beyrouth suite aux bombardements de la guerre, qui continue. Bien que tout proche, le quartier du couvent des Dominicaines est moins souvent la cible des tirs, et se trouve relativement épargné.

These six photos (above) show the state of desolation that Beirut centre presents, following the bombardments of the war, which is still going on. Albeit very close, the Dominican Sisters’ convent quarter is not so often the target of fire, and is relatively spared.

ox-Liban Beyrouth 25.06.78-

Après ces tristes images, voici un aperçu un peu plus optimiste. J’aime bien le drapeau libanais déployé ici en signe d’espoir, malgré toutes ces destructions.

After those sad pictures, here is a little more optimistic view. I like the Lebanese flag, unfurled here as a sign of hope, despite all the destruction.

oy-Liban Beyrouth 25.06.78-

Je remarque vite que tout le monde semble vivre d’une façon quasi normale. Tous les commerces et activités fonctionnent, ainsi que les loisirs. Ces pêcheurs à la ligne parviennent à trouver un indispensable moment de détente et les immeubles défigurés n’y changent rien. Il semble régner une certaine ambiance de liberté malgré la guerre. Par exemple, je vais où bon me semble en ville – ou presque; je peux photographier ce que je veux sans entraves et sans “regards noirs”, et je ne subis pas de fouilles. Les gens sont aimables et semblent être doués de la faculté de supporter les épreuves avec un certain “naturel”, fatalisme que l’on prête volontiers aux Orientaux. Mais mon regard de visiteur étranger ne me permet évidemment pas d’appréhender toute la complexité de la situation dramatique que traverse le pays.                              EPISODE 33 

I quickly notice that everybody seems to live in a nearly normal way. The city is busy, the shops are open, and leisure activities are going on. These anglers manage to find a necessary moment of relaxation and the defaced buildings can’t change anything to it. A certain atmosphere of freedom seems to prevail in spite of the war. For example, I can go nearly wherever I like in town, I can photograph whatever I want without hindrance and without “black looks” in the eyes, and I’m not searched here. People are kind and seem to be able to put up with hardships with some “naturalness”, a fatalism often supposed to be characteristic of the Orientals. But of course my foreign visitor’s look doesn’t enable me to understand all the complexity of the tragic situation the country is going through.                                  PART 33

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EPISODE / PART 31

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 31 : Egypte: Les Pyramides de Gizeh 23 Juin 1978

Part 31 : Egypt: The Pyramids of Giza 23 June 1978

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Après avoir passé deux jours à visiter le Caire, je ne peux quitter la capitale de l’Egypte sans découvrir le plateau de Gizeh et ses Pyramides. En ce 23 juin, accompagné d’un jeune Père du couvent dominicain, qui ne porte pas l’habit mais est vêtu en civil, je prends un autocar vers le célèbre site, situé à 25 km environ au sud-ouest de la métropole. Nous allons effectuer cette excursion le matin, à cause de la chaleur.

After a two-day visit of Cairo, I can’t leave Egypt’s capital city without seeing Giza plateau and its Pyramids. On this 23rd of June, accompanied by a young Father from the Dominican convent, who is not wearing clerical dress but plain clothes, I take a bus to the famous place, situated about 25 km south-west from the metropolis. We are doing this excursion in the morning because of the heat.

ob-Egypte Gizeh Pyramide de Khéops 23.06.78-

Nous commençons par la Grande Pyramide de Khéops. Je ne donnerai pas ici de renseignements à caractère encyclopédique et je préfère vous suggérer pour cela une visite aux pages de Wikipedia.

We start with the Great Pyramid of Khufu. I won’t give any encyclopaedic information here and I prefer to suggest you should visit Wikipedia‘s pages for that.

oc-Egypte Gizeh Pyramide de Khéops 23.06.78-

Aspect général de la pyramide de Khéops, faces Sud et Est.

General appearance of Khufu’s pyramid, south and east sides.

od-Egypte Gizeh Pyramide de Khéops 23.06.78-

Cette vue rapprochée permet de mieux prendre la mesure du colossal monument.

This close view makes it possible to appreciate the size of the colossal building.

oe-Egypte Gizeh Pyramide de Khéops 23.06.78-

Nous visitons l’intérieur de la Grande Pyramide.

We visit the inside of the Great Pyramid.

of-Egypte Gizeh Sphinx 23.06.78-

Le Sphinx se trouve devant la face Est de la pyramide de Khéphren. Au centre de l’image, la pyramide de Mykérinos.

The Sphinx is lying in front of Khafre’s pyramid east side. In the centre of the picture, the pyramid of Menkaure.

og-Egypte Gizeh Sphinx et P.de Khéphren 23.06.78-

La pyramide de Khéphren est bien reconnaissable car elle a conservé son parement au sommet.

The pyramid of Khafre is easy to recognize for it has retained its facing at the top.

oh-Egypte Gizeh Sphinx et P.de Khéops 23.06.78-

Le Sphinx se profile ici devant la pyramide de Khéops.

The Sphinx is standing out in profile here, against the pyramid of Khufu.

oi-Egypte Gizeh Temple de Khéphren 23.06.78-

Le temple de Khéphren

Khafre’s temple

oj-Egypte Gizeh Pyramide de Khéphren 23.06.78-

La face Est de la pyramide de Khéphren.

Khafre’s pyramid east side.

ok-Egypte Gizeh Pyramide de Khéphren 23.06.78-

Nous visitons maintenant l’intérieur de la pyramide de Khéphren, jusqu’à la chambre funéraire.

Now, we visit the inside of Khafre’s pyramid, as far as the burial chamber.

ol-Egypte Gizeh Pyramide de Mykérinos 23.06.78-

C’est au tour de la pyramide de Mykérinos de lever pour nous un coin du voile sur ses secrets.

It’s time for the pyramid of Menkaure to lift a corner of the veil onto its secrets for us.

om-Egypte Gizeh Pyramides 23.06.78-

Je m’éloigne un peu du site en marchant vers le sud pour avoir cette vue générale sur les principales pyramides, qui semblent toutes trois sensiblement de la même taille, vues d’ici. En fait, Mykérinos, à gauche, a un volume dix fois plus petit que celui de la Grande Pyramide de Khéops, à droite. La pyramide de Khéphren, au centre, paraît la plus grande mais est en réalité légèrement surpassée par Khéops.

I walk away southwards to enjoy this general view of the three main pyramids, which seem to be nearly the same size, seen from here. The volume of Menkaure’s pyramid – on the left – is in fact ten times smaller than Khufu’s Great Pyramid’s – on the right. The pyramid of Khafre, in the centre, looks the tallest one but is actually slightly surpassed by Khufu’s.

on-Egypte Gizeh Pyramides 23.06.78-

Un homme rencontré au même endroit veut “m’immortaliser” avec mon propre appareil. C’est vrai que le cadre s’y prête. La marche dans le sable mou est très pénible, surtout sous ce soleil de midi, devenu tout à fait écrasant. C’est le moment de rentrer, de prendre un peu de repos, puis d’accomplir les démarches habituelles de fin de séjour. Le 24 juin dans l’après-midi, je m’envole pour Beyrouth après mille mercis aux Pères pour leur formidable accueil.                                       EPISODE 32 

A man I meet at the same spot wants to “‘immortalize” me with my own camera. The background is indeed very suitable. Walking in this soft sand is very tiresome, especially in the really crushing midday sun. It’s time to come back, to have a little rest and to do the usual steps at the end of a stay. On the 24th of June, in the afternooon, I take off for Beirut, after giving the Fathers lots of thanks for their fantastic reception.                      PART 32

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EPISODE / PART 30

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 30 : Egypte: Le Caire 20-22 Juin 1978

Part 30 : Egypt: Cairo 20-22 June 1978

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Alors que je quitte définitivement l’Ethiopie en cette matinée du 20 juin, je sais que la plus belle et la plus passionnante page de ma vie jusqu’à maintenant vient de se tourner. Ce voyage de retour va constituer une transition vers la reprise de mon existence en Normandie, et représenter une sorte de consolation me permettant de ne pas partir le coeur trop serré. Dans le cadre de mon contrat, j’ai droit à un billet d’avion gratuit pour rentrer en France directement, sans escale. J’ai demandé et obtenu de l’Ambassade à Addis le remboursement de ce titre de transport à prix réduit, et j’ai acheté un autre billet à plein tarif, autorisant des arrêts intermédiaires. J’ai une grand-tante religieuse à Beyrouth, qui m’a invité, et m’a mis en contact avec les Pères dominicains au Caire, qui pourront aussi me recevoir. La capitale de l’Egypte est donc la première étape de ce nouveau périple. Après le passage en douane, je demande un taxi pour le centre ville et le couvent des Pères, abritant l’Institut Dominicain d’Etudes Orientales, qui se situe rue Masna al-Tarabich. Bien que tout le monde semble agréable et serviable, aucun chauffeur de taxi sollicité ne reconnaît le nom de la rue, ni par la prononciation ni par l’écriture. Tout le monde semble également ignorer l’existence des Pères. Je finis tout de même par parvenir au couvent, après une recherche assez longue.

As I’m leaving Ethiopia for good on this 20th of June in the morning, I know that the most beautiful and the most fascinating page of my life so far has just been turned. This trip home is going to constitute a transition toward the resumption of my existence in Normandy, and to represent a sort of consolation enabling me not to leave with a too heavy heart. In my contract framework, I’m entitled to a free air ticket to go back to France directly, without stopping over. I requested and obtained the repayment of this reduced-fare ticket from the Embassy in Addis, and I bought another ticket at full price, allowing middle stops. I’ve a great-aunt who is a nun in Beirut, who invited me and put me in touch with the Dominican Fathers in Cairo, who will also be able to put me up. So the capital of Egypt is the first stage of this new trip. After going through the customs, I ask for a taxi to the city centre and the Fathers’ convent, sheltering the Dominican Institute for Oriental Studies, situated Masna al-Tarabich street. Although everyone looks welcoming and obliging, none of the taxi drivers I ask can recognize the name of the street, neither through pronunciation nor through reading. Everybody seems not to know the Fathers’ existence as well. Finally, I manage to get to the convent, after a pretty long search.

ni-Egypte Le Caire Place Al Geish 20.06.78-

L’après-midi, je fais un tour dans la capitale. Voici la place Al Geish.

In the afternoon, I go for a stroll in the capital city. Here is Al Geish Square.

nj-Egypte Le Caire Place Al Geish 20.06.78-

J’aime beaucoup cette photo, prise aussi place Al Geish. Ces magnifiques sourires et expressions montrent que point n’est besoin d’être né dans la dentelle pour manifester la joie de vivre.

I love this photo, taken in Al Geish Square as well. These beautiful smiles and expressions show that one doesn’t need to have been born in lace to indicate joy in life.

nk-Egypte Le Caire Place Tahrir 21.06.78-

Je suis très bien reçu par les Pères, qui, en ma présence tout du moins, ne semblent pas mener une vie recluse et ascétique. Je partage mes repas avec quelques uns d’entre eux, dans une ambiance simple et amicale. L’un des Pères va se charger de me faire visiter les lieux les plus intéressants du Caire pendant mon court séjour. Après une bonne nuit, je passe donc la journée du 21 juin à découvrir la capitale. Voici la place Tahrir, au coeur de la cité (ci-dessus).

I’m very well entertained by the Fathers, who, at least while I’m here, don’t seem to lead a cloistered and ascetic life. I share my meals with a few of them, in a simple and friendly atmosphere. One of the Fathers is going to show me the most interesting spots in Cairo during my short stay. So after a good night, I spend the following day (21 June) sightseeing the capital. Here is Tahrir Square, in the heart of the city (above).

nl-Egypte Le Caire 21.06.78-

Le Caire compte bien sûr de très nombreuses mosquées, à la silhouette caractéristique. Je vous laisse apprécier ces vues.

Cairo owns lots of mosques, of course, with a characteristic figure. I let you appreciate these views.

nm-Egypte Le Caire 21.06.78-

nn-Egypte Le Caire 21.06.78-

no-Egypte Le Caire 21.06.78-

np-Egypte Le Caire 21.06.78-

nr-Egypte Le Caire 21.06.78-

On peut parfois monter dans les parties hautes des monuments pour découvrir un intéressant panorama sur la capitale. Le Caire recèle des trésors, mais ne donne pas l’impression d’une ville maintenue en bon état. L’ensemble est très gris et très poussiéreux, heureusement égayé par le soleil quasi permanent.

One sometimes can go up to the high parts of the buildings to sight an interesting panorama onto the capital. Cairo conceals treasures, but doesn’t give the impression of a well-kept town. The whole is very grey and dusty, fortunately brightened up by the nearly permanent sun.

ns-Egypte Le Caire 21.06.78-

Une rue assez caractéristique du Caire de cette époque.

A rather characteristic street of Cairo in those times.

nt-Egypte Le Caire Citadelle 21.06.78-

nu-Egypte Le Caire Mosquée Mohammed Ali 21.06.78-

Les deux vues ci-dessus représentent la Citadelle et la mosquée Mohammed Ali.

These two photos (above) represent the Citadel and the mosque of Muhammad Ali Pasha.

nv-Egypte Le Caire Mosquée Al-Azhar 21.06.78-

nw-Egypte Le Caire Mosquée Al-Azhar 21.06.78-

Sur les deux images suivantes, le soleil se couche sur la mosquée Al-Azhar.

In the next two pictures, the sun is setting on Al-Azhar mosque.

nx-Egypte Le Caire Bab al-Futuh Mosquée Al-Hakim 22.06.78-

Après une bonne soirée chez les Pères, je parcours à nouveau les rues le lendemain 22 juin. Voici Bab-al-Futuh et la mosquée Al-Hakim.

After a good evening with the Fathers, I go all over the streets again, on the next day, the 22nd of June. Here is Bab-al-Futuh and Al-Hakim mosque.

ny-Egypte Le Caire Anc.Forteresse 22.06.78-

nz-Egypte Le Caire Anc.Forteresse 22.06.78-

Les deux photos ci-dessus montrent “l’ancienne forteresse”. Pendant ce bref séjour, je m’occupe aussi de l’indispensable visa pour me rendre au Liban. Je l’obtiens, non sans quelques difficultés.

These two photos (above) show the “old fortress”. During this short stay, I deal with the visa I have to obtain to go to Lebanon. I get it, not without any difficulties.

oa-Egypte Le Caire 22.06.78-

Il aurait été dommage de ne pas visiter le musée égyptien du Caire, qui se situe à deux pas de la place Tahrir. Je le découvre donc et admire l’extraordinaire trésor de Toutânkhamon. Voici maintenant une rue typique, dominée par une mosquée, jamais bien loin ici. J’écris le 22 juin: « C’est avec un petit pincement au coeur que j’ai quitté définitivement l’Ethiopie avant-hier, très tempéré par le fait que je suis en vacances et que je fais un beau voyage. Je suis bien arrivé au Caire où j’ai été chaleureusement accueilli par les Pères dominicains à qui tante Marie-Louise de Beyrouth m’avait recommandé. Ils promènent même le touriste que je suis. Le Caire est immense, étouffant (plus de 40°). Les gens sont extraordinairement sympathiques. Demain, je vais voir les Pyramides, et je pars pour Beyrouth comme prévu le 24 par Middle East Airlines. (…) Le Caire est très intéressant malgré le vent [brûlant] comme une flamme de chalumeau ». Comme d’habitude, je fais ce voyage avec peu de bagages. Jean-Luc, mon ancien camarade de Harrar, que je veux remercier ici, a bien voulu prendre le paquet de mes trente cassettes de musique, dûment scellé et tamponné par la Censure à Addis, dans sa propre malle expédiée en France peu après mon départ d’Ethiopie. Il me l’enverra ensuite par la poste.              EPISODE 31 

It would have been a pity not to see the Egyptian Museum of Antiquities in Cairo, situated very close to Tahrir Square. I visit it, then, and I admire the extraordinary Tutankhamun’s treasure. Here is now a typical street, overlooked by a mosque, never a long way here. I write on the 22th of June: ‘I left Ethiopia for ever the day before yesterday with a small lump in my throat, but soothed by the fact I’m on holidays and I’m on a lovely trip. I arrived in Cairo without a hitch and I’ve been welcomed by the Dominican Fathers to whom aunt Marie-Louise of Beirut had recommended me. They even take round the tourist that I am. Cairo is immense, stifling (over 40°C). People are incredibly friendly. To-morrow, I’m going to see the Pyramids, and I’m leaving to Beirut on the 24th with Middle East Airlines as planned. (…) Cairo is very interesting in spite of the wind, [burning] like a blowlamp’s flame’. As usual, I’m doing this trip with little luggage. Jean-luc, my companion in Harar, whom I want to thank here, agreed to take the parcel of my thirty cassettes of music, duly sealed and stamped at the Censors’ office in Addis, in his own trunk he dispatched to France a little after I left Ethiopia. He will send it to me through the post later.                 PART 31

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EPISODE / PART 29

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 29 : Dernières semaines en Ethiopie Avril à Juin 1978

Part 29 : Last weeks in Ethiopia April to June 1978

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Le vendredi 7 avril dans la matinée, je retrouve à Addis une atmosphère beaucoup plus fraîche que tout ce que j’ai connu pendant la quinzaine passée. Mon magnifique voyage au Yémen et à Djibouti s’est déroulé sans incident et restera comme l’un des souvenirs les plus forts de ma vie. J’ai obtenu le meilleur accueil partout et à nouveau je veux remercier ici Jean-Yves, ainsi que Henri et sa compagne. Tous les trois, je ne vous oublierai jamais.

Comme j’ai la forme olympique et que je suis peu chargé de bagages – j’ai toujours préféré voyager léger – je décide de rentrer chez moi à pied. L’aéroport n’est pas loin de la cité et je n’ai que huit kilomètres environ à parcourir. Je passe à la poste vider mon casier, puis je dépose mes affaires chez moi, avenue Churchill, et ensuite je me rends à l’Ambassade de France (située à environ 2,5 km au nord-est de Sidist Kilo) pour une démarche, toujours à pied – encore six bons kilomètres.

La rentrée à l’Alliance le 10 avril se passe bien et je reprends ma vie bien organisée. J’écris le 15 avril: « Mon séjour en Ethiopie tire à sa fin maintenant. Plus que neuf semaines avant les grandes vacances, le 16 juin. (…) Addis est parfaitement calme, et animé par les fêtes de kebelés. Les autorités préparent déjà la grande fête du 1er mai, à laquelle Brejnev assistera nous dit-on. L’avenue Churchill a été peinte de bandes blanches délimitant quatre voies dans chaque sens, ce qui lui donne de l’allure ». En ces jours, après chaque cours à l’Alliance se terminant à midi, j’observe la position du soleil alors que je rentre à pied déjeuner chez moi. « (…) Le passage du Soleil au zénith s’est produit le 13 avril à 12h 20. Le Soleil passe maintenant au nord. (…) Ici, les récoltes sont belles, heureusement car beaucoup de paysans ont été mobilisés. L’approvisionnement est médiocre. Il y a des queues énormes pour avoir du pain, du sucre, etc ». Tana, notre mamité, se chargeait d’une partie des courses mais nous en faisions aussi. Quand un arrivage se produisait dans les magasins, le bouche à oreille fonctionnait vite et nous nous précipitions pour obtenir ‘du beurre du Kenya’ par exemple, ou toute autre denrée devenue rare. Je me souviens qu’en me rendant un jour au petit supermarché Tewodros, à deux pas de chez moi, pour profiter d’une livraison de sucre, les vendeurs m’ont fait sauter la longue file d’attente, grâce à mon statut de résident étranger. J’avoue que je n’ai pas eu le courage de vouloir tout de même prendre place dans la queue pour une heure de patience. Je suis ressorti avec mon kilo de sucre cristal la tête basse, sans oser non plus affronter les regards vraiment noirs. Dans les petits supermarchés (il n’y en avait pas de grands), comme Tatek, Misrak ou Bambis, de la musique était souvent diffusée, meublant l’espace et résonnant sur les rayons métalliques peu garnis. Mais malgré la pénurie, nous avons toujours pu nous nourrir convenablement à Addis. A propos de table, mentionnons les vins éthiopiens. On trouvait des rouges et des blancs, de style un peu “italien” mais de qualité moyenne, comme le Guder et le Makanissa. J’appréciais l’Amba (“montagne tabulaire”), vin rouge, quand on pouvait en trouver. Il y avait même un breuvage étiqueté “Champagne d’Ethiopie”.

J’écris le 23 avril: « J’en suis à la dernière ligne droite avant mon retour à Paris. Plus que huit semaines. Je regretterai, car ici je ne m’en fais pas, et j’ai une vie autrement plus intéressante (… )». J’aimais beaucoup mon existence à Addis. Ce goût peut sembler curieux car les inconvénients étaient très nombreux. Je développerai ce point plus loin dans l’EPILOGUE. « (…) Addis est plus calme que je ne l’ai jamais vu. Plus de coups de feu et la terreur rouge se relâche un peu. Cependant, on est toujours fouillé pour entrer n’importe où et le couvre-feu [de minuit à cinq heures] est toujours aussi strict ». Si par malchance ou négligence on était encore dehors en voiture à minuit, il fallait rouler très lentement toutes lumières allumées et bien sûr stopper à toute injonction. Une nuit, Jean-Noël et moi avons subi un coup de feu de semonce en l’air. Dans ce cas, l’arrêt immédiat s’imposait, bien entendu. « (…) Les Ethiopiens ne trouvent plus le tef avec lequel ils font l’injéra, si bien qu’ils mangent du pain. Pour avoir du pain, il faut faire la queue souvent des heures. Il est de plus très mauvais, contenant 30 % environ de farine de blé. (…) Nous avons toujours les fêtes de kebelés, de 5 à 10 chaque semaine, toute l’année. Ca nous fait des distractions, avec le cinéma, les activités de l’Alliance et les sorties ». Il y avait peu d’occasions de vraiment s’amuser à Addis. L’ambiance générale n’était pas à l’euphorie, malgré les nombreuses fêtes de kebelés. Jean-Noël et moi nous rendions parfois à ces manifestations. Il y avait de grandes tables et des bancs. Nous pouvions boire une bière ou un verre de tedj, et essayer de communiquer avec la population locale, plus ou moins obligée de prendre part. Si gaieté il y avait, celle-ci était assez artificielle, compte tenu du climat de crainte qui régnait par ailleurs. Les fêtes de kebelés de ce temps me font penser à certains banquets ‘civiques’ ou ‘républicains’ en faveur pendant la Révolution française, où la volonté de rassemblement ‘fraternel’ cachait mal la terreur ambiante et la dictature. A propos des distractions, nous sortions souvent, Jean-Noël et moi, le samedi soir, grâce à la voiture de mon camarade. Nous allions manger dans un petit restaurant, comme l’Omar Khayyam ou l’Oroscopo, en Piazza, ou bien parfois au Maru Dembia (ambiance et menu traditionnels), au Ras, au Villaverde ou chez Castelli. Nous nous promenions et prenions une bière à l’Ethiopia ou au Kokeb, par exemple. Je me souviens que l’hôtel Ethiopia était parfois approvisionné en bière Melotti, marque que nous préférions à la Méta. A défaut de ces deux étiquettes, nous demandions une Pilsner, autre marque éthiopienne que nous trouvions moins bonne. Le restaurant Kokeb (“étoile”) était situé en haut d’un immeuble et nous admirions la vue de nuit sur la cité. Le cinéma en bas de l’avenue Churchill présentait rarement un film en français, mais je me souviens d’y avoir vu Monsieur Klein, avec A. Delon, en version originale. Nous finissions parfois la soirée dans un bouna bet (“maison de café”), sur la route de Debré-Zeit, par exemple le Viking, où il y avait de la musique, où on pouvait danser et boire encore une bière ou du tedj. Il fallait impérativement être chez soi avant l’heure du couvre-feu. Il n’y avait pas de permission de minuit, et ce que risquait le carrosse n’était pas de se transformer en citrouille, mais en passoire.

J’écris le 30 avril: « C’est aujourd’hui Pâques en Ethiopie. Le Vendredi saint est férié, pas le lundi de Pâques, mais comme c’est le 1er mai, c’est un autre jour férié. Exceptionnellement, le couvre-feu a été levé la nuit dernière pour permettre aux gens d’aller à la messe de minuit. J. Noël et moi ne sommes pas allés à la messe, mais avons profité de l’absence de couvre-feu quand même. (…) Langano [v.Episode 19] est à peu près le seul endroit où les Occidentaux peuvent encore aller, avec Nazareth. Maintenant, il faut, pour sortir d’Addis, non seulement l’autorisation de l’Ambassade (en 2 exemplaires, 5 jours à l’avance, par la voie hiérarchique), mais aussi celle des Ethiopiens (15 jours de délai environ). (…) Demain, c’est la fête du 1er mai, qui devrait mériter le nom de grandiose, si l’on se fie aux préparatifs assez impressionnants ». J’écris le 8 mai: « Les fêtes du 1er mai sont un peu tombées à l’eau à cause de la pluie battante qui est tombée toute la matinée. C’est pas de chance, car il pleut rarement le matin à Addis, même en saison des pluies ».

En cette période, je multiplie les démarches concernant ma situation pour l’année suivante. J’adresse diverses demandes pour continuer à travailler en Coopération à l’étranger, en Ethiopie ou ailleurs. J’écris le 16 mai: «[En plus], j’ai fait ma demande de réintégration dans la Seine-Maritime. Je vais m’occuper du voyage de retour prochainement. En principe, je pars pour le Caire le 20 juin. (…) Il est pratiquement impossible de sortir d’Addis autrement que pour quitter le pays par avion. Je suis tout de même allé avec trois amis à Sabata (25 km au sud-ouest d’Addis) dimanche dernier. L’endroit est très reposant et agréable. J’ai fait quelques photos. Il faisait beau ce jour-là. (…) Le directeur de l’Alliance [M. R.] m’achète mon poste radio-cassette que je lui donnerai en juin ».

On Friday, the 7th of April, in the morning, I see Addis again in a much cooler atmosphere than everything I have known during the last fortnight. My beautiful trip to Yemen and Djibouti went off without any incident and will remain as one of the strongest memories of my life. I got the best reception everywhere and I want to thank Jean-Yves here again, like Henri and his companion. I’ll never forget the three of you.

As I’m on Olympic form and I’ve got little luggage – I have always preferred to travel light – I decide to get home on foot. The airport is not far from the city and I’ll only walk eight kilometres. I go first to the post office to take my mail, then I leave my things at my place, on Churchill Avenue. Afterwards, I go to the French Embassy (located about 2.5 km north-east from Sidist Kilo) for a step, still walking – six good kilometres more.

The start of the new term at the Alliance on the 10th of April goes off smoothly and I resume my well-organized life. I write on the 15th of April: ‘My stay in Ethiopia is getting near the end now. Only nine weeks left until the summer holidays, on the 16th of June. (…) Addis is perfectly calm, and animated by the kebele celebrations. The authorities are already preparing the great 1st of May celebration, which Brejnev is to attend, so they say. Churchill Avenue has been painted with white stripes delimiting four lanes on either way, which gives it a certain elegance’. During those days, after every class ending at 12 o’clock at the Alliance, I observe the position of the sun while I walk home for lunch. ‘ (…) The Sun reached the zenith on April 13 at 12. 20. The Sun is now going through the north. (…) Here, the crops are plentiful; it’s a good thing for a lot of countrymen have been mobilized. Supplying is mediocre. There are very long queues to get bread, sugar, etc’. Tana, our mamite, used to do part of the shopping for us, but we also went shopping ourselves. When an arrival happened in the stores, we heard about it soon and we rushed forward to get “Kenya butter”, for example, or any rare foodstuff. I remember that one day I went to the small Tewodros supermarket, near my place, to make the most of a sugar delivery. The salesmen served me at once, for I was a foreign resident. I must confess I didn’t have the courage to want to take a place in the long queue for an hour’s patience. I went out with my kilo of granulated sugar, head down, whitout having the courage to face the really black looks either. In the small supermarkets (there were no large ones), like Tatek, Misrak or Bambis, there was often music, filling the space and resonating on the little-stocked metallic shelves. But despite the shortage, we always managed to eat decently in Addis. About the table, let’s mention Ethiopian wines. One found red and white ones, looking a little “Italian”, but of average quality, like Guder or Makanissa. I liked Amba (“tabular mountain”), a red wine, when one could find it. There was even a beverage labelled “Champagne d’Ethiopie”.

I write on the 23rd of April: ‘It’s my last straight line before I get back to Paris. Only eight weeks left. I’ll miss it, for here I’m not worried and my life is much more interesting (…)’. I loved my existence in Addis. It may seem strange for there were a lot of drawbacks. I’ll develop this point further in the EPILOGUE. ‘ (…) Addis is quieter than I’ve ever seen it. No more shots and red terror is getting a little slack. However, one is still searched to get in anywhere and the curfew [from midnight to five] is still so strict’. If you were unlucky or careless enough to drive at midnight, you had to go very slowly with all lights on, and of course to stop at any injunction. One night, Jean-Noël and I were subjected to a warning shot in the air. In this case, stopping immediately was the first thing to do. ‘ (…) The Ethiopians don’t find the teff with which they make injera anymore, so they eat bread. To get bread, you have to queue often for hours. Moreover, it’s very bad, containing about 30% wheat flour. (…) We still have the kebele celebrations, from 5 to 10 a week, all year round. It gives us entertainment, along with the cinema, the activities at the Alliance and the outings’. There were few opportunities to really enjoy oneself in Addis. The general atmosphere was not euphoric despite the many kebele celebrations. Jean-Noël and I went sometimes to those events. There were large tables and benches. We could have a beer or a glass of tej, and try to communicate with the local population, more or less compelled to take part. If there was some cheerfulness, it was rather artificial because of the atmosphere of fear at the same time. The kebele celebrations in those times make me think of some “civic” or “republican” dinners in favour during the French Revolution, where the will of rallying in a “brotherly” way badly hid the surrounding terror and the dictatorship. About entertainment, we often went out, Jean-Noël and I, on Saturday evenings, thanks to my companion’s car. We would eat in a small restaurant, like Omar Khayyam or Oroscopo, in Piazza, or sometimes at the Maru Dembia (traditional food and atmosphere), the Ras, the Villaverde or Castelli‘s. We would go for a drive and have a beer at the Ethiopia or the Kokeb, for instance. I remember that Ethiopia Hotel was sometimes supplied with Melotti beer, a brand we preferred to Meta. If neither make was available, we would ask for a Pilsner, another Ethiopian brand we didn’t find so good. Kokeb (“star”) restaurant was situated at the top of a building and we liked to admire the night view onto the city. The cinema down Churchill Avenue seldom showed a film in French, but I remember seeing Monsieur Klein, with A. Delon, in the original version. We would sometimes end the evening in a buna bet (“coffee house”), on Debre-Zeit road, the Viking for example, where there was music, where we could dance and have another beer or some tej. There was no “midnight permission”, one had imperatively to be at home before curfew time. Otherwise, what could happen to the coach was to be changed not into a pumpkin but into a sieve.

I write on the 30th of April: ‘To-day is Easter in Ethiopia. Good Friday is a public holiday, not Easter Monday, but since it’s the 1st of May, it’s another public holiday. In this particular instance, there was no curfew last night to enable people to go to the midnight mass. J. Noël and I didn’t go to the mass but we made the most of the absence of curfew all the same. (…) Langano [see Part 19] is almost the only place where Westerners can still go, along with Nazret. Now, to go out of Addis, one needs not only permission from the Embassy (in duplicate, 5 days in advance, through official channels), but the Ethipians’ as well (about a 15 days’ notice). (…) To-morrow is the 1st of May celebration, which should deserve the term of grandiose, if we rely on the rather impressive preparations’. I write on the 8th of May: ‘The 1st of May celebrations were not a success because of the pouring rain that fell all the morning. Bad luck, for it seldom rains in the morning in Addis, even in the rainy season’.

During those days, I do a lot of steps about my position for the following year. I apply for diverse jobs overseas, in Ethiopia or somewhere else. I write on the 16th of May: ‘[Moreover], I have asked for resuming work in Seine-Maritime [département, in Normandy, France]. I’m going to organize my journey home soon. I expect to leave to Cairo on the 20th of June. (…) It’s practically impossible to go out of Addis but to leave the country by plane. However, I went to Sebata (25 km south-west from Addis) with three friends last Sunday. The place is very restful and pleasant. I made a few photos. The weather was fair on that day. (…) The Alliance headmaster [Mr. R.] is buying my cassette recorder which I’m to give him in June’.

mx-Ethiopie Sabata 14.05.78-

Accompagné par Rémi, Yveline et Jean-Noël qui nous conduit, je retrouve donc Sabata que j’avais découvert en décembre dernier (v.Episode 20). Ci-dessus, une scène de vie villageoise (14 mai).

Accompanied by Rémi, Yveline and Jean-Noël who drives us, I thus see Sebata again, which I had already visited last December (see Part 20). Above, a country life scene (14 May).

my-Ethiopie Sabata 14.05.78-

C’est déjà le moment des photos souvenirs. Voici mes amis bien entourés, dans cet environnement propice à la détente.

It’s already time for souvenir photos. Here are my friends in good company, in this relaxing setting.

mz-Ethiopie Sabata 14.05.78-

Maintenant, c’est Rémi qui immortalise notre petit groupe, en haut de la cascade, devant la vue sur le plaisant cadre boisé.

Now, Rémi “immortalizes” our small group, at the waterfall top, in front of the view onto the pleasant wooded landscape.

na-Ethiopie Sabata PHOTO JNB 14.05.78-

Visiblement, nous suscitons toujours l’intérêt de ces enfants, alors que nous allons quitter le café de “l’Autrichienne”, une dame installée là depuis longtemps et qui parle très bien une bonne quantité de langues, dont le français (photo Jean-Noël B.).

Clearly, we still arouse these children’s interest, while we are about to leave the café run by the “Austrian”, a lady who has been living here for a long time, and who can speak quite a lot of languages very well, including French (photo by Jean-Noël B.).

nb-Ethiopie Addis Rte.d'Ambo 21.05.78-

Le dimanche suivant (21 mai), nous faisons notre dernière promenade à la campagne, cette fois sur la route d’Ambo. Voici un paysage harmonieux du Choa, que des taillis d’eucalyptus rendent verdoyant.

On the following Sunday (21 May), our last drive to the country leads us to Ambo road. Here is a harmonious Shoa landscape, which eucalyptus coppices make verdant.

nc-Ethiopie Addis Rte.d'Ambo 21.05.78-

J’apparais ici au même endroit.

You can see me at the same spot.

nd-Ethiopie Addis Poteries Rte.d'Ambo 21.05.78-

De retour, à l’entrée d’Addis, nous nous arrêtons devant ce magasin de poteries. Les deux grands disques de céramique marron sont des “plats à injéra”, et l’objet de vannerie à gauche, un support pour ce plateau, servant de table.

On our way back, at Addis entrance, we stop in front of this earthenware items shop. The two large brown ceramic discs are “injera dishes”, and the piece of wickerwork on the left is a support for this dish, used as a table.

ne-Ethiopie Addis Poteries Rte.d'Ambo 21.05.78-

Couleurs vives ou plus “nature”, il y en a pour tous les goûts.

Bright or more “natural” colours, it’s up to you.

nf-Ethiopie Lettre HT 15.06.78-

Je présente ci-dessus presque en entier ma dernière lettre d’Ethiopie. Je règle donc toutes mes affaires et organise mon retour en France. Je vais d’abord me rendre au Caire le 20 juin, puis à Beyrouth et à Athènes, comptant rentrer en famille à Rouen vers le 10 juillet. Mon dernier jour de travail à l’Alliance est le 16 juin. « Je fais passer l’examen “Mauger Rouge 1” à la classe du matin. (…) Les nuits redeviennent très froides. C’est l’automne pour les Ethiopiens ».

I present my last letter from Ethiopia almost in extenso above. Let me translate it: ‘Dear Parents, Ethiopia baka: Ethiopia, it’s finished for me. Everything comes to an end in the life, the best like the worse. I’m not too sad of leaving, but all the same I’ll miss the “Ethiopian” period of my life, probably one of the best.

‘I’m leaving on the 20th of June in the morning, as I already wrote it to you several times. The formalities to send my trunk, especially about customs, were endless; they completely emptied the trunk I had arranged for hours to be able to shut it, and they refused the 30 cassettes [of music], which I still have, then…

‘Well, for the trunk, it’s over, it’s leaving to-morrow. I sent you the keys and the necessary papers to go through the French customs, by registered letter. I took the cassettes to the censors’ office this morning, to have the right to export them. I’m going to try to entrust them to someone who is going to France and who has some room left in their trunks.

‘I’ve got the visa for Egypt, some US money I’m allowed to take out. Everything is allright, then. I’m ready to leave and I still make the most of [my stay in] Ethiopia.

I have rented a Fiat 126, without which I wouldn’t have been able to go everywhere for the steps’.

So I settle all my matters and organize my coming back to France. I’ll go first to Cairo on the 20th of June, then to Beirut and to Athens, expecting to be back with my family in Rouen around the 10th of July. The 16th of June is my last day of work at the Alliance. ‘I’m going to make the morning class students take the “Red Mauger 1” exam. (…) Nights are getting very cold again. It’s autumn for the Ethiopians’.

ngS8-Ethiopie Addis-Abeba 'Terreur Rouge' Av.d'Adoua 18.06.78-

Le 18 juin, je filme subrepticement cette affichette pro-gouvernementale sur une vitrine, dans le quartier de la “Piazza”, mais je crains de provoquer le courroux de quelqu’un et je ne maintiens le bouton enfoncé que deux ou trois secondes. On n’était jamais sûr, dans ce pays, prenant une photo ou essayant d’en prendre une, de ne pas se faire interpeller par un policier ou un militaire, ou de n’être pas pris à partie par un ou des passants. Une autre fois, en toute fin de séjour également, je me suis fait conduire quelques dizaines de mètres mains en l’air, dans cette même avenue d’Adoua, par un policier, militaire ou “responsable” de kebelé, menaçant de « me mettre en prison », pour une tentative de photo, je ne me souviens même plus de quoi. Dans ce cas, mieux valait ne pas être Ethiopien, car le risque était grand en effet d’être incarcéré séance tenante. Je me rappelle que je me suis dit en un éclair: ‘J’espère que s’ils m’arrêtent, ils me laisseront quand même prendre mon avion dans quelques jours, et sans être obligé de prévenir l’Ambassade’. Mais je serai tout de suite relâché, après vérification d’identité et quelques palabres. J’ai toujours réussi à “sauver” mes pellicules photo et je n’en ai perdu aucune à l’acheminement vers la France. Le texte amharique ci-dessus se prononce à peu près “keuil chebeur yefafam”. J’ai demandé la signification du troisième mot à mes correspondants éthiopiens Abdulaziz O., Sebriya I. et Abadir I., que je remercie tous trois pour leur réponse. L’affichette énonce donc: “La terreur rouge doit s’intensifier!”. Abadir I. m’a précisé qu’il se souvient avoir vu des photos de condamnés menés à leur lieu d’exécution, forcés de porter une pancarte marquée de ce slogan. Ce modèle d’affichette existait en plusieurs couleurs, mais j’ai pensé alors que c’était le rouge qui convenait le mieux pour le témoignage.

On the 18th of June, I film this pro-government small bill surreptitiously, in a “Piazza” shop window, but I fear to provoke someone’s wrath and I only press the knob a couple of seconds. One was never sure, in that country, taking a photo or trying to take one, not to be questioned by a policeman or a serviceman, or not to be taken to task by one or several passers-by. Another time, also at the very end of my stay, I was led hands up on a few dozen metres, in the same Adowa Avenue, by a policeman, a serviceman or a “person in charge” of a kebele, threatening to ‘put me into prison’, for an attempt to photograph, I don’t even remember what. In this case, it was better not to be Ethiopian, for the risk was great, really, to be thrown into jail at once. I remember I thought quickly: ‘I hope, if they arrest me, that they will all the same let me take my plane in a few days, without being compelled to inform the Embassy’. But they will release me straight away, after checking my papers and a moment’s discussion. I always managed to “save” my films and I never lost any on their way to France. The Amharic text (above) is pronounced about like ‘kei sheber yefafam”. I asked my Ethiopian correspondents Abdulaziz O., Sebriya I. and Abadir I., whom I thank for their answer, the meaning of the third word. The small bill thus reads: “May the red terror intensify!”. Abadir I. adds: ‘I remember seeing pics of people, who were about to be executed, forced to carry this slogan while being led to their execution ground’. This model of small bill existed in several colours, but I tought at the moment that red was more suitable for the account.

nh-Ethiopie Addis-Abeba Av.d'Adoua 'Piazza' 18.06.78-

A quelques minutes d’intervalle et toujours Avenue d’Adoua, je prends ma dernière photo dans le pays. Ce quartier animé de la Piazza est le seul de la capitale où les maisons se touchent tout au long des rues. Pour remplir le coin droit de l’image, j’attends qu’un autobus passe. Le premier qui se présente n’est pas un modèle flambant neuf mais il y en avait de plus récents. En ville, j’utilisais peu les bus, trop bondés. Les petits taxis collectifs bleu et blanc (v. Episode 1) étaient bon marché et plus pratiques. Quelques jours plus tôt, j’avais acheté des cassettes de musique éthiopienne dans cette rue, chez “Mahmoud TV & Radio House”. A propos de télévision, je n’en ai jamais eu en Ethiopie; il n’y avait d’ailleurs aucune chaîne en français. En ce qui concerne la musique moderne éthiopienne de ce temps, j’aimais le côté mêlé que l’on pouvait percevoir entre les accords traditionnels et une incontestable influence du rock occidental. Mais celui-ci n’a t-il pas été marqué par les rythmes africains? La boucle est donc bouclée et la synthèse réussie, avec un résultat souvent mélodieux, doux et bien rythmé. Il ne m’est pas possible de mettre des fichiers sonores en ligne, c’est dommage.

Le moment de quitter le pays pour toujours est arrivé et j’ai pris congé de tous mes amis et connaissances. Au matin du 20 juin, je dis au revoir à Marie-Josée, qui va encore passer deux ans en Ethiopie. L’émotion m’embue les yeux mais mes regrets sont un peu atténués par la perspective des grandes vacances et du magnifique voyage de retour que j’entreprends maintenant. Bientôt, depuis le hublot de l’appareil qui m’emmène au Caire, je vois disparaïtre la Nouvelle Fleur, enchâssée dans son écrin d’eucalyptus, sa plus belle parure.                          EPISODE 30 

A few minutes later, still in Adowa Avenue, I take my last photo in the country. Piazza, this animated quarter, is the only one in the capital where houses touch each other all along the streets. To fill the right corner of the picture, I wait for a bus to go past. The first one which arrives is not a brand new model, but some were more recent. In the town, I little used the buses, too crowded. The little blue and white collective taxis (see Part 1) were cheap and more convenient. A few days earlier, I had bought Ethiopian music cassettes in this street, at “Mahmoud TV & Radio House”. I never had television in Ethiopia. There was actually no channel in French. About modern Ethiopian music in those times, I liked the mingled nature we could recognize, between the traditional chords and an unquestionable influence of the western rock-‘n’-roll. But hasn’t the latter been marked by African rhythms? So we’ve come full circle and the synthesis is successful, with a result often melodious, soft and highly rhythmical. I can’t put any sound file on line, it’s a pity.

The moment for me to quit the country for ever has come and I took my leave of all my friends and acquaintances. On the 20th of June in the morning, I say goodbye to Marie-Josée, who is to spend two more years in Ethiopia. Emotion mists up my eyes but my sorrow is a little alleviated by the prospect of the summer holidays and of the beautiful trip back home I’m undertaking just now. Soon, from the porthole of the aircraft which takes me to Cairo, I can see the New Flower disappear, set in its eucalyptuses case, its most beautiful livery.                          PART 30

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EPISODE / PART 28

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 28 : Djibouti 03-06 Avril 1978

Part 28 : Djibouti 03-06 Apr.1978

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

Grâce à Jean-Yves qui m’a réservé le meilleur accueil, mon voyage au Yémen s’est parfaitement déroulé, j’ai vu des sites magnifiques et me suis trouvé dans des situations variées, au sein de la population locale. C’est l’un des plus beaux voyages de ma vie et certainement le plus insolite. En cette matinée du 3 avril, je quitte l’Arabie Heureuse et un vol de courte durée me mène à Djibouti, lieu que j’avais envie de voir depuis mon installation à Harrar. Cette fois, l’appareil n’a pas de retard, ce qui mérite d’être signalé. Je foule le sol de la toute jeune République de Djibouti, ancien Territoire français des Afars et des Issas, qui vient d’accéder à l’indépendance suite au référendum du 8 mai 1977 (v.Episode 9). Je suis accueilli à l’aéroport par les amis de Marie-Josée venus me chercher, surprise très agréable. C’est la première fois que quelqu’un m’attend à la descente de l’avion depuis mon arrivée à Addis en novembre 1976.

Thanks to Jean-Yves who was so welcoming, my trip to Yemen went off perfectly, I saw magnificent places and I found myself in varied situations, among the local population. It’s one of the most beautiful trips of my life and certainly the most unusual. On this 3rd of April in the morning, I leave Happy Arabia and a short flight takes me to Djibouti, a place I had felt like seeing since my settling in Harar. This time, the aircraft is on time, it’s worth being noticed. I walk upon the soil of the very young Republic of Djibouti, former French Territory of the Afars and the Issas, which has just become independent, after the 8th of May 1977 referendum (see Part 9). Marie-Josée’s friends meet me at the airport; its a very good surprise. It’s the first time someone has collected me down the plane since my arrival in Addis in November 1976.

mj-Djibouti Port 03.04.78-

Au port, ce boutre semble avoir besoin de sérieuses réparations.

In the harbour, this dhow seems to need strong repairing.

mkS8-Djibouti 03.04.78

Ce poisson dont la fraîcheur ne peut être mise en doute va être mis en vente et trouver preneur sans délai. Je déjeune chez mes hôtes, Henri B. et sa compagne. A Djibouti, on me demandera plusieurs fois pourquoi je n’ai pas ramené de khat du Yémen, car chaque voyageur avait le droit d’importer une botte, je crois, ce qui aurait constitué un cadeau très apprécié ici. Désolé, je n’avais absolument pas pensé à cela. Le soir, je dîne à nouveau avec mes amis. Je suis magnifiquement reçu, dans une ambiance très conviviale. Cela me change de certains moments de solitude au Yémen et je peux me régaler de bons produits, qui ne manquent pas à Djibouti. Mes hôtes m’offrent même le choix de mon hébergement: ou bien j’aurai une chambre chez eux, ou bien je peux occuper seul un studio équipé et climatisé. Je choisis la première solution, tant l’accueil d’Henri et de sa compagne est chaleureux.

This fish whose freshness you can’t doubt is about to find a purchaser. I have lunch with my hosts, Henri B. and his companion. In Djibouti, I’ll be asked several times why I didn’t bring any khat from Yemen, for every traveller could import a bundle, I think, which would have constituted a highly-rated present here. Sorry, I hadn’t absolutely thought of that. I also have dinner with my friends. I’m magnificently entertained, in a very friendly atmosphere. It’s a great change, compared to some lonely moments in Yemen, and I can treat myself to good products, which Djibouti is not short of. My hosts even offer me the choice of my lodgings: either I’ll have a room at their place or I can put up by myself in a fitted-out air-conditioned one-roomed flatlet. I choose the first solution: Henri and his companion’s reception is so warm.

ml-Djibouti Excursion en mer 04.04.78-

Le lendemain 4 avril, je fais une promenade organisée, en bateau, vers de petites îles au large de Djibouti. La mer est très belle et l’excursion est agréable. Les paysages très arides de la côte et des îlots ne sont toutefois en rien comparables à ceux des Seychelles (v.Episodes 14 et 15). Je profite de la baignade au maximum mais je n’avais jamais connu un plan d’eau aussi chaud, presque trop.

The following day (4 April), I go for a sail to small islands off Djibouti. The sea is beautiful and the boat tour is pleasant. The coast and islets very arid landscapes can’t however be compared to what I saw in Seychelles (see Parts 14 and 15). I make the most of bathing, but I had never experienced so warm a stretch of water before, almost too much.

mm-Djibouti Excursion en mer 04.04.78-

mn-Djibouti Excursion en mer 04.04.78-

Voici deux autres vues prises lors de cette sortie dans le golfe de Tadjourah.

Here are two more pictures taken during this excursion to the Gulf of Tadjoura.

mo-Djibouti Port 04.04.78-

De retour à Djibouti, j’observe ces bateaux de guerre dans le port. La présence militaire française, en 1978 comme aujourd’hui en 2011, reste très importante dans ce pays de grand intérêt stratégique. Je passe une bonne soirée et une bonne nuit chez mes amis. Le lendemain 5 avril, je me promène en ville et je fais quelques courses. Le soir, j’assiste à la projection du film L’Homme pressé, d’E. Molinaro, avec A. Delon et M. Darc, dans un cinéma en plein air. Si j’ai soif de découvertes, surtout à cette époque, je pense, contrairement au héros du film P. Niox, qu’il faut aussi prendre le temps de vivre.

Back in Djibouti, I notice these warships in the harbour. The French military presence, in 1978 like to-day in 2011, remains very important in this country of great strategic value. I spend a good evening and a good night with my friends. The following day (5 April), I go for a walk into town and I do a bit of shopping. At night, I see the French film Man in a Hurry, produced by E. Molinaro, with A. Delon and M. Darc, in an open-air cinema. Although I like new experiences, especially in those times, I think, unlike the hero of the film, that we musn’t hurry to go into the wall.

mp-Djibouti 06.04.78-

Comme d’habitude, je suis debout de bonne heure, en ce 6 avril, et je commence cette journée par une lettre à ma famille: « Djibouti est une ville assez agréable, mais il y fait chaud. Il faut compter 30° en ce moment [à 6h 45] et 80% d’humidité relative. On trouve tout. Il y a des journaux et des livres français. La télé est en français. Il y a des cinémas, en français. On y mange bien aussi ». « Il fait très chaud à Djibouti, mais beaucoup moins qu’à Hodeidah. Les maisons sont ventilées ou climatisées et on arrive à bien dormir [lettre du 8 avril]».

Aujourd’hui, mes hôtes « me font découvrir en voiture les quartiers où il vaut mieux ne pas aller à pied », et je marche également dans le centre ville. Ci-dessus, une rue à arcades caractéristique.

As usual, I’m up early, on this 6th of April, and to start the day, I write to my family: ‘Djibouti is a rather pleasant city, but it’s hot here. The temperature is about 30°C at the moment [at 6. 45 AM] with 80% relative humidity. One finds everything. There are French newspapers and books. TV is in French. There are cinemas, in French. One eats well here, too’. ‘It’s hot in Djibouti, but much less than in Hodeidah. Houses are fan-refreshed or air-conditioned and one manages to sleep well [letter of 8 April]’.

To-day, my hosts ‘offer me a drive to the quarters where you’d better not go on foot’, and I walk in the city centre as well. Here is (above), a characteristic arcade-lined street.

mr-Djibouti Place Rimbaud 06.04.78-

La place Rimbaud. Dans la matinée, Henri, qui travaille au lycée d’Etat de Djibouti, me fait visiter une école élémentaire qui vaque en ce jeudi. Je peux observer une salle de classe, sans les enfants, et prends connaissance des conditions assez difficiles qui attendent l’enseignant nommé ici: environ 50 élèves par classe, assez remuants et pas toujours très motivés. Peu d’équipement. Mais le maître d’école dispose d’un “argument” de poids, un morceau de tuyau d’arrosage, dont il peut user pour taper sur les doigts des récalcitrants. Ces conditions de travail n’ont donc rien de très attrayant. Le port du short est autorisé en classe vu le climat éprouvant et il y a une heure de moins de cours par jour pendant la saison la plus chaude. Vais-je postuler pour travailler ici l’an prochain? Je pèse le pour et le contre. Henri me fait aussi savoir qu’il est difficile de se loger et que la vie est chère.

Rimbaud Square (above). In the morning, Henri, who works at Djibouti State Highschool, shows me a primary school which is on vacation on this Thursday. I can observe a classroom, without the children, and I get to know the pretty difficult conditions which are awaiting a teacher appointed here: about 50 pupils a form, rather restless and not always motivated. Little equipment. But the schoolmaster has a weighty “argument”, a piece of garden hose he can use to rap over the recalcitrants’ knuckles. Those working conditions have thus nothing very attractive. Wearing shorts is allowed in the classroom, in view of the testing climate and there is an hour of school less a day during the hottest season. Am I going to apply for a job here for next year? I weigh the pros and cons. Henri also lets me know that it’s difficult to find lodgings and that the cost of living is high.

ms-Djibouti Marché 06.04.78-

La promenade en voiture continue. Voici un marché coloré.

The drive is going on. Here is a colourful market.

mt-Djibouti Hambouli 06.04.78-

L’oued Hambouli

Hambouli wadi

mu-Djibouti 06.04.78-

Une autre vue du centre ville, depuis un toit en terrasse.

Another view of the city centre, from a terrace roof.

mv-Djibouti Cathédrale 06.04.78-

La cathédrale

The cathedral

mw-Djibouti Rails du CFE 06.04.78-

J’aime bien cette photo que son ciel vaporeux et son état de conservation médiocre font ressembler à une peinture impressionniste. On y voit une portion des premiers hectomètres de la voie unique du Chemin de fer Franco-Ethiopien, longeant le rivage avant de se diriger vers les hauts plateaux et Addis-Abeba, la ville que j’ai appris à aimer, ma résidence pour deux mois et demi encore. Mais qu’y a t-il derrière la courbe?

Ce soir, je ne me couche pas car je dois prendre l’avion pour la Nouvelle Fleur au milieu de la nuit. J’ai été reçu presque comme un prince par Henri et sa compagne. Grâce à eux j’ai passé un excellent séjour à Djibouti et j’ai eu un bon aperçu des conditions de vie là-bas. Je tiens à témoigner ici ma gratitude à ces deux amis pour leur hospitalité et je veux aussi remercier Marie-Josée qui m’a mis en contact avec eux, permettant cette inoubliable rencontre.                                 EPISODE 29 

I like this photo which its vaporous sky and its mediocre preservation state make look like an impressionistic painting. One can see a part of the first hectometres of the Franco-Ethiopian railway single track, running along the shore before heading for the high plateaus and Addis Ababa, the city I learned to like, the place I live in for two months and a half more. But what is there beyond the curve?

This evening, I’m not going to bed for I’m to take a plane for the New Flower in the middle of the night. Henri and his companion entertained me almost like a prince. Thanks to them, I spent excellent days in Djibouti and I managed to sight a good general picture of life conditions there. I’m anxious to show here my gratitude to those two friends for their hospitality and I also want to thank Marie-Josée, who put me in touch with them, allowing that unforgettable meeting.                          PART 29

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EPISODE / PART 27

MON GRAND VOYAGE : ETHIOPIE 1976-78 : 20 mois à travers 10 pays

MY GREAT TRIP : ETHIOPIA 1976-78 :

20 Months across 10 Countries

Episode 27 : Yémen : Manakha et Hajjara 31 Mars-01 Avril 1978

Part 27 : Yemen : Manakha and Hajjara 31 March-01 Apr.1978

Si vous arrivez directement sur cette page, lisez ensuite LA PAGE D’INTRODUCTION ET LE SOMMAIRE.

If you arrive directly at this page, please read THE INTRODUCTION PAGE AND THE CONTENTS afterwards.

Hodeidah ne m’a pas laissé une impression positive à cause de la chaleur, de l’état d’abandon de son front de mer, et de mon séjour à l’hôtel. Mais j’ai en fait peu découvert de cette ville et je dois manquer d’objectivité. En ce début de matinée du 31 mars, je me rends à la station des taxis collectifs en partance pour Manakha, petite ville située à quelque 90 km au nord-est de Hodeidah. « Je ne suis pas fâché de quitter le chaudron et de retrouver la fraîcheur et l’air sec de l’altitude [lettre du 8 avril]».

Je prends mon repas de midi dans le foundouk de Manakha. Je me souviens qu’en guise de pain, j’ai mangé au Yémen des galettes rondes qui en cuisant gonflent en formant une poche d’air. La nourriture n’aura pas été le point fort du voyage. Pour boire, il valait mieux se procurer de l’eau en bouteille capsulée. Ce n’était pas toujours possible, mais je n’ai pas été malade.

Al Hudaydah hasn’t left me a positive impression because of the heat, of the bad state of its sea front, and of the hotel. But I didn’t see a lot in the town and I suppose I lack objectivity. On this 31st of March, early in the morning, I go to the place where collective taxis going to Manakha are waiting. Manakha is a small town situated about 90 km north-east from Al Hudaydah. ‘I’m not sorry to leave the cauldron and to feel the coolness and the dry air of the heights again [letter of 8 April]’.

I have lunch in Manakha funduk. I remember that by way of bread, I ate kinds of round thin cakes which swell when baked and form an air pocket. Food was not the greatest point of the trip. About drinking, the best was to obtain sealed bottles of water. They were not always available but I managed not to fall ill.

md-Yémen Manakha 31.03.78-

Dans la chaleur extrême de la Tihama, j’avais mis un short mais revenu sur les hauteurs, je m’aperçois que cela est mal vu par les habitants du haut pays. Je ressors donc le pantalon du sac et aussitôt les regards redeviennent ouverts et bienveillants. L’après-midi, je fais une petite promenade autour de Manakha et je prends le cliché ci-dessus. « (…) Je suis invité par des Yéménites à brouter le khat [sic] avec eux chez eux. Le khat est un arbuste ressemblant au troène dont on mâche les feuilles, aux vertus stupéfiantes. Quant à moi, je n’ai ressenti aucun effet. Coucher au foundouk, à l’ambiance très sympathique ». Au sujet du khat, on lit dans Fortune Carrée, 1; II, de J. Kessel: “Combien faut-il en mâcher de leur herbe, pour avoir un résultat? J’ai essayé tout l’après-midi hier. Rien… aucun effet (…). – Vous perdriez votre temps, leur drogue est trop légère pour vous.”

In Tihamah extreme heat, I had put on shorts but back in the heights, I notice that the highlanders don’t like it. So I take my trousers out of my bag, and at once the looks become open and friendly again. In the afternoon, I go for a small stroll around Manakha and I take this photo (above). ‘ (…) Some Yemenis invite me to graze khat [sic] with them at their place. Khat is a small tree which looks like privet, whose stupefying-virtued leaves they chew. As for me, I didn’t feel any effect. Night at the funduk, in a very friendly atmosphere’. About khat, one reads in Fortune Carrée, 1; II, by J. Kessel: “How much of their grass do you have to chew, to get a result? I tried for the whole afternoon yesterday. Nothing… no effect (…). – You’d lose your time, their drug is too light for you”.

me-Yémen Manakha 01.04.78-

Les montagnes du Yémen valent au pays de ne pas être désertique. Depuis des temps immémoriaux, une agriculture bien conçue et menée efficacement grâce à de grands travaux d’irrigation et à l’établissement de terrasses, a apporté au pays une certaine richesse et l’a fait surnommer Arabie Heureuse par les Anciens. Le nom de Yémen viendrait d’ailleurs d’un mot arabe signifiant prospérité, ou bien d’un autre terme voulant dire la droite. Le pays est en effet situé à droite du monde arabe, au sud, quand on regarde dans la direction du soleil levant. Voici une vue de Manakha (1er avril).

The mountains in Yemen earn the country not to be a desert. From time immemorial, agriculture, well planned and efficiently led through irrigation great works and terrace cultivation, brought the country some wealth and made it nicknamed Arabia Felix (“Happy Arabia”) by the Ancients. The name Yemen might really come from an Arabic word meaning prosperity, or from another term meaning “on the right”. The country is actually situated on the Arabian land right side, to the south, when you look towards the rising sun. Here is a view of Manakha (1 April).

mf-Yémen Entre Manakha et Hajjara 01.04.78-

« (…) Lever à 6 h. Balade à pied à Hajjara, à 5 km de Manakha. C’est splendide. Il fait toujours beau. Le chemin longe un précipice. Derrière: Manakha sur ses montagnes entièrement découpées en terrasses [très fréquentes dans la région, mais aucune plante ne semble y pousser en cette saison]. Devant, le nid d’aigle de Hajjara, aux hautes maisons de pierre, se détachant sur le ciel bleu ».

‘ (…) Getting up at 6. Walk to Hajjara, located 5 km from Manakha. It’s beautiful. The weather is still fair. The way borders a chasm. Behind: Manakha in its mountains entirely carved into cultivation terraces [which are very frequent in the area, but no plant seems to be growing there in this season]. In front of me, Hajjara eyrie, with its high stone houses standing out against the blue sky’.

mg-Yémen Hajjara 01.04.78-

mh-Yémen Hajjara 01.04.78-

mi-Yémen Hajjara 01.04.78-

Je vous laisse apprécier les trois photos de Hajjara ci-dessus. Les constructions évoquent des immeubles d’habitation modernes, mais qui auraient poussé tout seuls et qui ne s’enlaidissent pas avec le temps, fondus dans leur environnement. En milieu de matinée, je prends le dernier taxi collectif de cette boucle. Il me reste environ 80 km de route à parcourir vers le nord-est pour retrouver Sanaa. L’après-midi, je me repose chez Jean-Yves. Le 2 avril, je fais une nouvelle promenade dans la capitale, je ne peux m’en lasser. C’est aussi le moment d’écrire, de poster, d’effectuer quelques achats et formalités. Le lendemain à l’aube, se déroulent des exécutions capitales de condamnés en place publique à Sanaa, mais je n’ai vraiment pas l’envie d’aller voir. C’est maintenant pour moi l’heure de prendre congé. Jean-Yves, comment te remercier? Sans toi, jamais je ne serai venu au Yémen. Sans tes conseils, je n’aurais pas découvert tous ces sites magnifiques, et je n’aurais su déterminer les bons itinéraires à parcourir en toute sécurité. En cette matinée du lundi 3 avril, je me rends à l’aéroport et m’envole pour Djibouti.                    EPISODE 28  

I let you appreciate these three photos of Hajjara (above). The buildings call to mind modern blocks of flats, which would have grown by themselves and which don’t get ugly with time, blending in their environment. In the middle of the morning, I take the last collective taxi of this trip. There is about a 80-kilometre drive to reach Sana’a. In the afternoon, I take a rest at Jean-Yves’s. On the 2nd of April, I go for another stroll in the capital city, I can’t get bored with it. It’s also time to write, to mail, to do steps and a bit of shopping. On the following day, at dawn, condemned people are being executed in public in Sana’a, but I really don’t feel like attending it. It’s now time for me to leave. Jean-Yves, how can I thank you? Without you, I would never have come to Yemen. Without your advice, I wouldn’t have seen all those magnificent spots, and I wouldn’t have been able to choose the right routes I could travel safely. On this Monday, the 3rd of April, in the morning, I go to the airport and I take off for Djibouti.                PART 28

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